Crash en Egypte : la Russie aussi suspend ses vols et rapatrie ses ressortissants

Destination

Vladimir Poutine a ordonné vendredi 6 novembre la suspension des vols russes vers l'Egypte. Son gouvernement doit organiser le rapatriement de quelque 45.000 touristes russes. Le Royaume-Uni a suspendu ses vols sur Charm el-Cheikh le 4 novembre.Six jours après le crash de l'avion russe de la compagnie Metrojet dans le Sinaï égyptien, le président Vladimir Poutine a ordonné la suspension des vols des compagnies aériennes russes vers l'Egypte. "Le chef d'Etat russe a accepté les recommandations" du chef des services secrets russes (FSB), Alexandre Bortnikov, et "ordonné au gouvernement d'élaborer les mécanismes permettant de mettre en oeuvre ces recommandations", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d'un point de presse que rapporte l'AFP.

M. Bortnikov avait recommandé plus tôt vendredi, lors d'une réunion du Comité national antiterroriste, la suspension des vols civils russes vers l'Egypte, "jusqu'à ce que nous puissions établir les vraies raisons de ce qui s'est passé". La suspension "concerne tous les vols vers l'Egypte", a précisé M. Petszkov.

Le gouvernement russe est chargé de rapatrier les quelque 45.000 touristes russes en Egypte, dont la moitié à Charm el-Cheikh. "C'est une mesure de prévention. Il s'agit de la sécurité de nos citoyens", a expliqué le porte-parole du Kremlin.
 
La thèse d'une bombe à bord
Une décision qui semble donner du poids à la thèse d'une bombe placée dans l'appareil. Même si la Russie s'en défend : "Aucune des pistes ne peut prévaloir pour l'heure", a indiqué M. Peskov.

Le groupe djihadiste Etat Islamique a, lui, revendiqué être à l'origine de l'explosion et du crash de l'A321 de Metrojet qui a fait 224 morts. Dans une vidéo, des hommes se réclamant de ce mouvement avertissent le gouvernement russe qu'il va "regretter ses frappes en Syrie sur les positions de Daesh".

Les Britanniques ont dès le 4 novembre par la voix du porte parole du Premier ministre, David Cameron, émis un avis sur "la forte probabilité qu'il s'agisse d'un engin explosif". Les USA leur ont emboîté le pas : "Il existe une possibilité qu'il y ait eu une bombe à bord (de l'avion russe) et nous prenons cette piste très au sérieux", a déclaré jeudi 5 novembre le président américain Barack Obama, tout en soulignant qu'il n'y avait à ce stade aucune certitude.
 
Le rapatriement des Britanniques a commencé
Le Premier ministre britannique a donc demandé le rapatriement de ses ressortissants en vacances à Charm el-Cheikh. 29 vols étaient prévus vendredi 6 novembre. L'aviation civile égyptienne a finalement indiqué que seuls huit seraient autorisés. Deux vols Easyjet ont décollé vendredi.

Quelque 300 passagers ont pu monter dans ces avions à destination de la Grande-Bretagne, avec pour seul bagage autorisé un sac de cabine. Les autres bagages seront acheminés plus tard leur a-t-il été dit.

Outre EasyJet, les compagnies Monarch et British Airways participent à l'opération de rapatriement des quelque 20.000 vacanciers britanniques.
 
Du côté des autres compagnies
KLM a interdit "par précaution" les bagages en soute sur son vol Le Caire-Amsterdam, après que Londres et Washington ont ouvertement évoqué la piste d'une bombe à bord de l'Airbus A321. Les compagnies Air France, Lufthansa et Emirates ont annoncé dès le 31 octobre qu'elles déroutaient leurs vols pour ne pas survoler la péninsule du Sinaï. Le 5 novembre, le groupe Lufthansa a suspendu ses vols sur Charm el-Cheikh opérés par ses filiales Edelweiss et Eurowings.

En 2014, l'Egypte a accueilli 3 millions de touristes russes et plus de 900.000 touristes britanniques.
 

Publié par La Rédaction

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *