Manifestations en Inde: les touristes français, anglais et américains appelés à la prudence

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Le Département d’Etat, le Foreign Office et le Quai d’Orsay ont émis un avis destiné aux voyageurs dans le nord-est de l’Inde. Depuis une semaine, des manifestations se déroulent contre l’amendement sur la citoyenneté (CAA). La contestation se concentre autour d’importantes universités musulmanes.

 

De violentes manifestations contre le Citizenship Amendment Act (CAA) traversent l’Inde depuis dimanche. Les violences et manifestations ont éclaté dans 6 Etats du nord-est du pays (Assam, Tripura, Meghalaya, Manipur…) ainsi qu’à Delhi, la capitale, dans l’Uttar Pradesh, le Bengale-Occidental et le Maharashtra. La contestation s’est déployée autour et dans une trentaine d’universités dont la Jamia Millia Islamia University (Delhi) et Agarh Muslim University (UP).

 

Des heurts ont opposé étudiants et forces de l’ordre notamment dimanche dernier. Des couvre-feux ont été décrétés dans plusieurs villes du nord-est et les communications bloquées sur Internet en Assam et dans le Bengale-Occidental. Dans le Sud, des oppositions se sont aussi manifestées. Au Kerala, une centaine de personnes a été arrêtée. Au Tamil Nadu, des rassemblements ont protesté contre la nouvelle loi.

 

Recommandations de prudence pour les voyageurs

Vendredi 13, le Département d’Etat a mis en ligne une « alerte voyage » concernant l’Inde. Les ressortissants américains sont depuis invités à éviter les zones de manifestations et se tenir informés via les médias locaux. Le site US précise que le gouvernement américain a suspendu tout déplacement officiel dans l’Etat indien d’Assam.

 

Pour les Britanniques, le Foreign Office a mis à jour ses conseils aux voyageurs sur l’Inde le 16 décembre. Le ministère met en garde contre d’éventuelles perturbations (disruptions) dans l’ensemble du pays. Il recommande la prudence, la veille à travers les médias locaux et le suivi des instructions des autorités locales. Le FCO rappelle que près d’un million de Britanniques visitent l’Inde chaque année (940.000 en 2017).

 

Le Quai d’Orsay a suivi de quelques heures le Foreign Office. Sur son site de Conseils aux Voyageurs, le ministère des Affaires étrangères français recommande de « rester à l’écart des rassemblements et respecter les consignes des autorités locales« . Il rappelle que les conditions de circulation « dans les grandes villes, en particulier dans le Nord-Est et à New Delhi » peuvent être affectées par les manifestations en cours.

 

Une loi en faveur des minorités ou contre l’islam

De quoi s’agit-il? Mercredi 11 décembre, le Parlement indien a voté un amendement à la loi sur la citoyenneté, CAA. Il vise à accélérer le processus de régularisation pour les personnes originaires du Pakistan, du Bangladesh et d’Afghanistan. A condition que ces migrants présents sur le sol indien avant 2015 appartiennent à des minorités hindoue, sikh, jain, bouddhiste, chrétienne ou parsi.

 

Cette loi a aussitôt été qualifiée d' »antimusulmane ». A ceux qui protestent et accusent le gouvernement indien de politique discriminatoire, le Premier ministre, Narendra Modi, a répondu que les musulmans n’étaient pas des minorités dans les pays mentionnés. Un recours a été déposé devant la Cour suprême indienne pour contester la constitutionnalité de cette nouvelle loi.

 

L’Inde est une république laïque par sa constitution. L’islam est la deuxième religion en Inde. Avec quelque 200 millions de musulmans, c’est le deuxième pays musulman après l’Indonésie.  Le Premier ministre Narendra Modi a été réélu en mai 2019. Son parti, le BJP (Bharatiya Janata Party), a obtenu 303 sièges sur les 545 de la chambre basse du Parlement indien.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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