La quarantaine commence en Grande-Bretagne, les compagnies aériennes crient au scandale

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La quatorzaine mise en place à compter du 8 juin concerne toutes les arrivées par terre, mer et air, que les voyageurs résident ou non au Royaume-Uni. ©Adobe Stock

A compter du 8 juin, tout voyageur venant de l’étranger sera soumis à une quatorzaine en arrivant en Grande-Bretagne. Une décision qui suscite un tollé chez les transporteurs.

 

Le gouvernement britannique met son projet à exécution. La quatorzaine mise en place à compter du 8 juin concerne toutes les arrivées par terre, mer et air, que les voyageurs résident ou non au Royaume-Uni, et sera réexaminée par le gouvernement britannique toutes les trois semaines.

 

Elle vise à éviter l’importation de nouveaux cas de Covid-19 alors que le pays a commencé à lever début juin les restrictions mises en place fin mars pour contenir sa propagation.

 

« Nous introduisons cette quarantaine car si le nombre de nouvelles infections diminue (au Royaume-Uni), la proportion d’infections provenant de l’étranger augmente », a justifié le ministre de la Santé, Matt Hancock, sur la chaîne de télévision Sky News.

Des contrôles et amendes de 1 000 livres

 

Pour s’assurer du respect de la mesure, des contrôles aléatoires seront mis en œuvre et les contrevenants s’exposeront à une amende de 1 000 livres (1 122 euros). Des exceptions sont toutefois prévues pour les transporteurs routiers, les personnels de santé, les cueilleurs de fruits ou les voyageurs en provenance d’Irlande.

 

Mis à terre par la pandémie, les professionnels de l’aérien et du tourisme sont très remontés contre cette mesure. Les compagnies aériennes British Airways, EasyJet et Ryanair ont demandé dimanche au gouvernement de renoncer à cette « quarantaine inefficace, qui aura un effet dévastateur sur l’industrie touristique britannique et détruira (…) des milliers d’emplois ». Elles ont cosigné une lettre officielle adressée vendredi au gouvernement, étape préliminaire à une éventuelle action en justice.

 

« Nous pensons que c’est irrationnel, nous pensons que c’est disproportionné et nous envisageons une action en justice contre cette législation », a indiqué Willie Walsh, patron de IAG, sur la chaîne Sky News, qui estime que cette mesure va « torpiller » le programme de reprise des vols en juillet.

 

Dans la foulée de ces déclarations, le transporteur aérien irlandais Ryanair a indiqué compter « soutenir toute action en justice lancée par IAG contre cette quarantaine inefficace et inutile ».

Vers l’instauration de ponts aériens ?

 

Le patron de Ryanair, Michael O’Leary, a affirmé sur Sky News lundi que « Des milliers d’Européens qui se rendraient normalement au Royaume-Uni en juillet et en août, pendant la haute saison, ne viendront pas parce qu’ils sont terrifiés par cette quarantaine ».

 

Les emplois de 25 000 personnes travaillant à l’aéroport londonien d’Heathrow, soit le tiers des effectifs totaux, sont en danger, a prévenu de son côté le patron de l’aéroport, John Holland-Kaye.

 

La fronde s’est propagée jusqu’au sein des députés de la majorité conservatrice, qui craignent que le gouvernement ne sabote l’économie, déjà terrassée par la crise sanitaire. Comme porte de sortie, le gouvernement de Boris Johnson réfléchit à instaurer des ponts aériens avec certaines destinations touristiques, comme la France ou l’Espagne, ce qui permettrait de contourner la quarantaine. Selon le Sunday Times, le dirigeant a prié son ministre des Transports de trouver une solution avant fin juin.

 

Il y a en effet urgence. Selon une étude du cabinet Survey Monkey publiée la semaine dernière, les entreprises du tourisme et de l’hôtellerie pensent licencier jusqu’à 60% de leur personnel en cas d’introduction d’une quarantaine.

 

Publié par Céline Perronnet
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