Le Nicaragua paralysé par les violences

Destination
La ville universitaire de Leon, comme tous les sites touristiques, est également concernée par les affrontements.

 « Granada est devenue une ville fantôme, une ville morte où il n’y a plus aujourd’hui un seul touriste et où la quasi-totalité des hôtels et restaurants ont fermé ». Tel est le tableau de la « capitale touristique » du Nicaragua, encore très animée il y a quarante jours, lors des premiers affrontements à Managua entre les forces de l’ordre de Daniel Ortega et les étudiants.

« Nous déconseillons à nos clients de venir »

Depuis, plus de 80 manifestants ont été tués, et la violence s’est étendue à tout le pays. « À Granada, les habitants sont calfeutrés chez eux avant la tombée de la nuit, car les rues sont livrées aux « pandillas », aux bandes de délinquants armés prêts à voler ou piller », explique un habitant sous couvert d’anonymat « par crainte des représailles ». L’absence de policiers face à ces groupes affichant leur sympathie « sandiniste » (pro-gouvernementaux) laisse supposer la complicité de Daniel Ortega, qui semble malheureusement miser sur un pourrissement de la situation. Et la dégradation est encore pire dans d’autres cités très touristiques comme dans la ville universitaire de Leon, ou encore à Masaya (entre Grenade et Managua), où un Français rapporte  « des affrontements terribles en plein centre-ville entre les deux bandes, avec des édifices en feu et des barricades ». Dans ce contexte de peur, le tourisme est entièrement paralysé, alors que l’activé était prometteuse pour cette destination aux multiples richesses qui avait accueilli l’an dernier près de 10.000 Français. « Depuis plus de vingt ans nous avons eu des moments difficiles, à cause notamment de l’ouragan Mitch ou lors de différentes manifestations d’étudiants, mais jamais avec cette amplitude et ce niveau de tension ; et pour la première fois, nous déconseillons à nos clients de venir », confirme un réceptif local.

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