L’Argolide : Balade entre mer et montagne au nord du Péloponnèse

De l’Argolide, cette région située au nord-est du Péloponnèse, on ne connaît bien souvent que la charmante ville de Nauplie et le théâtre d’Epidaure visités à la va-vite dans le cadre d’un circuit en Grèce continentale. Grâce à l’autoroute qui relie Athènes à Nauplie en 2 h 30 via le canal de Corinthe, on aurait pourtant tort de ne pas s’attarder une semaine à la découverte de cette splendide péninsule où la montagne joue à cache-cache avec la mer. Un périple à réaliser en boucle ou en « séjour découverte » au départ des hôtels de Nauplie, Tolo ou Corinthe.
Des pauses déjeuners bercées par le clapotis de la mer, dans une typique taverne d’un port croquignolet. Des fugues à l’intérieur des terres via de scéniques pistes de montagne parsemées de monastères de style byzantin où l’on ne croise guère que des bergers et leurs chèvres. Des petites criques désertes pour la baignade. Pour le soir, l’animation des stations balnéaires de Nauplie, Tolo, Ermioni ou Porto Heli. Et partout la Méditerranée qui scintille de mille feux sous le soleil encore généreux de l’automne. Cernée par le golfe Saronique au nord et le golfe Argolique au sud, la péninsule de l’Argolide qui s’étire de Corinthe jusqu’à l’île d’Hydra offre un bel aperçu des plaisirs simples de la Grèce. L’occasion d’entamer une bien belle boucle côtière au départ de Corinthe (compter 300 km). Passé le canal, c’est une région viticole qui accueille le visiteur en Argolide. Au-delà de la bourgade de Néméa, la « quatre voies » laisse d’ailleurs la place à une jolie route secondaire qui serpente entre les vignes, les oliviers et les étals ambulants de vins locaux. Puis, 20 kilomètres avant d’arriver à Nauplie, la cité antique de Mycènes et sa grandiose « porte des Lions » inaugure la valse des sites culturels d’Argolide. La forteresse d’Argos, les remparts de l’acropole de Tirynthe, le site mycénien d’Assini… autant de vestiges oubliés des circuits touristiques. Blottie au pied de son fort vénitien (857 marches !) juché au sommet d’un piton rocheux, la vieille ville de Nauplie est l’étape d’Argolide où l’on s’attarde le plus volontiers. Le cadre romantique de ses ruelles, sa douceur de vivre, ses cafés du front de mer, tout concourt ici à l’enchantement. Et c’est sans hésiter qu’on y séjournera plusieurs nuits, d’autant plus que l’hébergement est varié et d’un très bon standing. Notamment le Nafplia Palace et l’Amphitryon (membre des Leading Small Hotels) qui viennent d’être rénovés (programmés par Héliades). La petite plage de Nauplie est certes de galets mais on trouve une belle plage de sable à 6 km et Tolo est toute proche. Malgré ses constructions modernes sans grand charme, on aurait d’ailleurs tort de bouder cette station balnéaire programmée par les voyagistes. L’arrière-saison y est paisible et, outre ses belles plages, Tolo possède un petit port de pêche animé. Au sortir de Tolo, la route côtière nous amène à Porto Heli via le port de pêche de Kilada, avec au loin les moulins à vent du village de Kranidi qui se dessinent à l’horizon. La région ne manque pas d’attraits mais la station de Porto Heli et ses hôtels massifs distillent une atmosphère très morose en hors saison et c’est plus volontiers à Ermioni qu’il faut poser ses bagages. Avec ses petites maisons blanches à flanc de colline, ce petit port de pêche a déjà le charme des îles. L’occasion, aussi, de fausser compagnie au littoral pour les pistes caillouteuses (le 4×4 n’est pas nécessaire) qui grimpent à l’assaut de la montagne. La portion de route qui suit la crête du mont Didimo (1 121 m d’altidute), dans l’arrière-pays d’Ermioni, est tout simplement à couper le souffle avec ses panoramas sur la mer, au nord comme au sud. Même si la descente vers la côte nord se révèle très « sportive » avec ses virages en épingle à cheveux au bord du précipice. De la presqu’île de Méthana jusqu’au port d’Epidaure, la mauvaise route côtière taillée à même la falaise incite d’ailleurs à lever le pied. Ne serait-ce que pour admirer le panorama sur les îles d’Egine et d’Agistri. Après les nids de poule et les slaloms entre les éboulis, l’arrivée dans la charmante petite station balnéaire de Paléa Epidaure est presque un soulagement. Même si après un détour par le site archéologique d’Epidaure et son grandiose théâtre antique, le voyage touche presque à sa fin, Corinthe n’étant plus qu’à 60 kilomètres. A moins d’opter une fois de plus pour le chemin des écoliers.
Un point de départ vers les îles de Poros, Hydra et Spétses
La possibilité de rejoindre ses trois îles sœurs directement depuis sa côte sans passer par Athènes n’est pas le moindre des atouts de l’Argolide. En haute saison, les ports de Nauplie et de Tolo sont d’ailleurs le point de départ d’agréables croisières hebdomadaires à la journée avec des stops dans chacune de ces trois îles. Mais toute l’année, elles sont également desservies par des liaisons régulières depuis l’Argolide. Poros, qui n’est qu’à une centaine de mètres du continent, est reliée toutes les 30 minutes (de 7 h à 23 h) par des car-ferries à Galatas en moins de 10 minutes. Plus au sud, la magnifique Hydra est, quant à elle, à 35 minutes de bateau d’Ermioni avec un aller-retour possible dans la journée. Une rotation ouverte uniquement aux piétons, l’île étant sans voiture. Ce qui est également le cas de l’île de Spétses – seuls les résidents sont autorisés à posséder un véhicule – dont le port est relié à celui de Kosta, à 3 km environ de Porto Heli.
Le Framissima de Corinthe, un QG familial pour rayonner en Argolide
Depuis l’amélioration du réseau routier grec, le Framissima King Saron bénéficie d’une localisation stratégique pour découvrir les principaux sites archéologiques de Grèce continentale (à 3 h de Delphes et 1 h d’Epidaure) qui sont proposés sur place en excursions. L’aéroport d’Athènes n’est lui-même qu’à 1 h 15 de route du Framissima, contre 2 h 30 auparavant. A condition de louer une voiture, cet hôtel-club est surtout un bon point de départ pour rayonner en Argolide, a fortiori lorsque l’on voyage avec des enfants qui bénéficient de tarifs hôteliers intéressants. Ouvert de début avril à fin octobre, hors saison estivale, ce Framissima est d’ailleurs à conseiller en priorité aux clients désireux d’effectuer des excursions, les possibilités de baignades étant alors d’autant plus limitées que la piscine n’est pas chauffée. Offrant de bonnes prestations pour sa catégorie (vins compris aux repas), le King Saron jouit d’une belle vue sur le golfe Saronique, et ses chambres rénovées en 2001 sont agréables à vivre avec leur grand balcon. Seul bémol, la mauvaise insonorisation des chambres qui fait qu’on « participe » aux départs matinaux des excursions. Ce qui n’est pas un handicap majeur, la plupart des clients ayant choisi de les faire…

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