Tokyo : Lost in translation dans le New York asiatique

Choisir quoi manger dans un restaurant ? Risqué, à moins d’opter pour les plats factices exposés en vitrine. Prendre un taxi ? Impossible si on ne vous a pas retranscrit l’adresse en japonais. Véritable casse-tête pour qui se lance à l’assaut de cette mégalopole de 12 millions d’habitants, la barrière de la langue est pourtant le meilleur atout de charme de Tokyo. Une ville déroutante et fascinante tiraillée entre traditions séculaires et un goût immodéré pour les gadgets ultramodernes. Immersion totale dans l’une des plus dépaysantes destinations de la planète.
Vu depuis le 30e étage de l’hôtel The Strings, dans le quartier de Shinagawa, l’immense tapis urbain hérissé de buildings n’est pas de nature à dépayser le globe-trotter habitué aux mégalopoles ultramodernes. Panorama sur le mont Fuji mis à part, la chambre est elle-même un énième duplicata des luxueux hôtels d’affaires de la planète. Sauf les toilettes « à la japonaise » dont les fonctionnalités (siège chauffant, cuvette équipée de jets orientables à volonté) titillent l’âme d’enfant qui sommeille en nous. Pourtant, dans cette ville où les Tokyoïtes anglophones – toujours prêts à aider les égarés – se font aussi rares que les déchets dans le métro, il ne faut pas sous-estimer le choix crucial de l’hôtel. « Office du tourisme » improvisé ou ultime solution de repli lorsque, faute de réussir à se faire comprendre, on se sera vu maintes fois refuser l’accès d’un bar pour un dernier verre, l’hôtel tokyoïte devient vite un QG. Un refuge salutaire que l’on choisira proche d’une station de métro puisqu’il serait vain de vouloir découvrir à pied cette tentaculaire ville quatre fois et demie plus étendue que Paris. De préférence, à côté de la ligne « Yamanote » qui ceinture le centre. Circulaire, elle a en effet le mérite de toujours vous ramener à votre point de départ… Le premier jour, il est donc prudent de s’en remettre au métro « Yamanote » qui dessert les quartiers les plus touristiques de Tokyo. Avec, à chaque station, l’impression d’arriver dans un nouveau « village ». Le paisible parc d’Ueno et ses cerisiers en fleurs (fin mars/avril) qui héberge les principaux musées de la capitale. A deux stations de là, les boutiques de la « ville électronique » d’Akihabara, capitale mondiale des jeux vidéo et téléphones portables. Un univers high-tech qui rivalise avec les étourdissants néons et écrans géants de Shinjuku. Quartier d’affaires le jour, Shinjuku s’encanaille gentiment la nuit autour de ses bars à hôtesses tandis qu’à 15 minutes de là, la très policée Ginza fait figure de « 5th Avenue » japonaise avec ses boutiques de luxe et restaurants branchés. Enhardi, il sera temps, alors, de se hasarder sur d’autres lignes de métro. Pour se frayer un chemin parmi la foule de temples de Senso-Ji, l’un des rares vieux quartiers de la capitale. Comme les Japonais, pour succomber au rituel des bains d’eau chaude dans le très kitsch Onsen Monogatari (une reconstitution du vieux Tokyo) où le kimono est fourni à l’entrée. Et le soir venu, pour partager l’ambiance survoltée d’un combat de sumos. Le lendemain, personne ne regrettera de se lever à 5 heures pour assister à la vente à la criée du marché aux poissons de Tsukiji. D’autant plus qu’on y mange les meilleurs sushis de la ville. Comme il se doit… au petit déjeuner.

Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *