Et si on était fiers d’accueillir autant de touristes ?

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Bourdeilles (Dordogne)

 A chaque fois qu’un gouvernement annonce que la France a accueilli un nombre record de touristes, experts et observateurs éclairés nous expliquent pourquoi on n’a aucune raison de s’en réjouir. Et si, pour une fois, on ne les écoutait pas…

La scène se passe à Bourdeilles, petite commune de Dordogne connue pour son château qui surplombe une jolie rivière, la Dronne. On est au mois d’août, c’est jour de marché nocturne. Les visiteurs achètent des produits locaux qu’ils consomment sur place. On peut même s’initier au tir à l’arc. Un touriste, peut être un Belge, se réjouit : « Ce qui est bien en France, c’est qu’il ne faut faire que quelques kilomètres, où que l’on soit, pour trouver quelque chose de beau ». C’est plutôt agréable d’entendre ça. Comme ça l’est d’apprendre -qu’une nouvelle fois-, la France est le pays qui aura accueilli le plus de touristes en 2018.

Et patatras… Tout serait donc faux. On ne « devrait » cette première place qu’aux millions de touristes, voire des chauffeurs routiers, qui ne font que traverser la France pour se rendre en Espagne, Portugal ou Italie… Un coup de bol, donc, cette première place. Elle ne « serait » le fruit que d’un emplacement stratégique et d’un bon réseau autoroutier qui permet aux Hollandais de se rendre facilement sur la Costa Brava.

Restons donc sur ce constat et surtout ne nous réjouissons pas que « la fréquentation touristique à Paris et en Ile-de-France a connu « un record absolu » au premier semestre 2018″. C’est sans doute un mauvais coup de Disneyland…

On le sait et on l’a compris. Si l’on raisonne en termes de recettes, la France retombe à la 3e ou la 4e place. Et alors ? Pour un pays de 550 000 km2, il n’y a pas de quoi rougir. Et ne pourrait-on pas y voir -pour une fois- une raison de se réjouir de pouvoir faire encore mieux… ?

Plutôt que remettre chaque année en cause notre classement pour faire du « buzz », les observateurs éclairés seraient bien avisés d’arrêter de pratiquer notre sport national -le french-bashing- et de nous prodiguer leurs conseils et encouragements à progresser. Parce que si l’on continue comme ça, dans quatre ans, ce sont nos amis et voisins belges qui se réjouiront -à notre place- d’avoir gagné la Coupe du monde de football…

 

 

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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