Tamanrasset : Voyage dans le sud algérien à travers ses paysages de désert

Destination

Le Hoggar, un nom évocateur pour le voyageur épris d’aventure et d’immensité désertique. Tamanrasset est la porte d’entrée de cette partie du Sahara algérien qui a connu un coup de projecteur médiatique après l’enlèvement de touristes européens l’an dernier. Mais des agences locales ont décidé d’unir leurs moyens avec Air Algérie pour inciter de nouveau les visiteurs à parcourir la région en toute sécurité. Les touareg ont maintenant souvent troqué le chameau pour un 4X4 mais la balade est toujours un dépaysement inoubliable.
Chacun connaît le vieux dicton selon lequel l’union fait la force. A Tamanrasset, il semble qu’il n’ait jamais été aussi bien suivi. Car c’est la conjugaison des efforts logistiques d’un collectif d’une vingtaine d’agences de voyages (sur la soixantaine présente en ville), avec ceux d’Air Algérie, qui ont permis à une poignée de journalistes spécialisés dans le tourisme de se retrouver du 3 au 7 décembre dans la wilaya de Tamanrasset. Ce voyage avait en effet pour mission de « promouvoir l’activité touristique », en berne depuis la prise d’otages de mars dernier (le Quai d’Orsay a en effet placé la région en zone rouge, au grand dam de la population, mais doit de nouveau statuer ce mois-ci). Les voyageurs invités devaient pouvoir observer de visu que la région offre bien les garanties d’une zone totalement sécurisée. Car si on est loin de cette période funeste (1993-00) où le tourisme ne faisait plus un dinar de recette, cet incident récent a remué le spectre d’une nouvelle crise, à laquelle personne ne veut croire ici. Chacun au contraire veut se souvenir de l’année 2002 et de ses chiffres records : 8 000 touristes à Tamanrasset ! Ainsi, même si ça n’est que timidement, la saison, qui va d’octobre à avril, a bien repris (Air Algérie affichait d’ailleurs complet pour la fin d’année) nous explique Nicolas Loisillon, qui fut l’un des pionniers à faire découvrir la région avec l’agence Explorator. Moktar Zunga de l’agence Akar Akar, qui nous accueille dans son charmant relais saharien d’Outoul, précise que s’il ne peut y avoir un douanier sur les 1 200 kilomètres frontaliers, « toutes les régions que nous présentons sont à 100 % sécurisées ». Et Nicolas Loisillon d’ajouter que les autorités connaissent non seulement chacun des itinéraires des treks qui sillonnent la région, mais aussi le nombre des voyageurs, leur nom ainsi que leur nationalité. En matière de sécurité, rien ne semble omis. Mais voici enfin le départ de la petite troupe. La soif d’espace est déjà en bouche. A la sortie de Tamanrasset, la piste traverse quantité de paysages qui ne cesseront de se renouveler. Depuis deux ans, la pluie est généreusement tombée ; c’est pourquoi, les oueds abritent quantité de broussailles et d’acacias encore verts, dont l’ombre dispensée est idéale pour les déjeuners sur les tapis touareg. La nourriture est simple, et à base de légumes frais. On replie. Les 4×4 vont bon train et nécessitent un étonnant savoir-faire de leurs pilotes touareg. La première nuit passée à In Akacheker marquera les esprits, tellement le lieu – un point dans le désert marquant une étape pour un itinéraire – semble abriter des châteaux ou plutôt leurs vestiges, le sable ayant sculpté la roche aux teintes marron clair en lui donnant la forme de ruines. Le lendemain, cap sur Youf-ahakit, une zone où les pierres ont d’étonnants aspects anthropomorphiques. Nous arrivons dans le Tassili du Hoggar, un vaste plateau gréseux qui enchante par l’alternance des paysages désertiques : tantôt du sable, tantôt des cailloux et même des pitons rocheux. Puis on pénètre dans le Ténéré pour contempler les gravures rupestres au niveau du oued de Tin Tarabine. Le soleil darde généreusement sur le sol cru presque blanc de cette immense plateau sec. Lors du second bivouac à Yoûf Aghlal, c’est l’occasion de manger la fameuse tagella, une galette de semoule typique, avant de se régaler, le lendemain, des légumes et fruits du jardin édénique de Kadi, l’un des meilleurs guides de la région qui vit toujours dans le désert près de son puits. Le dernier soir, un grand dîner sera donné chez Moktar autour d’un couscous maison. L’ambiance est excellente, et chacun ne tarit pas d’éloges sur les conditions et les plaisirs de ce voyage. On se quitte fort tard, touchés par l’hospitalité des habitants, et déjà nostalgiques de ces grandes orgues de pierre et de ces blonds horizons.
Le tourisme saharien se décline en treks, circuits et découverte culturelle
Si on excepte les différents pèlerinages tel celui de l’ermitage du père de Foucauld à l’Assekrem, on peut faire commencer le tourisme saharien au début des années 70. Les trois agences pionnières du Sahara furent Terres d’aventure (www.terdav.com), Hommes et montagnes (www.hommes-et-montagnes.com) et Explorator (01.53.45.85.89). On peut encore citer les agences Nomade-aventure (www.nomade-aventure.com), Déserts (www.deserts.fr), Atalante (www.atalante.fr) qui elles aussi offrent d’excellents circuits. Cependant dans un marché qui attire un nombre croissant de TO, les attentes des voyageurs évoluent ; ainsi une nouvelle approche a vu le jour dans les années 90 avec des agences telles que Clio, ou Terres de charmes qui ont choisi de mettre l’accent sur l’aspect culturel. Avec Internet se développe enfin un autre type de voyage, celui d’une clientèle directe, qui cherche à toucher l’agence locale sans passer par un TO. Un site qui proposera les différents services des agences de Tamanrasset est d’ailleurs en cours… A suivre.
Air Algérie :
La compagnie ne ménage pas ses efforts pour promouvoir l’Algérie, et son sud saharien, considéré comme la Mecque touristique du pays. Un investissement de 650 millions de dollars a en effet été débloqué dans le cadre du renouvellement de sa flotte. Ont ainsi été achetés 5 gros porteurs Airbus A330-200, 6 avions ATR et 3 Boeing 737-800 moyens porteurs. Après les Français, la plus importante clientèle est italienne, puis suisse et allemande, tandis que le marché s’ouvre à l’Espagne. Air Algérie est la seule compagnie à avoir conservé ses lignes directes sur Tamanrasset et Djanet, les deux grandes villes du désert algérien; avec un vol le samedi pour un retour le dimanche.
1) Sur quels pays s’étend le Sahara ?
Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali et la Mauritanie.
2) Où se trouve le point le plus haut d’Algérie ?
Dans le massif du Hoggar, c’est le Tahat (2 918 mètres).
3) Qu’appelle-t-on une willaya ?
Une division administrative de l’Algérie ; il en existe 48.

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