Martinique : L’île mise sur le tourisme vert et l’accueil des croisiéristes

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Face à la baisse de fréquentation depuis trois ans et à la concurrence des Caraïbes espagnoles, les professionnels martiniquais cherchent à attirer de nouveau les touristes,. Certains s’apprêtent à lancer au printemps 2004 une formule « en toute liberté » incluant hôtels à la carte, excursion maritime ou terrestre et location de voiture. D’autres tentent de promouvoir le nord et l’intérieur de l’île, encore trop méconnus, en développant des séjours « chez l’habitant », avec découverte des exploitations agricoles (agritourisme), excursions personnalisées (tourisme vert) et gastronomie.
La venue du Queen Mary 2 à Fort-de-France en ce 4 février 2004 comme première escale française était à coup sûr un événement pour la Martinique. Un événement médiatique d’abord, mais aussi et surtout un événement économique. Car depuis quelques années, la Martinique était délaissée par les paquebots de croisière, étrangers pour la plupart. Avec ses neuf escales prévues cette année en Martinique, le Queen Mary redonne espoir aux professionnels du tourisme. D’autant que la chambre de commerce martiniquaise prévoit de rajouter un terminal croisière à l’aéroport de Fort-de-France, et devant la forte demande de vols interrégionaux, envisage même la construction d’une nouvelle aérogare régionale. Autant d’atouts supplémentaires pour attirer les TO et les compagnies aériennes, charters ou régulières, en Martinique. Ainsi Corsair a relancé depuis le 24 décembre dernier, pour une période de dix semaines, les vols entre Brest et Fort-de-France (en double toucher au départ de Paris) : ils n’ont pas désempli. La demande est donc bien là, reste à la satisfaire. Les professionnels du tourisme martiniquais se sont rassemblés depuis le 1er janvier sous l’appellation commune de Comité martiniquais du tourisme (CMT), en remplacement des deux organismes départementaux et régionaux antérieurs. Ils ont décidé de s’unir pour relancer le tourisme, notamment étranger (pour l’instant 85 % vient de métropole), en baisse constante depuis 2001, et de mieux cibler leur clientèle. Pour cela ils font de plus en plus appel à des réceptifs locaux initiateurs de projets originaux, plus axés sur le tourisme vert. Ainsi Caraïbe Toucouleurs cherche à promouvoir les échanges entre le nord et le sud. Cette ancienne association, devenue SARL, propose aux touristes de les héberger dans des gîtes « chez l’habitant » (700 lits au total), avec le choix entre la formule « gîtes éclatés », qui conjugue visite du sud et du nord de l’île et comprend hébergement et petit-déjeuner (produits locaux) ainsi que des circuits découverte et des randonnées ; la formule « en toute liberté », avec uniquement l’hébergement ; et enfin, la formule « séjour à thème » (autour de la plongée, de la randonnée, etc.) vendue par l’intermédiaire d’agences de voyages depuis la métropole. Cet accueil plus personnalisé des touristes, qu’ils soient en groupes ou en individuels, sous forme de « vacances à la carte » plaît apparemment beaucoup. La demande n’a d’ailleurs pas cessé d’augmenter, et les trois fondateurs Léon Tisgra, Guy Sila et Sylvie Hejl ont recruté deux autres personnes, pour s’occuper des contacts avec les hébergeurs et les loueurs. Eux-mêmes accueillent les touristes toute l’année dans leur site agritouristique du Hameau du Morne des Cadets, situé près de l’observatoire, à Fonds-Saint-Denis, dans le nord de l’île. Ils proposent gîte et table d’hôte, dans un cadre exceptionnel face à la montagne Pelée, et la visite de leur exploitation biologique et de leur jardin créole. Ils initient leurs clients à la gastronomie antillaise, aux cocktails à base de rhum, à la musique antillaise et à tout ce qu’ils voudront savoir sur la culture et les traditions de l’île. Et leur font rencontrer des « gens du cru », pêcheurs et agriculteurs, en organisant des randonnées découverte, ainsi qu’une excursion en bateau (chaque samedi) le long de la côte caraïbe : départ de Fort-de-France avec la compagnie Somatour, visite de Saint-Pierre en petit train, dégustation de rhum à la distillerie Depaz, repas au Hameau (produits issus de l’exploitation bio) et après-midi détente, avec un détour par l’observatoire (vue à 360 degrés sur tout le nord de l’île) avant de repartir, en bateau, via Saint-Pierre.
Excursion en 4 x 4 à la découverte du centre de l’île
Un bon moyen pour découvrir le centre de l’île, loin des images cartes postales de plages de sable blanc bordées de cocotiers… La société LTS Transports, et son responsable Laurent Lorto, proposent des journées complètes en 4 x 4 avec circuit découverte de l’intérieur de l’île. Passages de gués, commentaires sur la flore alentour avec les parfums des fleurs et des épices, visite d’une pépinière en compagnie de Jeanne-Philippe Victoire la responsable de l’exploitation (qui propose aussi des gîtes ruraux) au Gros-Morne, et découverte de sa bananeraie, sans oublier l’indispensable dégustation de ti punch, jus de coco… Arrêt à un atelier de « sculpture sur fougère » chez les rastas dans la forêt vierge, avant de partir déjeuner sur le littoral, au Poisson Rouge (sur la commune du Diamant) ou, si on a le temps d’aller plus au nord, à Grand-Rivière, Chez Tante Arlette, pour déguster sa fameuse « marmite du pêcheur », servie avec serviette autour du cou ! L’après-midi, au choix : retour par la côte caraïbe, avec balade et arrêt sur l’une des magnifiques criques des Trois-Ilets, des Anses d’Arlet, ou de Sainte-Luce (plus au sud) ; ou par la côte atlantique, pour découvrir la beauté incomparable de la presqu’île de la Caravelle, sa réserve naturelle protégée, ses plages de surf, les ruines du château Dubuc et la vue panoramique depuis le phare qui la surplombe. Le soir, un repas bien mérité au Mareyeur, restaurant typiquement créole de Fort-de-France, clôt une escapade à travers des lieux méconnus de l’île !
Une journée « loisir, rhum, et farniente »
Pour des clients qui préféreraient rester sur les circuits touristiques plus balisés, on peut proposer d’embarquer à la commune du François à bord de bateaux de pêcheurs pour les îlets en face : îlet Oscar, îlet Thiery, îlet Long… Manu Antiste, à la fois réceptif et pêcheur, embarque ses clients sur sa yole à moteur et leur fait faire le tour des îlets jusqu’à la célèbre « baignoire de Joséphine » (du nom de Joséphine de Beauharnais qui était créole), un trou d’eau turquoise peu profonde où l’on peut se baigner tout en buvant son ti punch et en dégustant des boudins antillais ! Dépose sur l’un des deux îlets, repas de pêcheur avec acras, langoustes grillées et bananes flambées, et sieste sur la plage… ou plongée en apnée. Retour sur la barque de Manu qui sait mettre les touristes à l’aise en leur racontant l’histoire de l’île et ses anecdotes. Pour ceux qui voudraient prolonger le séjour dans cette partie de l’île, l’hôtel-restaurant La Riviera, au François, a les pieds dans l’eau, et une vue imprenable ! L’après-midi, une visite à l’Habitation Clément, la plus ancienne demeure coloniale de l’île, entièrement rénovée et transformée en musée, avec découverte de la distillerie de rhum Clément, et dégustation de leur fabuleux rhum vieux, remettra d’aplomb les plus paresseux ! Enfin, le soir, pourquoi pas une soirée à l’Imprévu, restaurant de la commune du Carbet, où l’on danse le zouk (la danse créole) en dégustant des plats antillais ? On y boit du rhum de la distillerie locale, le rhum Neisson, un autre excellent rhum, très apprécié des Antillais…
Comment s’appelle le plus haut sommet de l’île ?
La montagne Pelée (1 397 mètres) au nord, il s’agit d’un volcan.
Quelle est la superficie de la Martinique ?
Près de 1 100 km2 avec 60 km de long pour 30 km de large environ.
Quand a lieu la saison des pluies ?
De juillet à novembre tandis que février, mars et avril sont les mois les plus secs.

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