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Coronavirus : Quels sont les risques de pénurie ?

Publié le : 25.03.2020 I Dernière Mise à jour : 25.03.2020

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Depuis le début des confinements, à commencer par la Chine, le risque de pénurie n'a jamais été autant présent dans l'esprit des Français. En plus de la crise sanitaire, elle expose aussi à une crise économique majeur.


La grand peur des entreprises étant le danger d'une rupture d'approvisionnement. Mais ces craintes sont-elles justifiées ?
Face à ce contexte historique du confinement imposé par la crise du Covid-19, beaucoup de pays et leur économie se voient tourner au ralenti. Des craintes de pénurie alimentaire traverse la France, quand les entreprise craignent de mettre la clef sous la porte. Emmanuel MONLEAU et Jérôme DUMAS, respectivement consultant formateur en achats et consultant en supply chain pour la société FCA, un cabinet de conseil et organisme de formation, ont analysés au mieux ces risques. Ces deux experts ont étudiés la faiblesse de notre économie mondialisée à travers la crise du coronavirus, mais donnent aussi des pistes pour sortir de cette impasse et inventer de nouvelles méthodes d'achats.

La Chine, atelier du monde

Le premier point important de leur analyse reste le Chine. Pays originaire de la maladie, premier à commencer à en guérir, mais surtout atelier du monde. L'empire du milieu représente 30% de la production manufacturière mondiale dans les secteurs de l'informatique, électronique, automobile, textile, ameublement ou encore pharmacie. 80% de la production de circuit imprimé y demeure aussi localisée. Les fermetures des usines chinoises, lors du début de leur confinement ont par conséquent un effet boule de neige sur l'ensemble des supply chain du monde.

Les risques de la supply chain

Colonne vertébrale de l'économie mondialisée, la chaîne d'approvisionnement (ou supply chain) pourrait rompre courant Avril. Elle correspond à la gestion des flux circulant entre l’entreprise et son environnement, depuis l’achat des matières premières, jusqu’à la livraison des produits finis au consommateur. Elle prend en compte aussi bien l’ensemble des opérations physique que des informations évoluant le long des processus logistiques. Cette dernière peut s'interrompre totalement si l'un de ses maillons n'est plus opérationnelle. Paralysant la création et l'envoie d'un produit d'un point A à un point B, du fournisseur au client.

Vendre ses stocks

Même lorsqu'un produit reste crée en France, ses composants viennent du monde entier et en partie de Chine, comme l'explique Emmanuel MONLEAU : « Avec les pénuries de personnel liées au Covid-19, les entreprises Chinoises n'ont pas pu reprendre le travail après le nouvel an chinois. Depuis fin février les usines tournent au ralenti, incapables de satisfaire la demande et de livrer les clients ». Si l'on part de ce principe, grâce à la marchandise envoyée avant le nouvel an chinois, les grossistes et détaillants vont continuer de vendre de la marchandise, mais seulement pendant la première partie du mois d'avril. A commencer par les secteurs du mobilier bureau et de l'ameublement.
Il faut cependant nuancer ces éléments, car avec le confinement, la consommation tend à la baisse, donc la demande. Le fort ralentissement des activités des entreprises devraient aussi limiter l'impact global de la pénurie.

L'effet coup de fouet

Un autre risque de pénurie pourrait apparaître à cause du comportement paniqué de la population. L'achat en masse de produits, au lendemain de l'annonce de confinement peut créer une carence, on appel cela l'effet "Bullwhip", ou "effet de coup de fouet" en français. Telle une petite vague à un bout de la supply chaîn, cette dernière peut créer un tsunami à l'autre bout. "L'achat de panique" reste dangereux, car la plupart des produits alimentaires sont crées en Europe et France. Et dans le cas où la France serait confiné comme la Chine, il faudrait plusieurs mois avant de commencer à ressentir les effets de l'épuisement de ces produits.

Le Bullwhip, un danger pour les entreprises

Le risque demeure pour les entreprises. Avec une hausse de 50% du panier, ces "achats de panique" obligent les fournisseurs à répondre à une demande croissante. Les producteurs reçoivent beaucoup de commandes. Ils vont donc, à leur tour, commander de grosses quantités de matières première et fabriquer leur produit de façon intensive. Puis la frénésie des consommateurs se calme. Mais toute les commandes passées et non vendues ne peuvent être annulées. Les surplus sont stockés et un creux de commande se crée. Les producteurs qui ont alors besoin de payer les frais fixe, comme le loyer ou les salaires, se retrouvent dans l'incapacité de le faire à cause de la période creuse.

Relocaliser dans son pays

Face à ces problèmes, Emmanuel MONLEAU et Jérôme DUMAS proposent des pistes de réflexion. L'économiste Christian Saint Etienne s'avère formel : « Les entreprises doivent inclure des exigences de diversification des sources d’approvisionnement parce que ces ruptures vont se multiplier. C’est un nouvel avertissement, mais il faut espérer que cette fois il sera entendu et compris ». Pour chaque source asiatique d’approvisionnement, trouver une alternative équivalente en Europe, précise Jérôme DUMAS : « C’est aux donneurs d’ordre de faire cet exercice, car les sous-traitants ne font qu’acheter les composants qu’ils ont choisis. Les secteurs de l’aérospatiale et militaire l’ont déjà fait. Aux industriels des autres secteurs de le faire aussi : la balle est dans le camp des donneurs d’ordre ».

Trois idées de relocalisation

Trois autres idées à explorer restent le fait d'inclure le prix de la tonne de carbone dans la production, tout cela étant inclus dans le « green deal » d’Ursula Van der Leyen. Mais aussi de relocaliser certaines productions, comme Sanofi, essayant de créer une leader mondial du principe actif afin de créer des fournisseurs en Europe et de satisfaire la demande de médicaments. La dernière piste consiste en la création "d'usines multi-clients". Inspirées par le système chinois, où les usines sont les fournisseurs de plusieurs clients concurrents. Par exemple, une usine chinoise spécialisée dans le meuble peut fournir But, Ikea et Ligne Roset en même temps.

Les États-Unis en modèle

Bien qu'il soit compliqué de se passer de la Chine, car l'atelier du monde à su se rendre indispensable grâce au savoir-faire acquis. Cela s'avère déjà être le cas avec certaines technologie comme les batteries. Un article de Bank of America en 2019 décrivait une tendance de fond amorcée aux EtatsUnis. Cette dernière consistait en le retour de certaines usines sur le sol américain pour plusieurs raisons :
  • La hausse des tarifs douaniers
  • L'augmentation du coût du travail en Chine
  • La réduction de l’empreinte carbone
  • Le besoin de gagner en agilité

Afin d’absorber une partie des surcoûts de la relocalisation, les entreprises américaines mettent en avant l’automatisation et la mécanisation.
Afin d'être plus efficace, même en temps de crise, il existe plusieurs solutions pour permettre aux entreprise de continuer de fonctionner. Si la pandémie du Covid-19 met le monde à l'arrêt, elle reste source d'apprentissage afin de mieux se préparer à toute éventualités

Auteur

  • Rémi Bain-Thouverez

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