Séisme en Italie : L’Aquila, bientôt 10 ans…

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Le 6 avril 2009, un séisme de magnitude 6,3 dévastait la capitale des Abruzzes. La nature humaine étant ainsi faite, le drame a suscité une curiosité pour cette province jusque là délaissée, à tort, par les touristes. Et la région compte bien en tirer profit. 

Une destination en devenir probable, inédite en tout cas

L’Aquila, place Battaglione Alpini. La première chose que l’on voit en arrivant ici, c’est un immeuble emmailloté de bâches…. et des chiens. Deux symboles d’une ville en reconstruction dont la quasi-totalité du centre historique a été ruiné et qui a laissé des dizaines d’animaux orphelins de leurs maîtres, réfugiés sur cette place où la mairie leur a installé des niches sur un bout de pelouse.

 

Neuf ans après le séisme, le leitmotiv martelé à tout crin sur les façades à échafaudages de la ville, « L’Aquila Rinasce » (L’Aquila Renait), tarde à se concrétiser. Car la renaissance s’appuie sur des aides et des marchés publics dont l’Italie du Centre et du Sud sait depuis toujours, hélas, ralentir ou détourner l’usage.

 

Après le deuil – 309 habitants de la cité ont péri lors du séisme -, la lenteur des travaux a exaspéré les milliers de victimes relogées dans des immeubles antisismiques vite et souvent mal bâtis, en périphérie et dans les communes voisines.

 

« Depuis le tremblement de terre, les gens vivent séparés et les structures sociales de la ville ont explosé », témoigne Stefano Filauro, de l’agence incoming Abruzzo. Le paradoxe de cette cité abattue – au propre comme au figuré –, passée de 75 000 à moins de 65 000 habitants, est la curiosité que le séisme a provoqué. Soudain, des Romains, à 2h de route, sont venus voir le désastre et ont découvert sous les ruines une cité jadis prospère.

Car la capitale administrative de la région des Abruzzes, au cœur de la chaine des Apennins, n’est pas l’épicentre de ce territoire arriéré de briganti que l’imagerie populaire italienne trimballe depuis l’unification du pays, à l’instar des Pouilles et du Basilicate.

 

Au fil des siècles, L’Aquila a connu le négoce de la laine sous les Médicis, l’occupation normande, espagnole, sicilienne… Un fort, des palais, des églises baroques ont poussé dans cette cité marchande. Aujourd’hui à moitié reconstruits, à l’image de l’église Anime Sante, ces édifices projettent une autre image de la ville. L’Aquila veut s’embellir, elle enterre ses lignes électriques, utilise des matériaux anciens… Dans dix ans, elle sera magnifique.

 

La province l’est déjà. Et les autorités ont senti le bénéfice qu’elles pourraient tirer de la notoriété issue du drame, pour attirer les visiteurs et relancer l’économie. « Nous voulons montrer que les Abruzzes sont une région de gastronomie, de nature, de ski… C’est la seule d’Italie à posséder quatre parcs naturels », ajoute Stefano Filauro.

 

Nous n’avons pas la place ici de détailler ce que nous avons vu. Mais pendant quatre jours, nous avons arpenté cette province âpre et désolée, sillonné la terre calcaire à moutons, visité des villages éperons en forme de forteresses médiévales (Scanno, Santo Stefano di Sessánio…), découvert des chapelles romanes étonnantes (San Pelligrino, Santa Maria Assulta), traversé des gorges profondes (Sagittario), gravi des routes de cols, investigué une grotte (di Stuffi), entendu parlé du loup et de l’ours, approché les stations de ski d’Ovindoli et de Campo Felice, vu l’antique chemin de la Transhumance (aujourd’hui parcours VTT), admiré les sommets enneigés sous la brume, dégusté des plats truffés et safranés, dévoré des brochettes de moutons divines (arrosticini), pénétré dans un vestige romain incroyable (Lago Fucino, à Avezzano).

 

Bref, les Abruzzes, pour qui veut échapper à la foule de la Toscane ou de Rome, avec ses B & B villageois et ses restaurants de terroir, est une destination en devenir probable, inédite en tout cas pour les fans de pleine nature, de pastoralisme et de ski.

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