La musique rythme les balades à travers les villes cubaines

Destination

Une guitare, c’est La Havane qui lance le refrain et donne le ton ; les percussions, c’est toute l’âme cubaine dans les oreilles avec ses rythmes décalés et sa vie trépidante ; la contrebasse, et tout le poids d’une vie difficile sous les tropiques s’abat sur nos épaules ; les cuivres, enfin, et les couleurs surgissent, explosent sur les murs dans la campagne et sur les visages. L’île de Cuba s’écoute autant qu’elle se voit.
Pas un bruit ne filtre de la chambre du Sofitel Sévilla. Dehors pourtant, La Havane s’agite et, de son décor nostalgique des années 30, s’échappent des sons urbains mais souvent aussi des mélodies rythmées et entêtantes. En face de l’hôtel par exemple, le groupe d’une vingtaine d’agents de voyages invité par le TO spécialiste de Cuba Havanatour peut observer une école de danse municipale, d’où transpirent des notes de piano que des enfants tentent de suivre dans un joyeux désordre. Ce doit être les mêmes qui, le matin, se tenaient en rangs serrés dans la cour de l’école engoncés dans leur tenue scolaire rouge et blanche, à écouter les sermons patriotiques de la maîtresse d’école, sous la surveillance de quelques parents accoudés aux grilles de l’école, mais aussi sous celle de Castro. A quelques mètres en effet, le bateau légendaire de Fidel avec lequel il a débarqué le 2 décembre 1956 sur une plage de l’Oriente, accompagné de 81 autres Barbudos, est exposé derrière une salle vitrée, en face de l’ancien palais présidentiel de Batista, devenu aujourd’hui le musée de la Révolution. Ici, le pouvoir se donne à voir. Mais quelques rues plus loin, c’est plus fort que tout, l’image sépia de La Havane décadente, joueuse et luxueuse des années 30 reprend le dessus : les rues bordées d’arcades, le célèbre hôtel National, les villas sublimes pour la plupart tombées en déshérence, la musique revenue en force dans tous les restaurants du centre-ville, les invraisemblables voitures américaines, les cocktails au rhum, Hemingway et son bar fétiche le Bodegita del Medio, tout concourt à faire oublier une misère qu’un chanteur dit moins pénible au soleil. C’est parce que Cuba n’est en fait pas réductible à ce mirage exotique qu’Havanatour pousse ses clients depuis vingt ans à aller vers des lieux inédits. C’est le cas de Cayo Levisa, deuxième étape de cet éductour. Situé à l’ouest de La Havane, cet îlot vaut autant pour le repos qu’il procure que pour ses fonds sous-marins ainsi que la route à prendre par delà les montagnes. Mais on s’éloigne un peu trop de la musique. Alors, direction Cienfuegos, la ville natale du sonero Benny More, le roi du boléro et des rythmes cubains chaloupés. Cette cité, fondée en 1819 par le Français Louis le Clouet, vaut en fait surtout pour sa place José Marti et son incroyable théâtre Terry, sorte de petite Scala exotique rompue à l’humidité tropicale et aux vicissitudes de l’histoire. Mais une pluie tropicale écourte la visite et entraîne un repli bien ordonné vers l’hôtel Jagua, sur la pointe Gorda. Maintenant, la trombe s’abat sur l’immense baie de Cienfuegos dans un grondement sourd. Il est alors temps d’écouter ailleurs les sons cubains, à Trinidad, par exemple. Dans cette cité nichée au creux des collines, les couleurs resurgissent, la musique renaît, le tourisme aussi. Trinidad, classée patrimoine mondial de l’Unesco, est le point de départ d’excursions vers des piscines naturelles, grottes et chutes d’eau qu’on peut découvrir avec un bateau, à pied ou à cheval. Les noctambules choisiront plutôt les grottes-discothèques, question de goût. Après s’être recueilli sur le mausolée de Che Guevara à Santa Clara, le groupe va pouvoir retrouver la plage et le sable blanc du Cayo Santa Maria. Il faut au préalable emprunter une route juchée sur une digue de 50 km de long pour atteindre le Mélia Santa Maria, un complexe vendu en tout inclus (ou non), flambant neuf. La musique se tait, exceptée dans la discothèque, place aux activités nautiques et aux cocktails au rhum. Il nous faut notre ration de Malicon et de Vieja Habana, une dernière rasade de musique avant de repartir vers l’Europe. Chacun d’entre nous a d’ailleurs acheté un CD à ces groupes rencontrés au hasard des routes. Une petite musique qui traînera longtemps dans la tête.
Havanatour, le partenaire historique des vacances cubaines
Havanatour est une institution à Cuba. Le groupe quadrille le territoire cubain avec son activité réceptive, sa flotte de transport comprenant 150 bus et mini-bus et ses bureaux de représentation dans les plus grandes villes de l’île. Au total, 600 personnes travaillent dans 80 agences de voyages implantées dans 40 pays en Europe, Amérique et Asie. En France, Havanatour multiplie les circuits (« Boléro tropical », « Soleil et moka », « Couleur café », « Saveurs cubaines »), mais donne tout son potentiel avec les voyages à la carte. A chaque brochure, l’équipe parisienne déniche hôtels de charme ou grands palaces (Mélia, Sol, Grand Caribe, Tryp Peninsula, Accor, Horizontes, Cubanacan Grupo), mais se fait surtout le spécialiste des demandes particulières, sportives, culturelles festives, etc. Le groupe a en effet vu l’évolution de la demande vers ces produits plus exigeants. Les séjours balnéaires à Varadero par exemple trouvent en effet moins preneurs, la clientèle se rabattant souvent vers la République dominicaine, champion du resort all inclusive à des prix imbattables. Au total, Cuba a subi une érosion de 15 % de sa fréquentation en 2003, mais Havanatour France a su trouver son public avec une augmentation de 3 % de sa clientèle pour une hausse de 9,4 % de son chiffre d’affaires.

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