Berlin : la capitale de l’Allemagne n’oublie pas son histoire

Quinze ans après la chute du Mur, Berlin est une ville en pleine mutation. Les bulldozers et les immeubles en construction côtoient les cicatrices laissées sur les pierres. Isolée pendant des décennies, la capitale est aujourd’hui en éveil et se tourne vers l’avenir. De son passé douloureux, elle n’a pas fait table rase. Au contraire, en évoluant avec lui, elle a œuvré pour en faire sortir le meilleur et, en s’appuyant sur ses richesses historiques, elle a su trouver un nouveau souffle touristique.
Aux visiteurs qui fouleraient le sol berlinois pour la première fois, l’ascension hélicoïdale de la coupole en verre du Parlement s’impose. Nouveau symbole de la république de Berlin, son sommet offre une vue exceptionnelle sur l’ensemble de la ville. De là-haut, le contraste est saisissant. Les tours futuristes de la Potsdamer Platz ne sont plus qu’à quelques mètres de la porte de Brandebourg construite dans les règles du classicisme au XVIIIe siècle et qui relie à nouveau le vieux centre avec l’ouest de Berlin, plantée au bout de l’avenue Unter den Liden (« sous les tilleuls »). Cette célèbre artère a longtemps été considérée comme les Champs-Elysées de Berlin Est. La perspective, moins ambitieuse, comprend pourtant plus d’édifices que l’avenue parisienne, particulièrement le second tronçon qui n’est qu’une enfilade de monuments et bâtiments historiques. Et c’est un peu plus loin, au musée Checkpoint Charlie, l’ex-poste allié qui symbolisa la guerre froide, que l’histoire de la séparation de la ville est contée. Expositions permanentes et projections de films en continu, toute l’histoire du mur y est retracée depuis la nuit du 13 août 1961 jusqu’au 9 novembre 1989. Classé monument historique, le mur est aujourd’hui enfermé entre deux immenses plaques d’acier et réduit à un tronçon de 300 mètres de long recouvert de béton frais sur lequel de jeunes peintres originaires de Berlin laissent exprimer leur imagination. Mais Berlin ne se réduit pas à son mur. Dans cette ville divisée pendant près de trente ans, toute activité avait été dédoublée. Cette règle n’a pas échappé aux musées et il s’agit désormais de regrouper les collections éparpillées à l’est et à l’ouest. Trois grandes aires sont déjà prévues : à Dahlem pour les collections primitives et extra-européennes, au Forum de la culture pour l’art pictural et décoratif européen et sur l’île des Musées pour l’Antiquité. Souvent accusé de vouloir tirer un trait sur son passé, Berlin montre sa volonté d’accomplir un réel travail de mémoire Entre la porte de Brandebourg et la Potsdamer Platz sera bientôt érigé sur un terrain vague le très attendu mémorial de l’Holocauste. Après plus de dix ans de polémiques et de tergiversations, le Parlement s’est prononcé le 25 juin 1999 en faveur de l’aménagement d’un champ de 2 751 stèles en béton dédié aux victimes juives. Son inauguration est prévue pour mai 2005.

Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *