Crainte d’une escalade de la violence en Thaïlande du sud

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Le sud de la Thaïlande, qui avait déjà été déserté par les touristes à la suite d’une explosion d’une moto piégée le 28 mars dernier, a de nouveau été frappé par la violence. Des combats ont opposé mercredi la police à des dizaines de jeunes musulmans ayant attaqué des postes de contrôle de la police. L’armée a fini par donner l’assaut dans une mosquée où étaient retranchés des séparatistes musulmans. De nombreux analystes se disaient atterrés par l’ampleur du bilan des affrontements : 112 morts – dont 107 rebelles et cinq policiers ou soldats – selon les dernières informations disponibles. « Cela affecte terriblement les sentiments des musulmans, a déclaré Abdul Rosue Aree, vice-président du Conseil islamique de Narathiwat. Ils vont en vouloir aux autorités. » Sunai Phasuk, représentant de l’organisation de défense des droits de l’Homme Forum Asia, a expliqué que la mosquée contre laquelle les forces de l’ordre ont lancé un raid avait une valeur très particulière. « Pour les musulmans en Asie du Sud-Est, c’est leur Mecque à plus petite échelle », a-t-il expliqué. Sans état d’âme, le nouveau ministre de la Défense Chettha Thanajaro a estimé que la mort d’autant de rebelles « serait un facteur positif qui pourrait conduire à la fin des troubles » dans le sud. Les conditions dans lesquelles s’est déroulée cette journée sanglante sont loin d’être claires. Un défenseur des droits de l’homme requérant l’anonymat a fait état d’indications « selon lesquelles le gouvernement avait répandu de fausses informations sur le fait que les postes de contrôle étaient mal protégés pour attirer les attaquants. En fait ils étaient bien protégés ».

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