Thaïlande : Un pays voluptueux où l’aventure est douce

Destination

Depuis deux ans, l’Asie souffre. La blessure s’est ouverte le 13 octobre 2002, après l’attentat de Bali et ne s’est pas refermée depuis. Choqués et même effrayés par cet acte terroriste, les touristes boycottent toujours l’Indonésie et délaissent ses pays voisins. C’est le cas de la Thaïlande qui doit redoubler d’effort de communication pour rassurer les visiteurs. Des efforts entachés par les épidémies du Sras hier et de la grippe aviaire aujourd’hui. Loin d’être aussi frileuses que leurs clients, quelques agents se sont rendus sur place, sur l’invitation d’Asia et de Thaï Airways.
Frileuses elles ne le sont pas. D’ailleurs, ce voyage très orienté nature et aventure n’aurait pas convenu à des « peureuses ». Car en bon spécialiste de l’Asie et plus particulièrement de la Thaïlande, Asia leurs avait concocté un programme riche en découverte, en émotions et en rencontres. La première, certainement la plus marquante pour tout le monde, restera celle organisée avec la tribu Lisu. Peuple du nord originaire du Tibet, les Lisus sont reconnaissables à leurs beaux costumes colorés et leur sens indéniable de l’accueil. Discrètes et souriantes, ceux sont les femmes qui bien souvent gèrent les affaires. D’ailleurs, quelque chose me dit qu’elles n’ont pas été totalement étrangères aux négociations menées entre le chef du village et Asia lorsque ce dernier rachetait une parcelle de terrain en lisière de leurs habitations. Très vite adopté par la population, le voyagiste y a fait construire dans la tradition locale un Lodge dont la gestion est assurée par une Thaï et le service par les villageois. Composé de 4 grandes maisons sur pilotis abritant chacune 6 chambres aux murs de bambous tressés et aux toits de chaume, le Lodge s’ouvre sur des rizières. Un paysage idyllique que le groupe apprécie à chaque repas dont les menus sont exclusivement composés de mets typiques et 100% bio. Nul besoin de vous préciser que les deux nuits passées en compagnie de cette tribu resteront pour toutes, une expérience unique. Ce sentiment de privilège, elles le retrouveront plus tard au Lana Farm, une maison thaïe tout en bois de teck. Là, le temps d’une après midi, les filles apprendront dans la plus pure tradition à sculpter les légumes…tout un art que seule Laura de Leclerc Voyages à Saint Médard en Jalles aura su maîtriser. Bluffant pour le coup son professeur mais aussi le chauffeur du mini bus qui l’aurait bien épousé! En marge de ces moments de détente et d’échange, Asia avait naturellement prévu un contact direct avec l’environnement local. Mission accomplie pour le TO qui dans la même journée, permettait à son groupe d’affronter la jungle touffue… à dos d’éléphants et de faire une course en raft. Emotions garanties. Avant de quitter Chang Mai, verdoyante cité baptisée « la rose du nord », le second arrêt shopping (après Bangkok en début de séjour) entame un peu plus le budget de ces dames qui doivent en sauvegarder une partie pour le célèbre marché de nuit de Phuket, la prochaine étape. C’est en effet sur cette presqu’île que l’on ne présente plus que le périple s’achève. Logé au Méridien Phuket Beach Resort, le groupe dînera rapidement au très select Méridien Yacht Club avant de se rendre en pick-up (12 filles dans le même véhicule, record battu) dans le quartier animé de Patong. Mais ce soir là, le centre ville déçevait quelque peu. La turbulente vie nocturne qui a fait sa réputation n’est plus. En tous cas pas lors de notre passage. Les bars étaient peu fréquentés, les étrangers en nombre limité et l’ambiance pas vraiment au rendez-vous. Le lendemain, les sourires éclairent à nouveau les visages de nos agents qui passent une journée de rêve à bord de la June Batra, une jonque traditionnelle propriété d’Asia. Au programme, bronzage, pique-nique, baignade et visite du village musulman sur pilotis avec comme décor de fond, les pains de sucres émergeants de la Baie de Phang Nah. J’oubliais! A leur arrivée à Bangkok, les filles avaient passé la nuit à bord de la Mekhala, une jonque-hôtel fierté d’Asia qui remonta le Chao Phraya jusqu’à Ayuthaya ancienne capitale du royaume. Le retour vers l’aéroport est pénible. Aucune d’entre elle ne veut rentrer -on le comprend-. « Je n’imaginais pas qu’on pouvait faire autant de chose en Thaïlande » conclut Najoua de l’AGOSPAP à Paris.
Grippe aviaire: les touristes sont moins inquiets que pour le Sras
L’hiver dernier, la panique consécutive à la pneumonie atypique avait littéralement vidé les avions et les hôtels de la zone Asie du sud-est. John Koldowski , directeur de la Pata (Pacific Asia Travel Association) estimait alors la baisse du nombre de visiteurs à 10M. Un manque à gagner énorme pour la Thaïlande dont la première source de devises étrangères est le tourisme. En Franc, les Tour opérateurs spécialisés sur la Chine, le Viêt-nam, la Thaïlande et même l’Indonésie avaient vu du jour au lendemain les réservations de séjours et de circuits se raréfier. Certains nous confiaient même alors, n’avoir pas enregistré de commande depuis plusieurs semaines. Pour eux également le bilan 2003 allait être lourd de conséquence. Mais sans avoir eu le temps de chiffrer les pertes voilà qu’ils doivent affronter un autre virus…la grippe aviaire. Préoccupés par la situation, les ministres du tourisme des 10 pays membres de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du sud-est) ainsi que ceux de la Chine, du Japon et de la Corée du sud se rencontraient dernièrement à Hanoi pour faire le point. Selon plusieurs experts présents, le secteur semble jusqu’à présent assez bien résister à l’épidémie qui a provoqué le décès de 14 personnes et le massacre de plus de 20M de volailles. « L’objectif est de ne pas réagir de façon excessive, de ne pas être irrationnel comme nous l’avons été avec le Sras » concluait Don Birch, directeur d’Abacus, la plus grande agence de réservation d’Asie. A bon entendeur.
Trois agents nous confient leurs impressions:
Clarisse Bommensatt, Thomas Cook à Toulon
« J’avais déjà été convaincu par le service et l’accueil de ce pays lors d’un précédent voyage. Mais là, c’est une nouvelle facette du pays que j’ai découvert. Désormais, je propose à mes clients une Thaïlande plus nature et plus aventure, avec une immersion dans les tribus du nord et des activités sportives en pleine jungle. »
Annie Gaume, Le Vinci Voyages à Tours
« Après cette escapade sur le terrain, nous recommencions à bien revendre la Thaïlande que les clients avaient boudé à cause du Sras. Mais voilà que les poules s’en mêlent et que nous devons à nouveau redoubler d’efforts pour les convaincre. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait lors du salon du mariage de Tours où notre agence était partenaire d’Asia. Même si nous avons su rassuré certains jeunes couples présents, beaucoup avouaient leur réticence à se rendre en Asie en ce moment. Car ils déclinent aussi le Sri Lanka évoquant les Tamouls et Bali en souvenir de l’attentat. Heureusement, il nous reste l’Inde qui cartonne et le Viêt-nam qui marche bien. J’avoue que je ne comprend pas toujours les clients, surtout les jeunes. »
Christine Dondarini, RL Voyages à Metz
« Ce voyage était vraiment très enrichissant. J’ai adoré notre séjour chez les Lisus et je partage régulièrement mon enthousiasme avec mes clients. Le seul problème c’est que depuis le Sras, ils préfèrent les Antilles et les Caraïbes à l’Asie. Pourtant, je suis beaucoup plus à l’aise maintenant pour argumenter, mais ça ne marche pas. Et la grippe aviaire n’arrange rien. Cet éductour n’a pas encore donné de retombées mais je ne désespère pas.

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