Les Sporades lèvent le voile sur leurs richesses naturelles

La renommée de l’archipel des Sporades n’est pas à la hauteur de la richesse qu’il renferme. Perdues au nord de la mer Egée et donc préservées du tourisme de masse, ces îles grecques se découvrent à la voile au gré du vent et des envies… de criques paradisiaques, de végétation luxuriante ou d’escapades montagneuses.
Les Sporades. Un nom familier pour certains et inconnu pour beaucoup. Situé au nord et à l’est de l’île d’Eubée, l’archipel grandit dans l’ombre de son voisin, les Cyclades. L’accès aérien y est difficile et les structures d’accueil pour touristes, quand il y en a, peu développées. Qu’importe, au contraire, la navigation n’en sera que plus belle. Rien que l’immensité de la mer, le calme, la nature et quelques escales. C’est à Milina, petit port rattaché au golfe de Volos, que la compagnie maritime Sunsail a choisi de planter sa base et de nous emmener une semaine en mer partager sa passion. Comme chaque jeudi, les touristes britanniques affluent, pressés de prendre possession de leur monocoque. Une fois le briefing sur le bateau terminé, skipper ou non, chaque équipage allume le moteur, lève l’ancre et part retrouver la liberté. Maintenant le choix est vaste. Pour qui le désire, il est alors possible de ne pas croiser âme qui vive. A l’inverse, les trois principales îles des Sporades du Nord (Skiathos, Skopelos et Alonissos) accueillent volontiers à toute heure touristes et marins autour d’un verre d’ouzo et d’une assiette de mezze. Car là-bas, les habitants savent faire la fête et se détendre à l’image de la jeunesse décomplexée de Skiathos qui sirote, discute et danse dans les rues de la ville équipées de matelas, canapés et coussins colorés posés ça et là. L’image que tout voyageur se fait de cette partie de la Grèce se révèle chaque jour vraie à nos yeux de citadins. La vie insulaire est différente, apaisante, rythmée par le farniente qu’offrent ses plages paradisiaques, comme celle de Koukounariès, nichée entre pinède et lagune. Les ruelles escarpées de Skopelos procurent aux visiteurs une sensation de déjà vu : celle des cartes postales de vacances reçues depuis tant d’années. Ses dizaines d’églises se logent parmi les hautes maisons blanches, ornées de volets aux couleurs vives et de balcons fleuris. La ville, fascinante, est ancrée dans une baie semi-circulaire et se hisse au flanc d’une colline surmontée d’une forteresse en ruine. Le lever du soleil aux sons des clochers y est magique et plonge la ville dans une atmosphère mystique. En mer, la sensation est différente, planante. A trois reprises, des dauphins sont venus chatouiller la coque du voilier et nous faire une démonstration de leur grâce. Un arrêt sur image exceptionnel et à l’évidence bien trop court. Ce sont les maîtres des lieux, nous ne sommes que de simples visiteurs qui profitent chaque fois qu’ils le peuvent de leur univers. L’eau, turquoise et d’une température flirtant avec les 25°C, est un régal. Classées réserves historiques, les plages d’Alonissos sont les plus propres de la mer Egée. A proximité de l’une d’entre elles, baptisée Glyfa, se trouve le charmant petit port de pêche de Steni Vala. Quarante habitants y ont posé leur valise à l’année et vivent de la pêche et des recettes générées par les trois tavernes qui font face à la marina. Un peu plus loin, le calme est saisissant. Les huit îlots autour d’Alonissos sont inhabités et ont la particularité d’être dotés d’une faune et d’une flore très riches. Ce sont d’ailleurs ces eaux qui abritent la plus importante population de phoques moines, mammifères marins menacés d’extinction. Nous n’aurons pas eu la chance d’en apercevoir mais on les sait bien gardés, depuis la création en 1992 du parc maritime national d’Alonissos, qui veille à la survie de cette espèce et à celles d’autres animaux et plantes malheureusement de plus en plus rares.
Sunsail, une flotte de 1 200 voiliers au départ de 39 bases dans 22 pays
Sunsail International a débuté il y a plus de 26 ans par des écoles de voile et quelques bateaux exploités en location. Aujourd’hui, la compagnie, qui compte une flotte de 1 200 voiliers au départ de 39 bases et de 22 pays, constitue avec Crown Blue Line, Connoisseur et Emerald Star la division nautique de First Choice Holidays. Pour compléter la gamme de produits proposés, Sunsail compte également dix clubs, orientés essentiellement vers les sports nautiques, en Grèce, Turquie et sur l’île antillaise d’Antigua. En 2003, sur les 2 000 contrats de location conclus sur le marché français seuls dix ont été complétés par un séjour hôtelier car « l’anglais est l’unique langue pratiquée dans les hôtels clubs », souligne Elisabeth Durand, directrice commerciale chez Sunsail. Et parmi ce total, les réservations en agences de voyages traditionnelles se sont élevées à 20 dossiers. Un résultat bien mince qui s’explique par le fait que « les clients qui ont l’expérience de la navigation réservent en direct car ils n’ont pas besoin d’explications supplémentaires » et que « seuls les agents qui font eux-mêmes du bateau vendent le produit ». « En revanche, l’équipe de réservation passe tout le temps nécessaire au téléphone avec les agences pour leur fournir les explications qu’elles attendent », poursuit Elisabeth Durand. Sur le Web, la tendance est positive puisque les contrats de location ont doublé au premier semestre 2004 pour atteindre une trentaine de dossiers.

Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *