La Nouvelle-Calédonie veut reconquérir le coeur des Français

Destination

Les Français représentent 31% des touristes accueillis en Nouvelle-Calédonie l’an dernier. Le territoire veut redynamiser son image auprès des grands voyageurs. L’office de tourisme de Nouvelle-Calédonie est venu en roadshow en France voir les professionnels.

 

« Une destination loin du tourisme de masse. » La Nouvelle-Calédonie avec 24 à 30 heures de vol depuis la France hexagonale mérite bien cette expression. L’an dernier, le territoire ultra-marin a ainsi reçu 120.343 touristes (-0,3%) dont 35% d’Européens. « Nous avons une densité de moins de 1 touriste par kilomètre carré » souligne Julie Laronde, directrice adjointe de Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud.

 

Les Français (31.326 en 2018) viennent moins. Depuis 5 ans, la baisse de ce marché (correspondant à 31% des touristes en Nouvelle-Calédonie) a atteint -4,7%. Tandis que les marchés australien (19% du total), japonais (23%) et néo-zélandais (9%) ont connu des croissances à deux chiffres, respectivement +46,5%, +37% et +66,6%.

 

Avec un tourisme majoritairement de loisirs (à 56%), l’objectif de l’OT néo-calédonien est donc de « redynamiser le marché français et européen » en ciblant également Italie et Allemagne, prioritairement les jeunes seniors et les couples actifs sans enfants (Dinks). Le budget promotionnel Europe est d’ailleurs augmenté de 11%. Au global, la Nouvelle-Calédonie table sur 200.000 touristes en 2025.

 

Une « destination préservée »

C’est donc sur le thème d’une « destination exclusive » que l’office de tourisme insiste dans sa communication. Tout en rappelant la spécificité de la culture kanake –la visite du centre culturel Tjibaou est un must–, la biodiversité néo-calédonienne (des espèces endémiques à 76%) et la préservation du lagon. « Nous n’avons pas de phénomène de blanchiment des coraux », affirme Julie Laronde.

 

Dans un contexte de développement durable, la Nouvelle-Calédonie veut séduire les grands voyageurs, « ceux qui ont déjà vu beaucoup d’endroits à travers le monde et recherchent de l’authentique ». La campagne promotionnelle multi-marchés (voir vidéo ci-dessus) met notamment en avant le concept d’ « aventure douce ». Mais aussi la diversité du territoire, « un mélange de terre rouge comme à Madagascar, de plages comme aux Seychelles et de nature pour randonner comme à la Réunion ».

 

Un développement de l’offre touristique

La Nouvelle-Calédonie cible aussi les marchés de niche comme les golfeurs, les plaisanciers et les voyages de noces. Sachant que 44% des touristes français sont des affinitaires (famille, amis), l’office de tourisme souhaite les convaincre de revenir. A travers un contrat de destination, OT, compagnies aériennes, hôteliers, réceptifs… travaillent ensemble pour « être tourist ready ».

 

Ainsi, Aircalin renouvelle sa flotte (2 A330 en juillet et 2 A320 en 2020, création d’une Eco Premium). L’OPT (équivalent local de La Poste) s’engage sur une amélioration du wi-fi et un Hilton de 50 clés va ouvrir à Lifou en 2021. Sur une capacité hôtelière de 3.500 clés aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie en vise 500 de plus en 2025.  Et le port de Nouméa va améliorer l’accueil des bateaux de croisières. Le territoire reçoit aujourd’hui 500.000 croisiéristes par an sur Nouméa, Lifou et Maré.

 

Présente dans l’offre de plusieurs tour-opérateurs (Australie Tours, Asia, Exotismes, Ultra Marina, Voyage de Légende, Voyageurs du Monde, Maisons du Voyage…), la Nouvelle-Calédonie est proposée en séjour de 15 jours en moyenne. Il faut compter environ 3.800€ pour un package en hôtel 3 étoiles et hébergement en tribu.

 

Le tourisme représente 4% du PIB de Nouvelle-Calédonie.

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Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions (2)

  1. Pour reconquérir les métropolitains il faudrait que l’hôtellerie soit de meilleure qualité surtout compte tenu des prix très élevés. Mais pour cela il faudrait que les kanaks aient envie de travailler. Comme les tribus sont soit propriétaires de la terre soit de bâtiments, elles placent leurs membres dans ces lieux d’hébergement. Ajoutez la distance depuis ma métropole (20 000 km), le prix du billet d’avion et la mauvaise ambiance qui règne entre les colons et les locaux, vous avez une idée des handicaps de la N.C.

  2. En Nouvelle-Calédonie, la défiscalisation incite les spéculateurs à investir dans l’hôtellerie. Au bout de 5 années, ils empochent leurs plus-values et vendent aux tribus kanaks. Celles-ci sont incompétentes pour gérer un hôtel et c’est le naufrage.
    Les visiteurs paient cher pour un service de mauvaise qualité… cqfd.

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