Cracovie : Sur les petites routes d’une des régions les plus attractives

Dans la grande Pologne, il y a la Petite Pologne. C’est une région méconnue. Pourtant, elle comprend la ville la plus touristique de Pologne, Cracovie. La cité vaut le voyage à elle seule, mais les beautés de la région, où se regroupent cinq sites protégés par l’Unesco, valent qu’on s’y perde, en prenant la route et sans montre au poignet.
L’aéroport de Cracovie doit déjà penser à pousser ses murs. L’arrivée annoncée le 30 septembre prochain de la compagnie Sky Europe pourrait en effet accroître le trafic entre Paris et l’ancienne capitale polonaise. Déjà, le hall d’embarquement semble bien étroit quand, à la saison, les touristes étrangers croisent les Polonais, toujours plus avides de vacances en Europe et au soleil. Pour les autorités touristiques de la Petite Pologne – c’est le nom de la région de Cracovie – la bataille des compagnies dans le ciel polonais entre les low cost et les compagnies classiques est plutôt une bonne nouvelle, car elle peut être annonciatrice de nouveaux visiteurs. Les TO français sentent également venir des opportunités de développement et certains négocient déjà des allotements avec ces low cost. Cette effervescence se justifie d’autant plus que la région de la Petite Pologne est l’une des plus attractives du pays, même si la qualité des axes de communication est faible. Il vaut mieux partir à la découverte du pays dans le cadre d’un autotour ou d’un circuit spécifique comme le propose par exemple Travel Europe. La première étape sera immanquablement Cracovie. La place du marché, le château Wawel, le quartier de Kazimierz sont autant de lieux qui ont permis à la ville d’être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Il faut compter au moins trois jours pour apprécier toutes les richesses de la ville, arpenter les rues, prendre le pouls de la jeunesse dans les cafés de Kazimierz, explorer les musées et particulièrement celui de Czartoryski où est exposée la Dame à l’hermine de Léonard de Vinci. Dans la proche banlieue de la ville qui fut la capitale de la Pologne du XIVe au XVIe siècle, les mines de sel de Wieliczka sont également incontournables. D’anciens mineurs, francophones pour certains, guident les visiteurs dans un dédale de couloirs interrompus par de superbes salles aux bas-reliefs, colonnes, retables, lustres directement sculptés dans le sel. Mais il faut pousser encore plus loin à l’ouest de Cracovie, vers le bouleversant site d’Oswiecim, plus connu sous le nom allemand d’Auschwitz. L’ancienne caserne polonaise transformée en camp de la mort renvoie à une réalité difficilement soutenable. L’Unesco protège ce site, tout comme celui de Kalwaria Zebrzydowska, un ensemble culturel et paysager sur une colline que domine la basilique Saint-Bernard et le cloître des Pèlerins. Non loin du site, les curieux pourront se rendre à Wadowice, lieu de naissance du pape Jean-Paul II. Ça y est, les sites incontournables sont visités. Il faut maintenant pénétrer le pays, lentement, se risquer sur les petites routes, faire une halte dans les villages aux maisons de bois, observer les moments de fêtes, surtout lors de la sortie de la messe le dimanche où les habitants ne rechignent pas à porter leurs costumes traditionnels. Dans cette région, les châteaux ne sont jamais loin les uns des autres : châteaux de Debno, Nowy Wisnicz, Niedzica, Czorsztyn, Pieskowa Skala, Sucha Beskidzka, Niepolomice. Sur la route, il ne faut plus penser qu’à s’arrêter à la moindre occasion pour contempler une église en bois – elles sont nombreuses dans cette région –, le massif des Tatras ou une hutte en bois dans laquelle un fermier bourru n’hésitera pas à faire déguster son fromage frais. Après Zakopane, ville très prisée des intellectuels polonais au XIXe siècle et devenue depuis une tranquille station de ski, il faut bien se rendre à l’évidence, le lac de Czorsztyn marque la fin de la route, du moins en Pologne. Il faut prendre alors le radeau depuis Sromowce dans le parc national de Pieniny pour descendre le Dunajec. La rive gauche est polonaise, la droite est slovaque. Mais la nature s’en moque, elle envahit l’horizon sur 360 degrés. La région ne compte pas moins de six parcs nationaux. Mieux vaut donc laisser la barque et emprunter les sentiers. En fait, la Petite Pologne ne se laisse découvrir qu’en marge des grands axes touristiques, avec les moyens de transport disponibles. Mais comme dit le philosophe, le but, c’est le chemin.

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