La chronique « people » de Katia : Anthony Kavanagh a pris une leçon de vie à Cuba

Décideurs

Sur scène, avec son nouveau spectacle "Show Man", Anthony Kavanagh part d’un simple postulat, en s’adressant au public, il parle aux âmes qui s’apprêtent à venir sur terre vivre l’expérience de la vie. Philosophe mais pas moralisateur, Kavanagh, souffle le chaud et le froid et s’amuse avec nos représentations sociales dans un parcours de montagnes russes qui, au final, nous fait atterrir en nous. Comme une introspection, comme un besoin de comprendre avec le cœur. L’artiste finit à nu, le visage remplit de larmes, sans se soucier de ce qu’il faut prétendre.
Après la tournée des Zénith de France, il sera sur la scène des Folies Bergères à partir du 14 décembre  2016 et jusqu’au 07 janvier 2017. Il est également la voix de "Dwayne" dans le dessin animé "Vaiana" qui sort dans les salles le 30 novembre.
 
 

Quotidien du Tourisme  : Un pays que vous avez adoré ?
Anthony Kavanagh :  ex-aequo Bali et Thaïlande. La première fois que je suis allé à Bali c’était il y a seize ans. J’ai pris une claque, j’ai trouvé les Balinais extraordinaires. Un mélange d’hindouisme, de bouddhisme, d’animisme.
Ils n’étaient que dans l’amour, dans le partage et dans le vrai. Il y a "zéro superficialité". Ils te donnent leur chemise alors qu’ils n’ont pas d’argent. Ils te donnent ce qu’ils n’ont pas. Ils sont heureux de ce que tu as, si tu as de l’argent, du succès etc… et ils pensent que si tu as cela c’est que tu as fait de bonnes actions dans les vies précédentes. La beauté des gens, le pays est magnifique.
Ce pays a été une grosse gifle. Quand je revenu à Paris, avec tout le côté superficiel qu’il y a dans le show-biz, je me disais qu’en occident on était des sauvages. Voilà un peuple civilisé. Vraiment.

QDT: Ce que vous mettez toujours dans votre valise et ce que vous ne mettez jamais ?
AK : Il y a plein de trucs que je mets dans mes valises que je ne porte pas !  On m’appelle « Elisabeth Taylor » (rires)… J’ai toujours trop de valises, je rajoute des trucs que je ne porte pas : « Oui mais si jamais y’a ça… Oui mais si jamais y’a ça… Et si jamais y’a un extra-terrestre qui descend et que le Président Obama n’est pas loin et me demande de rencontrer les extra-terrestres avec lui… Donc je me dis "Ok j’ai ça… On ne sait jamais.  J’ai cette paire de chaussures !"
J’ai un milliard de trucs que je ne porte pas, y’a pas un objet, y’en a toujours trop j’ai toujours deux fois la quantité de vêtements.
En ce moment je suis en touriste à Paris, on dirait que j’ai deux enclumes, on pourrait penser que je camoufle des enfants « Mais vous avez kidnappé des gamins ou quoi ? C’est tellement lourd !" (Rires).

QDT: Un voyage en amoureux, vous partez où ?
AK : Ah merde il faut que j’emmène ma femme (Rires… "C’est une blague mon amour"). C’est cliché mais Venise ! J’ai tellement adoré mon voyage là-bas avec elle. On est hors du temps. La première fois c’était il y a 7 ans. C’était une semaine après la conception de mon fils. Et j’ai appris que j’allais être papa en rentrant de Venise. Donc ça reste gravé.

QDT : Un film, une musique et un livre qui vous évoquent le voyage ?
AK : Un film : Je suis surpris de ma réponse, mais les films de James Bond car il est dans 24 pays dans chaque film ! Une musique : la bossa nova et un livre : un voyage intérieur. En anglais c’est "Transurfing" de Vadim Zeland. C’est un voyage un intérieur. Un livre sur le développement personnel et c’est un physicien quantique qui l’a écrit.

QDT : Aimez-vous l’artisanat local ?
AK : Je ne suis pas du genre à dire "wouuuuhhh je suis fan d’artisanat local", j’achète si j’aime.
La dernière chose : un couteau suisse ! Depuis que je l’ai acheté, je l’ai toujours sur moi. Et ça sert vraiment… Par exemple pour les alcooliques la tournée du spectacle "vous n’avez pas de décapsuleur … ? Pas grave… J’ai mon couteau Suisse !" (rires).

QDT : Une anecdote de voyage ?
AK : Je vivais encore au Québec et je venais de perdre mon père. Avec ma femme, nous sommes partis à Cuba. La troisième fois pour moi, la première pour elle. Dans la campagne cubaine, j’ai vu un petit garçon. Il avait un manche à balai dans sa main. Je le voyais s’amuser, s’inventer un monde, il était à cheval, c’était une épée. Il était en sandales et en caleçon et il courait partout, il rigolait, il était heureux. Ça m’a marqué. Le bonheur est en nous.
On nous a transformé en bon consommateur, tous les jours on nous dit "t’es pas assez beau, pas assez bon, t’es pas assez grand… Faut que tu achètes ça pour être grand, faut que t’achètes ça pour être intelligent"… Et cet enfant n’avait besoin de rien. Que de ce bout de bois. Je l’ai regardé peut être trente minutes. Fasciné. Ce petit garçon me ramenait à mon enfance et il parlait au moi intérieur, au petit garçon que j’ai été.
Vis-à-vis de tous les gamins des pays riches – et ce n’est pas de leur faute  (je suis papa et je gâte aussi mon fils, j’essaie simplement de lui expliquer certaines choses et lui inculquer certaines valeurs) ce petit homme fut une grande leçon.
 
Entretien réalisé par Katia Darani
 

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