La destination Corse est-elle en crise ?

Destination

Les TO gèrent des ventes en retard de 20 % à 40 %.
La conjoncture et la concurrence de la Croatie en cause.
La bonne nouvelle : il reste de la place partout cet été.
Les groupes ont quasiment déserté la Corse et les individuels la boudent. Les professionnels interrogés parlent de 20 % à 40 % de baisse dans les ventes pour la saison estivale et avancent divers arguments pour expliquer ce retard. Ainsi, pour Bernard Gras, DG d’Ollandini, « ce ralentissement qui n’est pas propre à la Corse mais à l’ensemble du bassin méditerranéen est directement lié à la conjoncture. Depuis plusieurs saisons, nous affichons des progressions à 2 chiffres, ce ne sera pas le cas cette année ! », s’alarme-t-il. Sentiment exacerbé pour Jean-Marc Ettori, directeur de Corsicatours, qui n’hésite pas à parler d’une France en faillite. « Nous sommes déjà dans le mur. Les consommateurs font les fourmis et regardent chaque dépense. Naturellement dans ce cas, les destinations les plus chères souffrent en premier et la Corse n’est pas épargnée… comparée à la Tunisie ou à la Grèce qui offrent pour le même prix des packages all inclusive ». Mais la morosité économique n’est pas seule responsable de ses chiffres en chute libre. Dans le Figaro, Jean-Pierre Pinelli président du Syndicat des métiers du tourisme de Balagne, dénonçait la concurrence de la Croatie et des pays de l’Est. « Ces pays sont en train de se réorganiser et d’apparaître sur le marché avec des produits de haut niveau. La Croatie, qui dispose d’une nature aussi préservée que la nôtre, profite de charges et de coûts sociaux inférieurs et encourage l’investissement. » Dans cette interview, il ajoutait même : « Nous ne misons que sur notre potentiel brut, nos paysages, notre identité, ce qui est insuffisant. Nous ne savons pas nous mettre en scène. » C’est également cette faiblesse que pointe du doigt Jean Ferrandini, directeur commercial de Corse Voyages et président du Snav Corse. Pour lui, l’industrie du tourisme locale est mal organisée et la communication absente. Ce dernier confie par exemple avoir appris un beau matin par la radio qu’une campagne vantant les mérites de la Corse venait d’être lancée sur le continent. « Hôteliers, réceptifs, TO, les autorités compétentes ne nous consultent jamais et ne profitent pas de notre expertise. C’est pourtant nous qui sommes sur le terrain », s’emporte le président du Snav Corse. Tous ces soucis, couplés aux problèmes liés aux transports, sont un bien pour un mal ! Voyons les choses du bon côté, pour une fois, il reste de la place en Corse pour cet été !

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