Israël : le tourisme s’attend à une longue convalescence

Destination

L’accord de cessez-le-feu "illimité" signé au Caire le 26 août entre Israéliens et Palestinien augure-t-il d’une période de calme sécuritaire durable ? Une chose est sûre, le tourisme israélien a été durement touché par les 50 jours de conflit militaire avec le Hamas à Gaza. Les professionnels du tourisme israélien évaluent à 2 milliards de shekels (près de 400 millions d’euros) le manque à gagner causé par le dernier conflit entre l’État hébreu et le mouvement islamiste. Le rétablissement du secteur ne devrait pas intervenir avant le début du second trimestre 2015.

Chute de 24% de la fréquentation hôtelière
Les hostilités qui ont commencé le 8 juillet, au plus fort de la saison estivale, marquées par des tirs de roquettes sur les principales villes du sud et du centre d’Israël ont déjà entraîné une chute de 24% de la fréquentation hôtelière (à 590.000 nuitées) dans le pays au mois de juillet, selon un bilan provisoire de l’association israélienne des établissements hôteliers. Avec un déclin estimé à 24% dans les hôtels de Jérusalem et de 39% dans ceux de Tel-Aviv, tandis que la région de la Galilée (qui n’a pas été sous le feu) a enregistré une progression de 8%, notamment à Tibériade, hausse culminant à 21% au sein des établissements de Nazareth.

Restaurer l’image de la destination
Parallèlement, le nombre de vacanciers étrangers a diminué de 21% au mois de juillet, avec 218.000 visiteurs soit le chiffre le plus bas enregistré sur la période 2008-2013. La plupart des pays européens, à l’instar des Etats-Unis, ont effectué des mises en garde à leurs ressortissants afin de les dissuader de voyager, et plus particulièrement dans le rayon de 40 km le plus vulnérable aux tirs de missiles en provenance de la bande de Gaza. A l’issue de ce conflit meurtrier, qui a fait plus de 2.000 victimes du côté palestinien et coûté la vie à 72 personnes côté israélien, Israël compte toutefois lancer d’importantes campagnes marketing à l’international pour restaurer l’image de la destination, notamment au travers de son partenariat avec la chaîne Eurosport.

Bientôt une base pour Ryanair ?
S’il y a fort à parier que la saison d’hiver et des fêtes de fin d’année risque d’être partiellement compromise pour le tourisme étranger, certaines initiatives pourraient redonner espoir au secteur, dans l’hypothèse où le calme s’installe durablement dans la région. À commencer par la volonté, réaffirmée fin août, de la compagnie low cost Ryanair de s’implanter en Israël afin de transformer la destination en hub pour des vols bon marché "vers la Russie, l'Europe centrale, l'Allemagne, le Royaume-Uni…". À en croire les dirigeants de la société irlandaise, une telle initiative pourrait drainer 4 à 5 millions de touristes par an dans l’Etat hébreu (contre 2,96 millions en 2013). Mais ce projet nécessite encore l’aval des "autorités israéliennes qui défendent le pré carré d’El Al face à la concurrence à cause des événements récents", a expliqué le 25 août Michael O'Leary, patron de Ryanair, dans le quotidien irlandais Irish Independent.
Fin juillet, après la chute d'une roquette palestinienne sur la ville de Yehud, limitrophe de l'aéroport de Tel-Aviv, de nombreuses compagnies américaines et européennes avaient suspendu leurs vols à destination d'Israël pendant 24h à 72h.

Publié par Nathalie Hamou
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