« Faut-il interdire le tourisme ? » : ce qu’il faut retenir de l’émission de Martin Weill

Destination
Le Cambodge a annoncé interdire les balades à dos d'éléphants depuis le 1er janvier dernier. ©Adobe Stock

Maltraitance des éléphants en Thaïlande, sites profanés par les voyageurs au Cambodge, embouteillages sur le Mont Blanc… Le Quotidien du Tourisme vous résume l’émission « Faut-il interdire le tourisme ? », si vous ne l’avez pas (encore) vu.

 

Le constat est parfois effrayant. Mardi soir était diffusée sur la chaîne TMC l’émission Faut-il interdire le tourisme ? Un reportage réalisé par le journaliste Martin Weill sur les effets du tourisme de masse sur certaines destinations très prisées des voyageurs.

Les animaux maltraités en Thaïlande

Zoom sur la Thaïlande, a priori peu regardante sur le sort de ses animaux. Avec des centaines de tigres en captivité – avec lesquels les touristes viennent se prendre en selfie – des singes grimés et forcés à boxer pour le spectacle, en passant par des éléphants devant porter sur leurs dos des touristes à longueur de journée… Les exemples sont édifiants.

Mais peut-être pas assez pour rebuter certains touristes présents sur place. « Nous avons vu sur Internet qu’ils parlaient de la maltraitance, c’est triste, mais nous ne viendrons probablement qu’une fois ici dans notre vie donc nous voulions le découvrir », raconte un couple de Français interrogé par le journaliste après sa descente du dos d’un éléphant. Plus largement, un chiffre retient l’attention : entre 230 000 et 500 000 bêtes sauvages seraient dressées pour faire face à l’afflux des touristes dans le monde.

Les temples abîmés d’Angkor

À Angkor, au Cambodge, ce ne sont pas les animaux mais les temples qui souffrent. La quarantaine de temples présents dans le parc archéologique a accueilli 4,5 millions de visiteurs en 2019. Enfin, les plus connus, puisque quelques uns d’entre eux concentrent à eux seuls la grande majorité des voyageurs venus les découvrir. De quoi évidemment provoquer des dégâts : pierres abîmées sous l’effet du passage des touristes, gravures de noms sur les murs, etc.

Le site, quasi-désert il y a encore une trentaine d’années, est aujourd’hui « profané par le plaisir égoïste des touristes », s’inquiète un guide interrogé par Martin Weill. Pour tenter d’enrayer le problème, les autorités locales ont déjà annoncé quelques mesures, comme l’interdiction de l’accès au troisième étage de la tour principale d’Angkor Vat depuis le mois de janvier 2020.

Mais l’impact ne se limite plus au simple site. La ville voisine de Siem Reap, devenue une cité dortoir pour touristes, voit ses alentours devenir des décharges à ciel ouvert, avec des centaines de tonnes de déchets déversées chaque jour.

Quelques initiatives positives

Loin de rester sur ce triste constat, le journaliste rappelle également dans son reportage quelques initiatives visant à réguler le tourisme sur des sites sensibles, parmi lesquelles la mise en place de quotas. C’est le cas notamment au Mont Blanc, dont l’ascension par la France est désormais limitée à 214 alpinistes par jour. C’est aussi en projet au Taj Mahal, en Inde, où les autorités envisagent de limiter le site à 40 000 touristes locaux quotidiens. Idem sur les îles Similan, dans le sud de la Thaïlande. Là, ce sont « seulement » 3 850 personnes autorisées à découvrir la réserve par jour, et 525 plongeurs pour la découverte des fonds marins.

Le Cambodge, lui, a annoncé interdire les balades à dos d’éléphants depuis le 1er janvier dernier. Enfin, en Thaïlande, les autorités ont fermé en 2018 Maya Bay, rendue célèbre par le film La Plage. Les touristes y sont interdits, les bateaux stoppés à 300 mètres au large et des chercheurs travaillent pour réintroduire les coraux sur la zone. Sa réouverture n’aura lieu qu’en 2021. Une bonne nouvelle pour sa préservation.

Publié par Brice Lahaye
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Vos réactions

  1. Stoppons la prolifération des pollueurs
    Tant que l’on stoppera pas la prolifération de l’espèce humain au détriment de la biodiversité. Notre espèce  » les pollueurs »  pullule sans qu’à tout le moins les écologistes ne s’emparent légitimement de ce fléau… Comme disait Chirac « on regarde ailleurs »  tout comme ce dernier d’ailleurs.

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