Emeutes au Sri Lanka : « on attend de voir »

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Les TO qui programment la destination sont vigilants sur l’évolution de la situation mais pas inquiets. Kandy est une étape incontournable d’un circuit au Sri Lanka. Mardi 6 mars, l’état d’urgence a été décrété pour dix jours.

 

« Ça n’a rien à voir avec ce que le pays a connu avant ! », avance d’emblée Hélion de Villeneuve, directeur général d’Austral Lagons. Le TO qui programme des circuits haut de gamme au Sri Lanka a « immédiatement appelé (ses) hôteliers et réceptifs » à l’annonce des émeutes à Kandy. Dans la nuit de dimanche à lundi, des bouddhistes et des musulmans se sont affrontés à Digana, à l’est de Kandy. Des incendies ont éclaté. Le gouvernement sri lankais a décrété l’état d’urgence le lendemain. Des émeutes ont à nouveau éclaté mercredi 7 mars.

 

« Des clients à Kandy n’ont rien senti »

« Les clients continuent à partir au Sri Lanka et nous sommes très attentifs »,  avertit Brigitte Keromen, directrice générale de Voyage de Légende. Le TO avait « des clients à Kandy la nuit des émeutes, mais ils n’ont rien ressenti. Toute la ville n’est pas concernée », assure-t-elle. « Notre réceptif nous tient au courant tous les jours mais pour l’instant il n’y a pas de raison de changer nos itinéraires de circuit » précise la DG. Et de rappeler qu’il y a souvent une différence entre « ce qu’on vit sur place » et « l’effet de loupe des médias ».

 

« Evidemment nous surveillons ce qu’il se passe », confirme de son côté Hélion de Villeneuve. Mais « aucun de nos clients sur place ne nous a appelés pour exprimer un souci ou pour repartir. On reste prudents, on surveille. Il n’y a pas de problème dans les hôtels où séjournent nos clients », déclare-t-il.

 

« Il n’y a aucune incidence sur les réservations », nous dit-on chez Solea. Le tour-opérateur spécialiste de l’océan Indien indique avoir reçu plusieurs appels d’agents de voyages hier et aujourd’hui. « Nous sommes dans la rassurance », précise le TO. Les agences appellent pour « avoir des informations, pour pouvoir répondre à leurs clients et les rassurer à leur tour ».

 

Kandy est « une étape quasi-incontournable d’un circuit au Sri Lanka avec le temple de la dent de Bouddha et le jardin botanique de Peradeniya. On attend de voir », résume Brigitte Keromen.

 

Tensions communautaires

Au cours des affrontements, plus de 150 habitations, commerces et véhicules appartenant à des musulmans auraient été détruits. Deux personnes sont mortes. Un bouddhiste la semaine dernière sous les coups de musulmans après un incident de voiture. Un musulman retrouvé mort dans une maison brûlée le lundi. Un couvre-feu a été instauré par la police.

 

Les tensions communautaires entre bouddhistes et musulmans ont éclaté dans les faubourgs de la ville de Kandy, au nord-est (Menikhinna) et au sud-est (Pallekele). Mais il ne s’agit pas de la guerre civile entre Cinghalais et Tamouls que le Sri Lanka a vécu entre 1983 et 2009. La minorité musulmane représente environ 10% de la population globale du Sri Lanka.

 

 

Depuis mardi 6 mars, sur son site des Conseils aux voyageurs, le ministère des Affaires étrangères français « recommande de se tenir à l’écart des rassemblements, de respecter les consignes des autorités locales et de se tenir informé de l’évolution de la situation ».

 

 

 

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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