Arthur Vichot, champion de France de cyclisme, « oui, dans le peloton du Tour, on parle aussi tourisme »

Destination
Anthony Delaplace, élu combatif du jour à l'issue de la première étape à Utah Beach @DS

Troisième évènement planétaire en termes d’audience après les Jeux Olympiques d’été et la Coupe du Monde de football, le Tour de France s’est élancé le week-end dernier depuis le Mont Saint-Michel dans la Manche. Jusqu’au 24 juillet, cette 103e e édition va traverser 660 communes dans 35 départements avec aussi des incursions en Espagne, Andorre et Suisse. Pour le tourisme, c’est assurément l’une de ses plus belles vitrines. Les coureurs n’y sont d’ailleurs pas insensibles.

Après la Corse en 2013, le Yorkshire en Grande-Bretagne en 2014 et la ville d’Utrecht aux Pays-Bas l’an dernier, c’est donc la Manche et sa merveille de l’Occident le Mont Saint-Michel qui a eu l’honneur d’accueillir le Grand Départ du Tour de France 2016. Un évènement majeur, suivi dans 190 pays par 3,5 millions de téléspectateurs, qui permet de valoriser les nombreux attraits touristiques du département. Pas moins de cinq villes étapes étaient au programme : Mont Saint-Michel – Utah Beach Sainte-Marie-du-Mont, Saint-Lô-Cherbourg en Cotentin, et Granville pour le départ du lundi 4 juillet. Autant d’occasions de découvrir ou redécouvrir la région et son patrimoine.
« C’est beau la Manche, surtout avec ce soleil. De l’hélico, ça a dû faire de très belles images » souligne Anthony Delaplace, natif du département, échappé lors de la première étape et rattrapé peu avant l’arrivée à Utah Beach. « C’est sûr que c’est un coup de projecteur extraordinaire sur la côte normande » confirme Daniel Mangeas, speaker officiel du Tour durant 41 éditions, et lui aussi originaire de la Manche. « Le Tour incite des gens qui ne sont pas du coin à venir visiter la région. Cela coûte moins cher qu’une campagne de publicité » affirme celui qui a pris sa retraite l’an dernier et qui va s’efforcer en compagnie de son épouse à visiter tous les beaux endroits traversés durant les presque 900 étapes qu’il a commentées depuis 1974.

 

Le Tour comme suggestion de vacances

 

Le Mont Saint-Michel, les plages du Débarquement, le col du Tourmalet, le Mont Ventoux ou les Champs-Elysées appartiennent au patrimoine français. Et le Tour de France sait si bien les mettre en valeur. Mais les coureurs, eux, ont-ils le temps d’apprécier tous ces joyaux ? « Pas dans le final, ça roule trop vite. Mais sur certaines étapes, oui, on parle un peu tourisme dans le peloton » souligne Arthur Vichot, tout récent champion de France. Le coureur, membre de la formation FDJ, se souvient tout particulièrement du départ depuis la Corse il y a trois ans, « c’était magnifique ». De quoi nourrir de beaux projets de vacances. Celui qui « s’intéresse à l’histoire et la géographie » s’est notamment promis de « revenir dans la région visiter les plages du Débarquement ». Mais à la fin de la saison, d’ici trois mois, « c’est en Floride et à New York » qu’Arthur Vichot ira passer ses prochaines vacances.
Jérôme Pineau, ancien coureur aujourd’hui consultant, estime quant à lui qu’on « n’a pas vraiment le temps d’apprécier les paysages et sites traversés. C’est seulement le soir lors du résumé de l’étape à la télé qu’on se dit : ouah, on a raté ça, qu’est-ce que c’est beau ». Bernard Thévenet, double vainqueur du Tour en 1975 et 1977, considère que « regarder les paysages revient à prendre un risque énorme. On a besoin de regarder la route et de rester concentré ». Bernard Hinault, quintuple vainqueur de l’épreuve entre 1978 et 1985, se montre plus nuancé : « ça dépend des endroits, mais en général quand t’es coureur, t’as pas trop le temps ». En tant que suiveur, c’est un peu plus facile. La figure incontournable du cyclisme français et international est d’ailleurs l’ambassadeur du Tour de France de la biodiversité, en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle et France Télévisions. Durant les trois semaines de l’épreuve, l’objectif est de faire découvrir aux téléspectateurs à travers différents spots ludiques et informatifs la diversité de leur patrimoine naturel. « La France, elle est belle. Il y a plein d’endroits à visiter » s’enthousiasme dans un grand éclat de voix Bernard Hinault.

Publié par David Savary

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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