2017, année du siècle pour l’industrie du tourisme

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Tour-opérateurs, agences de voyages, incoming… l’année 2017 aura été particulièrement encourageante pour le secteur du tourisme. Au Seto, on n’avait pas vu d’aussi bons résultats depuis dix ans et aux Entreprises du Voyage, sur le segment de la vente de billets d’avion, Jean-Pierre Mas, président du syndicat, souligne que « c’est le meilleur résultat de l’histoire ». Il ne s’agit toutefois pas de se reposer sur ses lauriers: 2018 est déjà là avec son lot d’obstacles.

« Les meilleurs résultats depuis 10 ans »

A Deauville, les 13 et 14 décembre, lors du Forum du Seto, les sourires s’affichaient largement. Déjà parce que, comme chaque année, les membres du syndicat prennent visiblement plaisir à se voir et à échanger. Ensuite, et ce n’est pas le cas chaque année, parce que les chiffres annoncés pour l’exercice 2016-2017 sont particulièrement bons, « les meilleurs depuis 10 ans » selon René-Marc Chikli, président du Seto. Du 1er novembre 2016 au 31 octobre 2017, le volume d’affaires réalisé  par les membres du Seto s’est établi à 4,039 milliards d’euros, soit une hausse de 5,2% sur un an.

Les tour-opérateurs auront fait voyager 3.817.405 clients (+1,8%) pour un panier de 1.058 euros contre 1.030 euros lors de l’exercice précédent. En agences, les chiffres sont tout aussi bons.

4% de clients supplémentaires dans les agences de voyages

A fin novembre 2017, par rapport à l’année précédente, les agences de voyages physiques et en ligne auront eu, quant à elles,  4% de clients supplémentaires toutes offres confondues : le long-courrier (+ 8%) et le moyen-courrier (+1%) tirent la croissance tandis que la France stagne (+1%). Et, bonne nouvelle, la saison hiver s’annonce excellente. En novembre, les réservations « tourisme », selon le dernier baromètre Entreprises du Voyages, sont en effet allées bon train en agences de voyages avec une croissance respective de 12% et 12,5% pour le nombre de passagers et le volume d’affaires par rapport à l’an dernier. La Turquie reprend des couleurs en novembre avec une progression de 106% du nombre de passagers réservés et un volume d’affaires en hausse de 103%. Maroc (5e) et Tunisie (6e) se portent de mieux en mieux avec pour l’un des réservations en hausse de 78% et, pour l’autre une spectaculaire hausse de 148%.

Une activité en hausse malgré Irma

Il est donc logique de retrouver chez les tour-opérateurs les mêmes bons chiffres : les prises de commandes jusqu’à fin novembre pour la saison hiver 2017-18 (départs entre le 1.11.2017 et le 30.4.2018) montrent pour les voyages à forfait une hausse de +7,3% en volume d’affaires, malgré Irma et Maria sur trois destinations majeures du long-courrier (Antilles, Cuba et République dominicaine).

Notons, aussi, que la sous-capacité et l’augmentation des prix pratiquée en Europe du Sud ont sans doute poussé les Français à reprendre le chemin du Maroc, d’Oman, de la Turquie et de la Tunisie, même si, pour cette dernière, précise René-Marc Chikli, « nous sommes encore loin des chiffres que nous avions avant le printemps Arabe ». Le président du Seto, qui s’apprête d’ailleurs à briguer un nouveau mandat, précise que « si le manque de capacité sur l’Europe du Sud n’avait pas freiné les ventes, la saison été 2017 déjà très bonne aurait été un cru exceptionnel ».

Autre point notable cette année, « l’engouement de la clientèle pour les destinations long-courriers ». Le Seto observe ainsi « une croissance du trafic vers la République dominicaine (+10,8%, première destination long-courrier), la Thaïlande (+8,4%) et une très forte croissance vers certains pays d’Afrique comme le Kenya (+168,8%), l’Afrique du Sud (+84,2%) et le Cap-Vert (+46,6%) ».

« La meilleure année pour Air France depuis 13 ans »

Air France va peut-être bien boucler la meilleure année de son histoire. C’est en tout cas ce que semble penser Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France KLM. Il a eu l’occasion de le dire aux professionnels du secteur à l’occasion des Journées des Entreprises du Voyage : « L’année 2017 va être une excellente année. Sans doute la meilleure qu’aura connue le groupe depuis sa création il y a 13 ans. Deux raison à cela, une augmentation du trafic, avec environ 6% de passagers en plus depuis le début de l’année alors que notre offre a augmenté, mais pas dans les même proportions. D’une part les voyageurs lointains qui avaient boudé la France à cause des évènements dramatiques de Paris et de Nice sont revenus, qu’ils s’agissent des Asiatiques, des Américains ou des Sud-Américains, d’autre part les marchés européens et en particulier le marché français, à cause d’une situation économique meilleure, ont connu un dynamisme qu’on n’avait pas vu ces dernières années. Par ailleurs, du côté des coûts, nous avons eu un dollar bas, des taux d’intérêt bas et un prix du pétrole bas : les étoiles étaient alignées. Ce qui devrait faire de cette année à la fois pour Air France et pour le groupe une année très positive ».  Cette tendance  positive chez Air France, on la retrouve globalement au niveau de l’industrie dans les mêmes proportions. En effet, en nombre de documents émis, le BSP progresse de 5,56% à fin octobre. Au global, en 2017, les agences de voyages auront édité quelque 25.000.000 billets d’avion, soit, selon Jean-Pierre Mas, « le chiffre le plus élevé de notre histoire ».

Tourisme à Paris : un nouveau record en vue ?

Après une année 2016 fortement impactée par les attentats de 2015 et 2016, Paris renoue en 2017 avec un dynamisme sans pareil. En septembre 2017 le cumul de fréquentation hôtelière des 12 derniers mois dans le Grand Paris a dépassé le record enregistré en 2012 en atteignant 23,1 millions d’arrivées hôtelières. Pour l’OT de Paris, l’année 2017 devrait connaître une progression de la fréquentation touristique comprise entre 10 % et 12 % par rapport à 2016 et entre 5 % et 7 % par rapport à 2015, dépassant pour la première fois les 23 millions d’arrivées dans les hôtels. L’explication principale de cette formidable reprise est la concomitance du retour du marché français dans le Grand Paris, fortement tiré par le tourisme d’affaires, avec celui de nombreuses clientèles étrangères.

Du côté du tourisme de loisirs, des marges de progression sont encore possibles : les nuitées hôtelières de la clientèle de loisirs n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant les attentats de 2015 (entre 7 et 8 millions de nuitées de différence), même si ce constat est atténué par la forte progression parallèle des nuitées en meublés de tourisme dont le succès ne se dément pas dans la capitale.

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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