Sri Lanka : les touristes doivent demander l’autorisation pour aller au nord

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On avait cru comprendre que tout le territoire sri lankais était entièrement ouvert au tourisme. Les TO français étaient d’ailleurs plutôt contents en cette rentrée 2014 de présenter des programmes complets sur le Sri Lanka intégrant une excursion dans le nord à Jaffna. Mais la donne a un peu changé.
 Le 15 octobre, le ministère de la Défense du Sri Lanka a annoncé que les visiteurs étrangers doivent soumettre une demande d’autorisation pour pouvoir voyager dans le nord. Ils devront "préciser l’objet de leur voyage". L’autorisation devrait leur être accordée dans les deux à trois jours selon TTG Asia mais ils ne peuvent pas circuler sans.
 
L’origine de cette mesure serait d’ordre sécuritaire. Selon un porte-parole de l’armée, le gouvernement aurait eu des informations sur "des étrangers qui tenteraient de semer la discorde entre les communautés ethniques".
 
Les agences réceptives ont d’abord cru qu’il s’agissait d’une mesure temporaire due à la réouverture de la liaison ferroviaire entre Colombo et Jaffna. Le 13 octobre, en effet, le président du Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa, est venu en personne procéder à l’inauguration de cette reprise. Depuis la semaine dernière, le train Queen of Jaffna Express parcourt à nouveau les 350 km de voie ferrée qui n’étaient plus en service pendant la guerre civile entre le gouvernement central et les Tigres tamouls.
 
"Les restrictions (de circulation dans la région) ont toujours existé depuis la fin de la guerre en 2009", a expliqué un porte-parole de l’armée, M.Wanigasooriya cité par TTG Asia. "Elles étaient appliquées moins rigoureusement mais pas annulées."
 
Sur le site du ministère des Affaires étrangères français, une note de dernière minute dans les Conseils aux Voyageurs indique depuis le 16 octobre que le Sri Lanka demande une autorisation préalable de voyager dans le nord. Détails ici. Quelque 64.000 touristes français se sont rendus au Sri Lanka en 2013.

Un contexte national et international encore délicat
Le conflit commencé officiellement en 1983 s’est soldé en 2009 par l’écrasement des séparatistes tamouls par l’armée du gouvernement à majorité cinghalaise bouddhiste. Au mois de mars 2014, l’ONU a voté une résolution afin de réaliser une enquête sur les violations des droits de l’homme "commis par les deux parties au Sri Lanka" entre 2002 et 2009. Le gouvernement sri lankais qui a nommé sa propre commission d’experts refuse aux émissaires de l’ONU l’entrée sur son territoire et les refoule au mois d’août.

Pour le mois de janvier 2015, le pays prépare deux événements majeurs : une élection présidentielle anticipée à laquelle M. Rajapaksa serait candidat à sa propre succession et la visite du pape François du 12 au 15 janvier. Le pays compte 7% de catholiques, 68% de bouddhistes, 16% d’hindous et 9% de musulmans.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions

  1. Bonjour, merci pour votre excellent article qui explique bien la situation. Pour nous, étrangers, qui résidons au Sri-Lanka c’est aussi de l’incompréhension et de la colère. Le Président craint des attentats terroristes et des tensions entre les communautés religieuses (ce n’est pas nouveau). Je pense que ce mois de janvier 2015 va être très difficile. Prévenez vos touristes.

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