Thaïlande, Vietnam, Cambodge : les touristes désertent !

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La Thaïlande, qui a accueilli 11 millions de Chinois l'année dernière, a enregistré début février une chute du nombre de visiteurs de plus de 86%. ©Adobe Stock

Hôtels vides, plages désertées, annulations en série : l’Asie du Sud-Est, particulièrement dépendante du tourisme, paie au prix fort l’épidémie de coronavirus avec des pertes évaluées à plusieurs milliards d’euros.

 

Lundi, le bilan de l’épidémie faisait état de plus de 1 770 morts et de plus de 70 500 personnes contaminées, essentiellement en Chine continentale, mais aussi en Asie du Sud-Est, particulièrement touchée avec notamment 34 cas en Thaïlande et 16 au Vietnam.

 

Sur place, l’ambiance est plus que morose et le coronavirus fait déjà de gros dégâts touristiques. Dans la station balnéaire de Pattaya, l’une des destinations favorites des Chinois en Thaïlande, le front de mer, d’habitude si animé, s’est dépeuplé, les bateaux de touristes restent à quai et les échoppes du marché flottant font grise mine.

 

La Thaïlande, qui a accueilli 11 millions de Chinois l’année dernière (27% de l’ensemble de ses touristes étrangers), a enregistré début février une chute du nombre de visiteurs de l’empire du Milieu de « plus de 86% », d’après le ministre du Tourisme, Phiphat Ratchakitprakarn.

 

Au Cambodge, même les célèbres temples d’Angkor ne font plus recette alors que la pays n’a déclaré qu’un seul cas : la vente de billets a chuté de 30 à 40%, d’après le ministère du Tourisme.

 

Le constat est le même au Vietnam : 13 000 chambres d’hôtels ont déjà été annulées à Hanoï et la fréquentation du joyau du pays, la Baie de Halong, a baissé de plus de 60%.

 

Des milliards d’euros de pertes

 

Cette situation inédite pourrait s’avérer catastrophique pour les économies de la région, très tributaires du tourisme.

 

En Thaïlande, le secteur représente 20% du PIB et les pertes liées à l’épidémie devraient atteindre cette année près de 7,4 milliards d’euros (1,5% du PIB), selon Don Nakornthab, haut responsable à la Banque centrale thaïlandaise.

 

Le Vietnam estime, de son côté, qu’il va perdre entre 5,4 et 7,1 milliards d’euros dès les trois prochains mois.

 

Mais que va-t-il se passer si, comme le craignent certains spécialistes de l’industrie du tourisme, les effets se propagent « à long terme jusqu’en 2021 »?

 

Conscients du risque, la Thaïlande et le Cambodge ne refusent pas les touristes chinois, se contentant de renforcer les contrôles dans les aéroports et aux postes frontaliers. Les autorités thaïlandaises vont même leur proposer des visas gratuits.

 

Une ville au Vietnam en quarantaine

 

Les autorités vietnamiennes se veulent, elles, beaucoup plus protectionnistes : elles ont interdit les vols à destination et en provenance de Chine continentale, et les trains de voyageurs ont été stoppés.

Par ailleurs, Son Loi, une commune de 10 000 habitants près de Hanoï a été placée en quarantaine jeudi dernier pour une période de 20 jours après la découverte de six cas du nouveau coronavirus. lambeteja

 

Quant au Laos, il a fermé sa frontière terrestre avec la Chine et plusieurs vols quotidiens ont été annulés.

 

Nombre d’agences de voyages et d’hôteliers de la région cassent les prix et ont étendu leurs politiques permettant à leurs clients de reporter sans frais leur séjour, afin d’atténuer les annulations.

Publié par la rédaction avec l'AFP
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