La Norvège ne veut pas que des touristes riches et âgés

Destination

L’office de tourisme change son orientation marketing. La Norvège va faire sa promotion à travers des histoires et des émotions. L’OT norvégien joue la carte du numérique et des agences de voyages et tour-opérateurs.

 

La Norvège ne va pas baisser ses prix ! Mais les autorités touristiques norvégiennes ont décidé de communiquer autrement. L’idée : attirer les voyageurs en fonction de leurs intérêts et motivations. La réflexion touche tous les marchés émetteurs.

 

« Il s’agit de ne pas viser seulement les CSP+ et les plus de 60 ans, explique Léa Pinsard, responsable marché B2C à l’OT. Nous ne sommes plus dans une logique d’âge. » L’objectif est de positionner la destination dans son ensemble : « Toute la Norvège toute l’année ».

 

Trois profils de voyageurs français

Neuf thèmes correspondant à neuf types de public ont été identifiés, trois ont été retenus pour la France. L’OT de Norvège va donc proposer aux Français de l’aventure classique (découverte, balades…), de la culture (histoire, Munch, les Sami…) et de l’échappée (pour se ressourcer, se couper de la routine). Tout en gardant des niches de voyages comme le ski de randonnée, la photo, le vélo, le kayak…

Pour l’aventure, une série de vidéo à destination des randonneurs insiste sur les conditions de sécurité et l’intérêt d’être accompagné d’un guide local.

 

La France est un marché en progression pour la Norvège. Avec 414.147 nuitées françaises en 2018 (+44% en dix ans!), la France est son 6e marché touristique émetteur européen, loin cependant derrière l’Allemagne (1,8 million), la Suède (1,126 M) ou le Danemark (757 000).  Réputée pour son goût pour la culture, la clientèle française pourra découvrir le nouveau musée « Munch », qui ouvrira à Oslo en 2020.

 

A noter que désormais 3 personnes s’occupent du bureau français de l’OT norvégien qui se trouve « plus disponible pour trouver de nouveaux acteurs en réponse aux demandes des TO par exemple ou organiser des soirées clients ou encore former des agents de voyages » souligne Anne-Lisbet Tollanes, responsable B2B.

Un niveau de prix qui reste élevé

Pays avec un haut niveau de vie (voir ci-dessous), la Norvège se vend bien en individuel chez des spécialistes B2C tel Grand Nord Grand Large (14 suggestions on-line de sur-mesure ). Mais aussi en circuits en voyage accompagné. Armelle Le Scaon, directrice de production du TO Visiteurs, se félicite des résultats sur cette destination « lancée il y a deux ans et qui se vend très bien ». 

« Il existe une vraie demande sur la Norvège. Mais le niveau de prix des prestations sur place refroidit les envies. C’est pour cela que nos circuits rencontrent le succès. En voyage en groupes, on peut arriver à baisser un peu les tarifs et la découverte devient plus accessible » explique-t-elle.

 

Sur le double critère conditions matérielles et conditions de vie, la Norvège est décrite comme la championne absolue de la qualité de vie par le Forum économique mondial (WEF). C’est aussi le pays européen, juste derrière la Suisse, dont les habitants ont un très fort pouvoir d’achat. Ainsi, selon les statistiques Eurostat, le salaire horaire brut médian est en Norvège près du double qu’en France (28 euros contre 15 euros). Une raison peut-être pour laquelle le pays ne risque pas le surtourisme…

Des Histoires de Norvège

La Norvège est bien perçue comme une destination « nature » et « culture ». 40% des touristes français choisissent les deux aspects pour leur voyage. Le sondage Ipsos réalisé il y a deux ans avait fait ressortir quelques images associées au pays: « le saumon, les fjords, les aurores boréales ». Avec un satisfecit pour la qualité de la cuisine, la chaleur des habitants et les lieux culturels.

 

La Norvège entend néanmoins développer l’axe du tourisme responsable. Le pays veut se présenter comme « la destination de référence pour un développement durable d’expériences culturelles et d’activités de plein air ».

La communication passe cet hiver par « un marketing d’histoires fortes qui diffusent des émotions » précise Delphine Vallon, responsable marketing. Sont ainsi mis en valeur des régions, des acteurs locaux ou un secteur économique comme l’agriculture. Regroupées sous l’appellation « les Histoires de Norvège », elles font l’objet de films vidéo. Les médias sociaux de l’OT en version française, Facebook (70.000 fans) et Twitter (18.000 followers) –Instagram est géré en Norvège- prennent le relais, ainsi que des influenceurs.

Sur le thème de la culture, la vidéo (ci-dessus) de la collection Histoires de Norvège présente le travail de 4 jeunes artistes norvégiens autour de Peer Gynt pour le 150e anniversaire d’Ibsen en 2017.

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Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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