Les Américains instaurent une nouvelle mesure de sûreté : le Secure Flight Programm

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Visiblement pas complètement rassuré par les différentes mesures de sûreté anti-terroriste misent en place depuis septembre 2001, le gouvernement américain invente le Secure Flight Programm. Développé par le Department of Homeland Security (DHS), cette nouvelle cellule aura la charge d’analyser les listes de passagers des compagnies aériennes et de recouper avec les fichiers "no fly list" du FBI afin d’éviter qu’un passager « black listé » n’embarque à bord d’un avion à destination des USA. Lors du Pow Wow (salon du tourisme américain), Paul Leyh, directeur de Secure Flight expliquait à la presse que son département, bien que ne dépendant pas du DHS, a pour mission de s’assurer qu’aucun terroriste ou personne ayant un lien quelconque avec une activité terroriste n’embarque dans un avion à destination des Etats-Unis. Pour ce faire, Secure Flight exigera des agents de voyages et des compagnies aériennes desservant les USA d’entrer le plus tôt possible (au moins 72h avant le départ), un certain nombre de données dans le dossier de réservation du client (données APIS). Celles-ci seront alors analysées puis comparées avec les 'listes noires passagers' avant que Secure Flight n’autorise le transporteur à émettre la carte d’embarquement du passager. "Dans 99% des cas, l’accord sera favorable et immédiat. Seul 1% de passagers dont les noms apparaitront sur nos listes feront l’objet d’une double vérification avant peut-être d’essuyer un refus" rassure Paul Leyh. Certes, mais 1% sur 2,5M de passagers traités chaque jour représente tout de même 25 000 passagers qui pourraient à l’aéroport, le jour du départ, se voir refuser l’embarquement (parfois à cause d’un homonyme). Opérationnel avant la fin de cette année, cette nouvelle mesure sera complémentaire de l’application ESTA. "Ce n’est pas un doublon", précise le directeur de Security Flight, notre rôle est d’autoriser ou pas un passager à embarquer à bord d’un avion se rendant aux Etats-Unis (ou quittant le pays), alors qu’ESTA donne son accord ou pas d’accéder au territoire américain. "Notre cible c’est les terroristes, pas les dealer ou les mafieux. Nous pourrions autoriser ses profils à voyager, mais rien de ne dit qu’une fois arrivés, ils passent l’immigration sans trouble. Mais cela, n’est pas de notre ressort" conclut Paul Leyh. Côté financement, ce dernier précise que c’est le congrès américain qui assume les frais engendrés…du moins pour l’instant. Le voyageur, qui dès 2011 devra déjà s’acquitter d’une taxe de 10$ dans le cadre du Travel Promotion Act, pourrait aussi devoir financer cet excès sécuritaire. Un excès qui depuis 2001 a coûté plus de 100 milliards de dollars à l’industrie américaine du tourisme.

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