Le tourisme grec en piste pour la suite

Le bon déroulement des JO redonne une image positive au pays organisateur.
Après un été raté, les tour-opérateurs français espèrent se relancer en 2005
Ils parient sur un regain d’intérêt pour Athènes rénovée vendue en week-end.
Parmi la dizaine de médailles glanées aux JO par la Grèce, ne figurera certainement pas celle de la fréquentation touristique. Le ministre du Tourisme Dimitris Avramopoulos a reconnu à Athènes avant-hier que la fréquentation touristique ne correspondait pas au niveau attendu, mais il espère bien profiter de l’aspiration après les jeux Olympiques pour relancer le tourisme dans ce pays, doté désormais d’infrastructures modernes et rénovées. « Notre stratégie touristique qui sera valable pour les dix ans à venir commence après les Jeux », a-t-il assuré. Les opérateurs français l’espèrent fortement, car certains ont misé gros sur l’événement, et ont perdu gros, avec des baisses atteignant 40 % et des remplissages de dernière minute à des prix sacrifiés. Mais « le bon déroulement des Jeux rétablit une image positive que la Grèce avait perdue abusivement lors de leur préparation par une campagne médiatique à charge », analyse Anna Iliokratidou, directrice de l’OT de Grèce. « Aujourd’hui, ce déficit est comblé. Il faut en profiter. » Pour les TO, il est donc temps de rebondir sur ce capital de sympathie, épuisé avant l’été. « Nous constatons une hausse significative des réservations groupes et des incentives pour 2005 », se rassure-t-on chez Héliades qui maintient pour 2005 son plan de vol 2004 avec peut-être de nouvelles dessertes. « Les appels pour des renseignements thématiques reprennent, constate la directrice de l’OT. Auparavant, ce n’était qu’inquiétude au bout du fil. » Après la tempête, « Athènes en ressort plus belle encore avec une meilleure hôtellerie, un métro, un centre-ville rénové », analyse Mireille Blanc, directrice de production de Starter. « C’est une destination qu’on peut vendre désormais en week-end. » Pour autant, la piste n’est pas totalement dégagée, « l’arrière-saison ne sera pas vraiment meilleure, souligne Georges Vialard, de Fram. De plus, Athènes est en zone euro, et les prix ne cessent d’augmenter. »
Les îles ont sauvé l’honneur
Les îles grecques sont parvenues à décrocher une médaille qui sauve l’honneur de la saison. Ce n’est pas une grande année, mais certaines îles comme la Crète ont plutôt bien résisté à la morosité ambiante. « Cet été a même été meilleur que l’an dernier sur cette île », constate Mireille Blanc, directrice de production de Starter. Dans son sillage, ont profité, et profitent apparemment toujours un peu, les îles de Corfou et Santorin. Pour Georges Vialard, directeur adjoint de la production chez Fram, le meilleur score des îles s’explique pour des raisons autant structurelles que conjoncturelles : « Une île comme la Crète possède une belle diversité de paysage, il existe une meilleure hôtellerie, et c’est une destination à la mode. » Pour autant, on ne peut pas parler de titre olympique : « On peut se consoler en disant que la chute observée sur ces îles est moins importante que celle constatée sur la Grèce continentale », observe-t-on chez Héliades, qui a vu ses ventes baisser de 15 % cet été par rapport à l’été 2003. « Il est difficile de dissocier dans l’esprit des gens le continent des destinations insulaires », déclare Anna Iliokratidou, directrice de l’office de tourisme de Grèce. « Quand l’un souffre, l’autre en subit les désagréments. C’est pourquoi il faut poursuivre les efforts auprès des prescripteurs pour qu’ils sachent bien distinguer les destinations. »

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