Les réservations estivales repartent bien vers la France et un peu vers l’Europe

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Les niveau des réservations est très encourageant mais encore en-deçà des chiffres habituels. ©Adobe Stock

Depuis quelques jours et les annonces rassurantes du gouvernement, les Français se sont décidés à réserver leurs vacances d’été. Avec une forte préférence, pour l’heure, pour l’Hexagone.

 

Les Français se lancent enfin dans les réservations pour leurs vacances d’été, libérés par les annonces gouvernementales, même si le retard accumulé pendant le confinement ne pourra être rattrapé.

 

Dès le 14 mai, le feu vert donné par le Premier ministre Édouard Philippe à des vacances dans l’Hexagone en juillet et août avait engendré un premier flot de réservations. Ses déclarations du 28 mai – déverrouillage des 100 km, réouverture des restaurants, campings et résidences de tourisme le 2 juin en zone verte – ont littéralement débloqué les prises de commandes pour des séjours en France.

 

« Les perspectives reviennent dans le vert pour la clientèle nationale, le moteur domestique va être essentiel », a confirmé mardi Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat en charge du tourisme.

 

Et les premiers bilans tirés par les acteurs du tourisme lui donnent raison même si les chiffres sont encore en-deçà des pratiques habituelles.

 

« L’annonce du 28 mai a permis de booster les ventes sur le web avec une hausse des flux sur les quatre derniers jours de 150% pour Pierre & Vacances, et 180% pour les domaines Center Parcs », indique à l’AFP le groupe Pierre et Vacances, qui observe « une hausse des paniers moyens portée par un allongement significatif des séjours, et une montée en gamme », mais « à ce stade, et malgré ces bonnes tendances », constate « toujours un retard sur le niveau de réservations en cumulé ».

 

« Quoi qu’on fasse, on ne rattrapera pas le retard lié à l’arrêt total des réservations pendant les deux mois de confinement, et la clientèle étrangère manquera toujours », renchérit Patrick Labrune, président du Syndicat national des résidences de tourisme. Mais il se réjouit des annonces du Premier ministre de jeudi dernier, « qui ont fait exploser de 200 à 300% les prises de commande par rapport au weekend de la Pentecôte de l’an dernier ».

 

De son côté, le Club Med fait état pour son site web d’un taux de conversion dont « les niveaux avoisinent ceux de l’an dernier. La France est particulièrement bien positionnée avec des progressions à deux chiffres versus la même période l’an dernier. Mais nous restons vigilants ».

 

La tendance est la même dans les 8 000 campings français, dont 75% rouvriront cette semaine: « depuis jeudi, on a triplé le nombre de réservations en rythme journalier. On est en phase de rattrapage, mais on imagine peut-être avoir un niveau normal pour la clientèle française », juge Nicolas Dayot, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air.

Pour lui, « si tout va bien et si les frontières rouvrent rapidement, la clientèle européenne reviendra aussi ».

Le cas particulier de l’Outre-mer

Mais c’est encore la grande interrogation. Si l’Italie, la Grèce, l’Espagne et le Portugal ont déjà indiqué qu’ils accueilleraient les estivants européens sans imposer de quarantaine, les réservations pour l’étranger faites en ligne auprès d’agences de voyages « représentaient la semaine dernière seulement 20% de ce qu’on avait à la même période l’an dernier », note Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage.

 

Opodo a pour sa part enregistré un renversement de tendance depuis les annonces du 28 mai : la Corse, qui était jusqu’alors en tête des réservations avec Ajaccio, Figaro et Bastia, a été détrônée par le Portugal, avec les villes de Lisbonne et Porto, indique à l’AFP le site de voyages en ligne.

 

Concernant l’Outre-mer, la saison est suspendue à la levée de la quarantaine qui reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Jean-Baptiste Lemoyne a affirmé mardi que le gouvernement « travaillait à un dispositif de tests ». « C’est catastrophique. Alors que l’Europe va s’ouvrir, l’Outre-mer reste fermé », déplore Jean-Pierre Mas.

 

« La situation est surréaliste, c’est une ineptie économique », estime également Gilbert Cisneros, président du voyagiste Exotismes, qui dénonce un contexte « purement électoraliste ». La situation pourrait se débloquer autour du 15 juin.

Publié par Céline Perronnet
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