L’entrée sur le sol US se complique

A la veille de la 3e commémoration de l’attentat terroriste du 11 septembre 2001, le gouvernement américain poursuit le durcissement des mesures d’entrée sur son territoire en attendant l’entrée en vigueur du fameux passeport bio-métrique validée par George Bush pour 2006.
A compter du 30 septembre prochain, tous les ressortissants étrangers, y compris ceux des pays occidentaux n’ayant pas besoin de visa, se verront imposer une double séance photographie et prise d’empreintes digitales lors du contrôle d’identité à l’immigration américaine. Cette nouvelle mesure, qui pour l’heure ne concerne pas les Canadiens, a été mise en place pour au moins 2 ans par le Département d’État. Quel effet peut-elle avoir sur le tourisme ? Pour Michel-Yves Labbé, patron de Directours et ex-président du Visit USA Committee, il ne devrait pas y avoir d’incidence majeure. « J’y ai déjà eu droit et honnêtement cela ne prend que quelques minutes. » Partageant plus ou moins le même avis, Floréal Gavalda, directeur du tour operating chez Kuoni, s’inquiète pourtant pour ses clients en transit vers le Mexique, l’Amérique centrale ou les Bahamas. « Cela risque tout de même de grignoter sur le temps de correspondance voire de leur faire rater le vol suivant », craint-il. Pas faux. Par ailleurs, comme une contrainte ne vient jamais seule, il est important de bien comprendre qu’à partir du 26 octobre prochain, toute personne se rendant aux USA devra présenter un passeport dit à lecture optique (code barre). Adultes, ados, enfants et même bébés devront être munis de ce document faute de quoi, ils se verront refuser l’entrée sur le territoire américain. Cela signifie bien un passeport pour chacun, donc des frais à prévoir. « En plus des taxes aéroports qui ne cessent d’augmenter et des surcharges carburant, les clients vont devoir assumer quelque 80 euros par personne pour obtenir ce nouveau passeport… ça commence à faire beaucoup », conclut Jean Marie Douau, directeur de production chez Jetset, redoutant une désaffection pour cette destination qui commence tout juste à reprendre des couleurs.
Un « come-back » remarqué sur le marché français
« La saison a été excellente. » Directeur des transports chez Vacances Transat, Patrick Lebrazidec ne cache ni son enthousiasme ni son étonnement. « Les circuits accompagnés ont été tellement plébiscités cet été que dès la mi-juillet nous avons dû ajouter 6 à 7 dates de départ, soit environ 300 sièges supplémentaires. » Sur la touche depuis 2001, il semblerait en effet que la destination revienne en grâce auprès des touristes français. La preuve en chiffres : Directours enregistrerait (par rapport à l’an dernier) une progression de 35 % sur cet axe, Vacances Transat ferait + 25 %, idem pour Kuoni et Vacances Fabuleuses serait à + 33 %. La destination semble bien faire son « come-back ». « Nous aurions pu faire encore mieux avec un peu plus de stock notamment en août où nous avons manqué de capacités », regrette Floréal Gavalda. Chez Jetset aussi les ventes ont été bonnes parfois même anticipées. Mais pas assez apparemment pour Jean-Marie Douau qui déplore le manque de visibilité sur les semaines à venir et  » surtout un ralentissement des bookings assez tôt dans la saison alors que tout avait si bien commencé ». Enfin, témoin de référence, Zakaria Ayoubi, sous-directeur d’Allied Tpro, principal réceptif américain basé à New York, confirme la reprise de la destination sur le marché français. « Nous enregistrons + 50 % de volume d’affaires pour cette année et si cela continue nous atteindrons des chiffres comparables à ceux d’avant septembre 2001. Espérons seulement que l’issue de l’élection présidentielle en novembre ne vienne pas tout gâcher. »

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