Entretien avec Giorgos Lillikas, ministre du tourisme de Chypre : « Le marché français, priorité de la nouvellestratégie chypriote »

Que va changer l’arrivée de Chypre dans l’UE pour le tourisme national ?
Notre pays est un contributeur net, mais le tourisme entre dans le cadre des aides européennes au titre des fonds structurels objectif 2. C’est-à-dire que les subventions peuvent aider au développement durable et valoriser notamment l’agrotourisme. D’ici à 2006, 7 ME vont y être alloués. Le ministère du Tourisme en coopération avec l’Intérieur cible actuellement les sites qui nécessitent une rénovation ou une amélioration des infrastructures, des maisons de l’accueil aux touristes.
Existe-t-il une parade à l’érosion de la fréquentation touristique ?
Nous venons justement de mettre en place une nouvelle stratégie sur 7 ans pour répondre aux problèmes que rencontre actuellement Chypre qui peuvent se résumer ainsi : saisonnalité trop importante, forte concurrence des autres destinations au niveau des prix, qualité à améliorer et répartition des flux touristiques déséquilibrée.
Ce diagnostic a-t-il sa prescription ?
Nous allons développer tout d’abord le tourisme thématique axé sur le sport, la nature et le marché affaires. Onze parcours de golf supplémentaires sont prévus sur l’île dans les 5 ans. Ce sport peut particulièrement aider à régler le problème de la saisonnalité puisque cette clientèle peut venir toute l’année. Chypre va de plus se doter d’une administration centrale pour que les clients, groupes, clubs, équipes nationales puissent consulter en temps réel la disponibilité des infrastructures sportives. 30 ME y seront consacrés sur trois ans. Pour les incentives, un centre de conférence de plus de 3 000 personnes va être construit à Limassol. Nous sommes en discussion avec des entrepreneurs français pour refaire les aéroports de Paphos et de Larnaka. Enfin l’agrotourisme et les sports nature comme la randonnée seront privilégiés dans l’offre touristique.
Sera-ce suffisant ?
Nous devons rompre avec la course à la fréquentation. Il n’est pas souhaitable d’atteindre 5 millions de visiteurs, mais plutôt 3,5 millions, avec une clientèle à plus haute contribution.
Quid du marché français à Chypre ?
Il est clairement prioritaire. La clientèle française s’inscrit parfaitement dans notre nouvelle stratégie, plus culturelle et plus authentique. En même temps, les tarifs aériens pourraient changer avec l’intégration dans l’UE. La libéralisation du trafic a fait chuter de 50 % les prix des billets entre la Grèce et Chypre. J’espère que les prix entre la France et Chypre suivront la même évolution pour dynamiser le marché francophone.

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