Chasse aux éléphants d’Afrique : « Se taire, ne rien faire, c’est approuver !»

Destination

Nous avons reçu ce cri d’alarme d’une lectrice concernant la levée du moratoire de la chasse aux éléphants au Botswana. Cette voyageuse a « travaillé dans le tourisme il y a quelques années et connais encore assez bien le fonctionnement de la profession ». Au fil des ans, elle a pu constater « avec consternation et indignation, malheureusement souvent,  l’exploitation des sites et des milieux naturels… »

« J’ai eu la chance de découvrir cette destination en 2015. Elle compte la plus grande et plus belle population d’éléphants d’Afrique. Quelle émotion indescriptible de les voir passer à quelques mètres de nous, si paisibles, nobles, majestueux. Quel respect, quelle admiration sans borne j’ai ressenti.

Je lance un cri d’alarme pour qu’ils ne soient pas de nouveau tués légalement, le braconnage faisant déjà suffisamment de ravage. Ils seraient trop nombreux… Mais qui veut croire ça ?!

Je me tourne vers vous, journal de référence de la profession du tourisme pour que vous relayez ce message d’alerte. Je vous demande de bien vouloir le publier ou d’alerter vos lecteurs  sur ce désastre, cette catastrophe.

Voulez-vous écrire  dans quelques années : « Amis voyageurs, le dernier éléphant sauvage d’Afrique est mort ! Il a  quelques années en arrière, ils étaient encore 350 000 et nous n’avons rien fait pour les sauver alors qu’il était encore temps».

Au-delà de la compassion, de l’amour que l’on peut éprouver pour eux (et la faune sauvage avec qui nous devons partager notre seule et unique planète), allez-vous laisser disparaitre votre fonds de commerce ? Que vendrez-vous en Afrique dans quelques années : des éléphants empaillés dans un parc d’attraction, un souvenir sur carte postale ?

Il faut agir tous ensemble, par tous les biais, par tous les moyens dont nous disposons.

Nous sommes tous responsables de ce qui se passe.

Se taire, ne rien faire, c’est approuver. »

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (5)

  1. Bonjour,

    Cette personne semble surtout réagir à l’affectif et le déni « Ils seraient trop nombreux… Mais qui veut croire ça ?! ». Ben, il suffit de regarder les chiffres de l’évolution, voire même de lire quelques articles sur le sujet qui expliquent le « pourquoi du comment ».

  2. Nicolas merci de cet article, mais quand vous dites : agir , par tous les moyens dont nous disposons : à quioi pensez-vous concretement ?
    Je veux dire vraiment concretment ?
    Vos réponses nous permettront effectivement d’agir pour faire je l’espère flancher le gouvernement.

  3. Michel, j’ose espérer que vos propos sont une simple provocation. Qui sommes- nous pour décréter qu’une espèce est trop nombreuse ? qui sommes-nous pour décider qui doit vivre ou bien mourir ? Notre « espèce » croit de façon alarmante, nécessite toujours plus d’espace … au détriment de toutes les autres. Notre arrogance, notre soif de profit (car en fin de compte c’est bien de cela dont il s’agit !) … Tout cela nous perdra !
    RESPECTONS NOS « CO-LOCA TERRE » REFUSONS QUE LES ELEPHANTS NE DEVIENNENT LES TROPHEES DE CHASSE DE QUELQUES RICHES IMBECILES PENSANT AGIR POUR LE BIEN DE TOUS

  4. La réaction de Michel est compréhensible si l’on s’en tient à une analyse de la densité de population d’éléphants à l’échelle nationale. Le Botswana se retrouve dans une situation où l’éléphant commence à dégrader l’habitat (qui est aussi l’habitat d’autres espèces végétales et animales), et génère des conflits et insécurité avec les éleveurs-agriculteurs. La densité d’éléphants y est importante, car il semble que l’éléphant s’y réfugie (la chasse est permise dans les pays voisins). Le Botswana a aussi un environnement fragile, car il manque d’eau; et l’on suspecte des pays voisins de bloquer l’arrivée d’eau, ce qui empire la situation. Tout ceci explique le pourquoi du revirement de politique adoptée récemment par le gouvernement botswanais. Toutefois, si l’on regarde à l’échelle planétaire et continentale dans ce cas-ci (car l’espèce ne vit que sur ce continent), la population d’éléphants de savane africaine diminue drastiquement (cf. recensement en 2014, -30% en 7 ans!). Les solutions devraient donc être recherchées au niveau international (en écoutant et appuyant les pays accueillant ces populations d’éléphants, par exemple). Pour ce qui est des Chinois, oui pour le braconnage, mais pour la chasse aux éléphants, et d’après des guides botswanais, le plus gros marché, c’est bel bien les Européens!!! Faudrait-il que l’Europe interdise la vente de produits de tourisme cynégétique sur son sol (à tout le moins pour les espèces déclarées vulnérables)? Si oui, comment contrôler que les Européens ne passent pas par d’autres circuits? La même histoire se répète sans cesse. Valérie, je suis d’accord avec vous. Tant que l’être humain se placera au centre et réfléchira à une échelle individuelle, familiale, locale ou nationale, rien ne changera. L’Europe accueille une densité d’habitants remarquable, mais son empreinte sur les habitats dépasse largement ses frontières.

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