L’industrie du tourisme US s’organise pour coller à la reprise

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Un vent de reprise souffle sur les Etats-Unis. Désireux de rattraper les bénéfices perdus ces deux dernières années, les professionnels américains montent au créneau, bien décidés à occuper le terrain, allant jusqu’à intervenir sur les nouvelles procédures d’entrée sur le sol américain ou sur la promotion de leur pays à l’étranger.
Comme nous vous l’expliquions récemment, le TIA (Travel Industrie Association) n’a obtenu du Congrès « que » 6 M$ à dépenser pour assurer la promotion des Etats-Unis à l’étranger… et naturellement pas un cent ne sera alloué au marché français. En investissant cette enveloppe sur les marchés britannique, japonais et brésilien, la TIA ne prend pas en compte le potentiel clients de notre pays. Heureusement, cet avis – infondé : il suffit de regarder les chiffres – n’est pas partagé par tous. Ainsi, plusieurs villes et certains États américains ont débloqué des fonds « individuellement » afin de s’assurer une représentation en France. C’est le cas de la Floride, du Maine et de l’État de Washington, mais aussi de la Nouvelle-Orléans, de Philadelphie, San Francisco, Miami, Las Vegas et New York plus récemment. « Une étude interne démontrait que la France disposait de tous les atouts pour figurer comme un important marché émetteur pour notre ville, à commencer par une liaison aérienne directe depuis Paris avec US Airways et un intérêt culturel de cette population pour nos musées. Nous nous devions d’être représentés dans ce pays », explique Sam Rogers, directeur du Convention & Visitors Bureau (CVB) de Philadelphie, qui note des chiffres de fréquentation en hausse de 40% depuis deux ans de présence à Paris. Même constat de la part de Deborah Reinow, directrice du CVB de San Francisco : « Les Français ont toujours adoré notre ville, qu’ils trouvent, dit-on, très européenne…et nous adorons les Français. » « Cela fait deux ans maintenant que le bureau Cellet nous représente auprès des professionnels français et cela à notre plus grande satisfaction », ajoute-elle. En témoignage de sa confiance, la directrice annonce la présence de San Francisco pour la première fois au prochain Top Résa. Rappelons qu’après le 11 septembre, la plupart des budgets destinés à la promotion à l’étranger ont été gelés. Des projets d’ouverture de bureau à Paris ont été abandonnés. Cette année, la donne est en train de changer : les touristes sont de retour en nombre et la reprise s’installe! Cela suffira-t-il pour convaincre d’autres villes de faire parler d’elles en France ? Probablement. Les noms de Chicago, Minneapolis et Dallas circulent déjà.
New York va investir 200 000 $ sur la France
Après avoir longtemps profité de sa notoriété internationale, qui fait d’elle la première ville touristique des Etats-Unis, New York entend cette année changer de stratégie et davantage communiquer sur ses nouveautés. « À l’inverse d’une ville comme Las Vegas, dont le CVB profite des taxes prélevées sur les chambres d’hôtels, nous ne disposons que d’un maigre budget pour assurer la promotion et le fonctionnement de notre bureau », se justifie la directrice Crystine Nicholas. Avec 14 millions de dollars, New York n’a pourtant pas a rougir de son budget : celui-ci représente plus du double de celui qui est investi par son propre pays sur l’ensemble des marchés internationaux – à croire que le gouvernement américain se moque éperdument du tourisme. Bref, de ces 14 M$, 200 000 environ seront destinés au marché français cette année. « En 2002, avec 217 000 visiteurs, le nombre de Français était descendu à son plus bas niveau depuis 1997 (276 000 pax). Je n’ai pas encore les chiffres de 2003, mais c’est encore plus mauvais. En 2004, toutefois, les Français sont de retour et nous espérons une progression de 7% », analyse la directrice, qui entend séduire les frenchies avec de nouvelles formules de shopping (effet euro/dollar), de nouveaux quartiers à découvrir. « Je voudrais les faire sortir de Manhattan », ajoute-t-elle. Ces arguments pourraient bien fonctionner auprès d’une clientèle « généreuse » qui a dépensé en 2002 près de 195 M$ (soit environ 100 $ par jour et par personne), occupant la seconde place du podium derrière les Britanniques.
L’arrivée du passeport biométrique repoussée à l’année 2006 ?
Les procédures d’entrée sur le territoire américain se précisent et se durcissent. Désormais, à partir du 30 septembre 2004, tous les voyageurs se rendant aux Etats-Unis – y compris ceux qui étaient jusqu’ici exemptés de visa – devront se laisser prendre en photo et se plier au rituel des empreintes digitales lors du passage de l’immigration. Notez que cette procédure sera appliquée à l’arrivée comme au départ des voyageurs dans plus de 115 aéroports et 14 ports du pays. Ensuite, concernant le passeport « à lecture optique » (code barres), celui-ci deviendra obligatoire pour tous, y compris les enfants, à partir du 26 octobre 2004. Attention, aucun autre document ne sera accepté après cette date. Par ailleurs, refusant l’instauration du passeport biométrique (empreinte rétinienne et digitale) initialement prévue pour le 26 octobre prochain, les hautes instances américaines du tourisme ont demandé au Congrès, en mars dernier, un délai supplémentaire de deux ans. « Soyons sérieux, aucun pays ne sera prêt à émettre de tels passeports en octobre. Nous sommes nous-mêmes toujours en phase expérimentale », dénonce William Norman, président de la TIA (Travel Industrie Association). Entendu et soutenu par le secrétaire d’État Colin Powell, il se pourrait bien que le passeport biométrique ne soit plus à l’ordre du jour avant décembre 2006. Enfin, bien décidée à obtenir une réponse favorable du Congrès, la TIA rappelle de telles procédures pourraient avoir des conséquences graves. « Si les touristes décidaient d’aller ailleurs cette année encore, c’est toute l’économie américaine qui en souffrirait. Plusieurs milliards de dollars sont en jeu ainsi qu’une baisse significative de l’emploi dans l’un des secteurs les plus dynamiques de notre économie. ” A bon entendeur…
MA – Télex – 2129 signes  5/05/04 – 15:54 – 3
Deux nouvelles taxes à New York et Miami
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Agenda
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Le 11 mai prochain, San Francisco fêtera le 100e anniversaire de la naissance de Salvador Dali en exposant durant deux semaines au San Francisco Concourse Exhibition Center plus de 600 œuvres de l’artiste : peintures à l’huile, aquarelles, dessins, sculptures, tapisseries et 2 400 objets rares et insolites lui ayant appartenu. Informations sur le site dali100.com.
En bref
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Star Alliance lance le North American Airpass
Star Alliance propose aux non-résidents américains, canadiens et mexicains le North American Airpass qui permet de choisir parmi 325 destinations de 21 pays et de voyager dans 10 d’entre eux avec un seul et même billet. Cet « airpass » ouvre aux voyageurs les portes des Etats-Unis, du Canada, du Mexique, des Bermudes et des Caraîbes à partir de 399 $ pour 3 coupons (minimum) et jusqu’à 1 099 $ pour 10 coupons (maximum). Ces prix s’entendent hors taxes aéroports et frais de réservations. Les compagnies partenaires de l’opération sont Air Canada, United et US Airways. Détails sur le site staralliance.com.
Burdines-Macys offre des réductions aux Français
Dans le cadre de sa fusion avec les magasins Macys de Floride, les centres commerciaux Burdines lancent un passeport « Réductions » pour les amateurs de shopping étrangers. Édité en français, ce document (disponible auprès des TO, de certaines agences de voyages ou sur place) permet d’obtenir 11% de réduction à chaque achat réalisé sur presque tous les articles en magasin.

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