La Malaisie se tourne vers un tourisme durable

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En marge du workshop du 27 février à Paris destiné aux professionnels français, la présidente de l’Office national de tourisme de Malaisie a eu l’occasion d’expliquer à la presse à quel point l’authenticité de son pays se prête à un tourisme au plus près des habitants et de leurs cultures. Producteur de pétrole, la Malaisie promeut depuis longtemps la formule "Fly & Drive" auprès des touristes. Il est vrai qu’avec un litre d’essence à 60 cents, le voyageur européen va pouvoir découvrir le pays sans grever son budget "transports"… même si le déplacement à vélo commence à être suggéré dans le pays. Néanmoins, ce voyageur européen, en particulier "français, est amateur de contact avec la population, cherche à avoir une expérience authentique chez l’habitant dans les zones rurales" souligne Dato Seri Ng Yen Yen, présidente de l’ONT de Malaisie.
Le ministère du Tourisme de Malaisie développe, en conséquence, depuis deux à trois ans de façon volontariste une politique en faveur du logement chez l’habitant. Un service d’audit du ministère se rend dans les villages et fait des recommandations en vue du classement officiel en "homestay". "Il faut au moins dix maisons dans un village, explique Madame Ng Yen Yen. Et pour que les normes sanitaires (WC et salle de bain) soient respectées, le ministère accorde des subventions afin d’équiper les habitations." A Bornéo, par exemple, au lieu de transformer des maisons en hôtels, ce sont les longhouses (maisons longues typiques de certaines tribus) qui sont conservées. "Nous encourageons ainsi les villageois à rester sur leurs terres, en particulier les jeunes gens. Cela contribue aussi à préserver les traditions culturelles car le label officiel de ‘homestay’ comprend un volet sur la présentation des traditions locales (danses, artisanat…)", précise la présidente de l’ONT.
Cette orientation stratégique du ministère du Tourisme malaisien permet à des villageois de vivre de et sur leur exploitation. "Un paysan qui reçoit des touristes chez lui et leur sert à manger les produits qu’il cultive peut gagner entre 600 et 3.000 dollars US par mois*" affirme Madame Ng Yen Yen. L’an dernier, le système comptait 3.000 maisons "homestay". Et pour renforcer l’expérience, dans certains villages, les touristes sont invités à planter un arbre (15.000 manguiers, bougainvillées… l’ont été en 2013) en espérant qu’ils reviendront en voir la croissance.
La France est le quinzième marché touristique de la Malaisie avec quelque 136.000 visiteurs français en 2012 et près de 110.000 de janvier à septembre 2013 (dernier chiffre disponible).
* Le revenu national brut (RNB) par habitant en Malaisie était de $818 en 2012 (source : Banque Mondiale).

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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