Caraïbes: vers une solution au problème des sargasses?

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La région Antilles/ Caraïbes est infestée d’algues malodorantes et toxiques. Les sargasses qui se déposent sur les plages pénalisent le tourisme. Un programme régional sur fonds européens vise à échanger les bonnes pratiques de lutte contre l’algue.

 

 

A défaut d’avoir trouvé le moyen d’éradiquer les sargasses, la conférence internationale qui s’est achevée le 26 octobre à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, a débouché sur une coopération renforcée. Les représentants des pays de la région (Brésil, Mexique, Costa Rica…) ainsi que les autorités de Martinique et de Guadeloupe et des institutions régionales (Association des Etats de la Caraïbe) ont passé 3 jours à parler de leur expérience de ces algues brunes qui envahissent leurs littoraux (voir aussi ci-dessous). L’objectif était de réfléchir à une lutte commune.

 

La conférence a débouché sur la création d’un Programme caribéen sur les sargasses. Il prévoit une plateforme d’informations (données scientifiques) et un centre d’alerte. Le programme caribéen -sur fonds européens- va s’intéresser à «la mise en réseau des meilleures pratiques dans les domaines prioritaires comme la prévention des échouages de ces algues brunes, la protection des littoraux, la valorisation ou l’élaboration d’un cadre législatif». En clôture de cette conférence, le Premier ministre, Edouard Philippe, « a annoncé une enveloppe supplémentaire de 500 000 euros pour la collecte en mer des sargasses ».

 

 

Depuis 2011, les sargasses ont migré de leur « habitat naturel », l’Atlantique-nord, pour s’échouer régulièrement plus au sud sur les côtes et les plages de la Caraïbe. Hors de l’eau, les algues se décomposent et dégagent une odeur nauséabonde et des émanations toxiques (ammoniac).

 

En mer, l’énorme « tapis » d’algues brunes -des chercheurs l’ont estimé à une taille maximale de 8.850 km de long à l’été2018, du golfe du Mexique à l’Afrique de l’Ouest- détruit la faune locale en dérivant. Poissons, dauphins, tortues et plus petits organismes ne peuvent pas se mouvoir ou n’ont plus accès à la lumière. Les biologistes sont nombreux à tenter de trouver des produits dérivés (carburant type méthane, compléments alimentaires pour l’élevage, engrais, etc.).

 

Pour le Mexique dont les plages de la région de Cancun sont infestées d’algues, le coût du nettoyage est estimé à 17 M$ depuis 8 ans. Les hôtels de la région font état d’une baisse de fréquentation. Des tour-opérateurs fuient certaines plages, plus infestées, et contractent avec des hôtels situés sur des plages moins exposées…

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