Grande concentration dans la distribution touristique

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Le mouvement de concentration dans la grande distribution n’est pas nouveau. En France, sur les 120 distributeurs présents dans les années 1970, il n’en reste plus que 4 qui contrôlent près de 90% du marché. Cette concentration des enseignes en grandes centrales d’achat a eu pour effet d’augmenter la puissance de négociation des distributeurs au détriment des producteurs.

Le GIE Asha totalise aujourd’hui 1 700 points de vente

Bien sûr, les distributeurs rappellent la main sur le cœur que tout ça c’est dans l’intérêt du consommateur. Car plus leur puissance d’achat est forte, plus ils peuvent proposer des produits bon marché. Mais comme ils ne baissent pas leurs marges, ils écrasent celles des fournisseurs. CQFD.

Les fournisseurs peuvent toujours résister. Pas longtemps. Les distributeurs ont tous les moyens de pression nécessaires pour faire pencher les négociations en leur faveur. Ils peuvent déréférencer un produit. Ou supprimer remises, ristournes, délais de paiement, placement des produits dans les rayons, etc. Il y a quelque temps, l’Autorité de la concurrence avait évoqué dans un rapport le risque d’une «réduction de la qualité, de l’investissement, de l’innovation, voire d’éviction de certains fournisseurs». Elle soulignait que le «déséquilibre des relations commerciales risque au final d’entraîner une moindre concurrence entre producteurs, qui cesseront d’innover et d’investir car ils n’en auront plus les moyens».

Dans le tourisme, nous n’en sommes pas encore là. Les distributeurs comme Tourcom (environ 1 180 points de vente), Thomas Cook (environ 450), Manor (environ 320), TUI (environ 200), Leclerc Voyages (environ 190), Carrefour Voyages (environ 160) ou encore Prêt à Partir (environ 100) sont nombreux. Mais la montée en puissance d’un réseau comme le GIE Asha n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé dans la grande distribution.

Il totalise aujourd’hui 1 700 points de vente (Selectour (1 200), Havas voyages (350) et Cediv (150) sur les 4 000 agences que compte la France et n’a pas l’intention d’en rester là. On voit d’ici le danger : Au mieux, les producteurs assommés ne pourront plus fournir les rayons de produits innovants et de qualité. Au pire, ils disparaîtront. Au grand dam du consommateur.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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