Athènes : Le blues du chauffeur de taxi dans une ville transformée

Exit l’image de ville embouteillée frôlant l’asphyxie. Oubliés les taxis surchauffés où l’on respirait les gaz de pots d’échappement. A l’occasion des JO, Athènes s’est dotée d’un très efficace réseau de transports en commun (métro et tramway). Embellie et plus agréable que jamais avec ses nouvelles voies piétonnes, la capitale grecque a désormais tous les atouts pour s’ériger en vraie ville de séjour. Et prouver qu’avec ses quartiers branchés de shopping et de sorties nocturnes, elle n’est pas qu’une étape dans un circuit en Grèce.
Le taxi jaune file à vive allure sur l’autoroute d’Atiki Odos, laissant derrière lui l’aéroport Venizelos. Il ne mettra pas plus de 30 minutes pour rejoindre le centre d’Athènes. Sans les coups de klaxon intempestifs et les volées de noms d’oiseaux auxquels les taxis athéniens nous avaient jusqu’ici habitués. Depuis la construction de cette voie rapide contournant Athènes, les taxis ont effet perdu leur principal sujet de discussion et d’énervement : les embouteillages. Et un malheur n’arrivant jamais seul, depuis les jeux Olympiques, les taxis doivent désormais composer avec deux nouveaux concurrents : le métro qui relie l’aéroport à la place Syntagma, dans le centre d’Athènes, en 27 minutes (8 E l’aller simple, départ toutes les 30 minutes) et le train de banlieue qui conduit directement les voyageurs en 30 minutes jusqu’à Larissi, la principale gare ferroviaire de la capitale grecque. On avait beau glousser sur les retards des travaux, le constat d’après JO est sans appel. Sept années de travaux herculéens auront doté Athènes d’un réseau de transports publics modernes et efficaces. Une prouesse tant technologique qu’humaine dont les implications touristiques vont bien au-delà de la desserte de l’aéroport international puisque les visiteurs se déplacent aussi plus rapidement dans le centre touristique. Outre la rénovation de la ligne 1 (Kifissia-Le Pirée) qui relie le centre-ville au terminal des bateaux du port du Pirée, l’été 2004 aura vu la finalisation de deux lignes de métro inaugurées en 2000 (les lignes 2 et 3) qui permettent par exemple aux clients des hôtels de la place Omonia et des avenues Singrou et Vassilis Sofias de rallier en 10 minutes l’Acropole, l’ancienne Agora et la place Syntagma totalement relookée. Une solution économique (0,70 E le ticket, 2,90 E les 24 h valable dans tous les transports publics) qui relègue du même coup les taxis à prendre le relais du métro durant sa pause nocturne (de minuit à 5 h 30 du matin). Ce qui n’est pas le cas du tramway inauguré en juillet qui fonctionne 24 h sur24 entre la place Syntagma et les plages de la station balnéaire de Glyfada, au sud-est d’Athènes (1 h de trajet). Offrant ainsi la possibilité de combiner plus facilement une escapade balnéaire (l’Astir Resort de Vougliamani est accessible en bus depuis Glyfada) avec la visite d’Athènes. Sans compter que le tram est aussi une aubaine pour les noctambules puisque, durant l’été, les discothèques les plus courues d’Athènes migrent en plein air sur cette portion de la côte. Les quatre millions d’Athéniens ont d’ores et déjà adopté ces nouveaux transports. Et à terme, c’est toute la filière touristique, taxis compris, qui devrait profiter des retombées d’une ville désormais plus attrayante.
Les piétons et touristes, premiers bénéficiaires des travaux athéniens
Ravalement des façades de ses grandes avenues, création d’espaces verts, rénovation d’un parc hôtelier vieillot qui en avait bien besoin… Pour les jeux Olympiques, Athènes s’est offert une cure de beauté complète. Bien que pas totalement finalisé, le projet de réunification de ses sites archéologiques par des voies piétonnes est de loin le témoignage le plus appréciable de la métamorphose du centre-ville. Jadis, il n’y avait guère que le pittoresque quartier de Plaka où le piéton pouvait flâner sans trop se soucier des voitures. Désormais, il peut déambuler du temple de Zeus à Monastiraki en longeant la colline de l’Acropole et les pentes boisées de l’ancienne Agora dans un calme olympien. La portion de voie piétonne la plus agréable étant la rue Adrianou où les vieilles maisons réhabilitées hébergent maintenant boutiques et terrasses de cafés avec une vue imprenable sur l’Acropole. Prolongement géographique de cette partie du centre-ville, Psiri est de facto devenu un quartier branché avec ses 150 bars et restaurants qui s’alignent le long de ses ruelles. Des typiques tavernes aux bars lounge en passant par les discothèques à la mode, Psiri s’adapte à tous les goûts même si les noctambules en manquent de nouveauté lorgnent déjà vers les anciens entrepôts du quartier voisin de Gazi. Mais au-delà de l’émergence de nouveaux lieux de sorties nocturnes, c’est tout le centre qui profite de la faveur retrouvée des piétons. Car dans la foulée, on se prend à redécouvrir des quartiers peu connus comme la paisible colline de Filopapou et la sélecte Kolonaki aux boutiques chics. Athènes n’est certes pas devenue la plus belle capitale européenne mais elle tient désormais les touristes en haleine le temps d’un (long) week-end.

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