Le Sri Lanka à la relance, les Maldives à la peine (4ème partie)

Destination

Les autorités touristiques sri lankaises s’associent étroitement avec les tour-opérateurs pour relancer l’attractivité de la destination. Une stratégie qui reste à définir du côté des Maldives, un archipel dont l’économie touristique est pourtant plus atteinte que celle du Sri Lanka, malgré des dégâts bien moins importants.
Branle-bas de combat dans les unités de production des tour-opérateurs français. Demain, ils présenteront leur(s) produit(s) « falling in love with Sri Lanka », du nom de l’opération lancée par la compagnie SriLankan Airlines et le gouvernement sri lankais, via l’Office de tourisme. La compagnie propose la gratuité pour la deuxième personne voyageant vers l’ex-Ceylan. L’achat de ce produit promotionnel doit être effectué entre le 14 février et le 13 mars, pour des départs entre le 14 février et le 15 juin. De leur côté, les tour-opérateurs, par l’intermédiaire de leur réceptifs, tentent de répercuter l’offre sur leurs prestations terrestres : « Ce n’est pas toujours évident car il reste des détails à régler comme la caractérisation d’une classe de résa particulière pour éviter les request, mais aussi convaincre des fournisseurs, parfois réticents à concéder certaines réductions comme les entrées dans les sites du triangle culturel ou les repas », précise Floréal Galvalda, directeur du tour-opérating de Kuoni France qui devrait lancer un package spécial à cette occasion. Ce dernier, mais aussi les représentants de Jet tours, Marsans et Vacances Transat, participants à l’opération, étaient présents, lundi, à la énième réunion entre les TO et l’office de tourisme du Sri Lanka : « L’OT a été très réactif et nous sommes souvent en contact pour coordonner nos actions », glisse Patrick Gardin, chef de produit Asie de Vacances Transat. « C’est très important car nous ne pouvons pas nous permettre de prendre des décisions divergentes. » Les autorités sri lankaises sont effectivement actives sur le marché français. Outre l’opération Falling in love with Sri Lanka, elles lancent une campagne de publicité, pour relancer l’intérêt pour une destination toujours boudée par les clients si l’on en croit le niveau des réservations enregistré par les TO français. « Pourtant, sur les 248 hôtels du pays, seuls 48 ont été affectés par la catastrophe et 26 d’entre eux sont déjà opérationnels, à l’exclusion de quelques chambres de rez-de-chaussée », précise Udaya Nanayakkara, directeur de l’OT du Sri Lanka. Parallèlement, une vaste opération de reconstruction de 85 000 logements, notamment pour les pêcheurs, est mise en place : « Nous avons recensé 800 000 sans-abri dans notre pays à cause du tsunami », indique le directeur de l’OT. Dans le cadre de l’opération « Bounce back Sri Lanka », quinze zones sur les côtes sud et est bénéficieront d’un plan d’urbanisme spécifique, financé « par l’aide internationale et d’un coût estimé à 120 millions de dollars », déclare Udaya Nanayakkara. « Le tourisme fait vivre ces zones », estime-t-il. « Près de 70 % des communautés étaient impliquées directement ou indirectement dans cette industrie, il est donc impératif de réhabiliter ces communautés aussi vite que possible. » Malheureusement, sur place, ce genre d’aides se fait attendre. « Il faut négocier souvent avec les politiques locaux, soucieux de reconnaissances, mais également impliqués dans des querelles d’attribution de subventions et d’influence politique pour aboutir plus rapidement », remarque Chandra Wickramasinghe, patron du réceptif Connaissances de Ceylan et initiateur du programme « Reconstruire et vivre ».
Ces initiatives contrastent singulièrement avec l’inaction des autorités maldiviennes en France : « Elles semblent avoir fait un choix », souffle un responsable de TO. « Nous avons lancé une campagne de communication mondiale d’un montant de 4 millions de dollars, notamment en Grande-Bretagne et en Allemagne et bientôt en France », rétorque Abdulla Mausoom, directeur de Maldives Tourism Promotion Board. « Nous examinons les devis et organisons une conférence de presse le 16 février en France », un pays qui ne représente « que » 7,5 % du marché touristique maldivien. Aucun segment n’est pourtant à négliger. Selon les estimations du gouvernement de Malé, les pertes totales du secteur atteindraient 230 millions de dollars et en nécessiteraient près de 100 millions en coûts de reconstruction. De plus, la crise économique post-tsunami est relativement plus grave sur l’archipel qu’au Sri Lanka. Aux Maldives, bien moins touché par le raz de marée que l’île cinghalaise, le tourisme représente plus de 30 % du PIB quand il pèse 11 % u Sri Lanka. Pour le gouvernement du président maldivien Maumoon Abdul Gayoom, la relance touristique est donc un enjeu national et il faudra autre chose que les surclassements ou les réductions consenties par les hôteliers pour convaincre les clients de revenir rapidement.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *