État d’urgence en Thaïlande depuis mercredi

Destination

L’état d’urgence est décrété en Thaïlande depuis ce matin, mercredi 22 janvier. Il concerne Bangkok et les provinces environnantes et doit durer 60 jours. Un leader des Chemises rouges, mouvement pro-gouvernemental, a été blessé par balles dans le nord du pays. Les observateurs politiques ne sont pas très optimistes. Les opérateurs de tourisme travaillant sur la destination Thaïlande gardent confiance. Ils considèrent que les voyageurs ne seront pas directement concernés par l’état d’urgence en vigueur depuis mercredi 22 janvier à Bangkok et les provinces environnantes (Nonthaburi, Pathum Thani et Samut Prakan). Seul un couvre-feu –envisageable dans la situation actuelle– pourrait "réduire le plaisir des voyageurs à goûter la vie nocturne de Bangkok et ses marchés de rue" selon Andrew J Wood, président du Skal local.
L'office de tourisme de Thaïlande apportait mercredi la précision suivante : "Les résidents et les touristes peuvent continuer de se déplacer normalement dans la capitale. La circulation peut être difficile à proximité des zones de rassemblement mais le trafic reste normal dans les autres zones de la ville. Les manifestations engagées sont pacifiques et ne visent en aucun cas les touristes." Et conseillait de "prévoir une marge d'au moins 4 heures pour se rendre aux aéroports de Suvarnabhumi et Don Mueang".
L’état d’urgence qui court sur 60 jours permet la détention d’individus sans chef d’accusation, la censure des médias, l’interdiction de rassemblements… Mais cette réponse du gouvernement thaïlandais à la crise politique que traverse le pays peut faire monter encore d’un cran la violence notent avec prudence les observateurs politiques. Le chef des armées, le général Prayuth Chan-ocha, a d’ailleurs prévenu mercredi : "Si la situation devient insoluble, les militaires n’auront d’autre choix que d’intervenir pour la résoudre".
Les manifestants anti-gouvernementaux bloquent depuis plus d'une semaine des carrefours clés de la capitale thaïlandaise, à proximité de bâtiments officiels et de sites touristiques. L’un d’eux a été tué lors d’une attaque à la grenade vendredi. Et le 19 janvier, le Département d’État américain mettait à jour ses recommandations sur la Thaïlande en "Travel Alert" due à "l’agitation politique et sociale en cours particulièrement à Bangkok dans la perspective des élections législatives du 2 février".
Sur le site du Quai d’Orsay, depuis le 17 janvier, les "principaux points de rassemblement et de blocus’ sont listés (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/thailande-12322/) et les autorités françaises rappellent que ‘en raison d’incidents réguliers, il est impératif d’éviter tout rassemblement et toute manifestation qui pourraient dégénérer et devenir violents, notamment la nuit tombée". Le ministère rappelle aussi les mesures d’assistance aux touristes mises en place par l’administration thaïlandaise et notamment le numéro de téléphone "1155" pour répondre aux questions des voyageurs sur place.

L’opposition anti-gouvernementale manifeste depuis novembre pour demander la démission du Premier ministre Yingluck Shinawatra. Cette dernière a appelé à de nouvelles élections législatives le 2 février. Le bilan des violences depuis trois mois s’élève à 9 morts et plus de 550 blessés.
L'index MasterCard Global Destination Cities 2014 a désigné Bangkok "ville la plus visitée au monde" .

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *