Tunisie : après la sécurité, le gouvernement s’attelle à la propreté

Destination

Vendredi dernier à Tunis, Selma Elloumi Rekik, ministre du Tourisme de Tunisie, a présenté les nombreux projets et avancées de son gouvernement non seulement pour faire revenir les touristes français, un marché crucial pour les Tunisiens, mais aussi pour redonner à la Tunisie sa place de destination touristique de premier plan. Comme le répète souvent Abdellatif Hamam, directeur de l'OT de Tunisie, "quand le marché français va, tout va".
 

Fréquentation. "Sur les dix premiers jours d'octobre, nous avons accueilli 10.000 touristes français", a-t-elle dit. Le marché français est toujours à la peine reconnaît-elle, mais précise qu'entre le 1er juillet et le 30 septembre, avec 162.000 touristes, la baisse par rapport à la même période en 2015 n'est "que de 2,6%" et ce, malgré le coup d'arrêt brutal provoqué par les attentats de Nice. Depuis le début de l'année, la Tunisie a accueilli près de 315.000 Français en chute de 21%, mais "on jugule la baisse" avec une "petite augmentation sur l'arrière-saison".
 
En hausse. En revanche, tous marchés confondus, la hausse sur le période du 1er juillet au 30 septembre est de 31% en trafic et de 42% en recettes. Une croissance portée essentiellement par les Russes, les Allemands et les Algériens. Au global, la Tunisie retrouve un peu de couleur après 2015 qui a été une année noire pour la destination "avec seulement 5 millions de touristes étrangers". En 2016, la destination a déjà enregistré une hausse de 5%.
 
Sécurité. En un an, les progrès pour faire revenir les touristes sont probants surtout sur le plan de la sécurité, aux aéroports, sur les sites touristiques, sur les plages et dans les hôtels. "Les aéroports ont été mis à niveau et évalués par des experts européens de sécurité, tous comme les contrôles routiers, ou les accès dans les hôtels". "Plus de 13.000 inspections ont été effectuées" par les services du ministère du Tourisme pour vérifier si les hôteliers sont bien aux nouvelles normes (caméras, gardes armés, caméras de surveillance, etc.). D'ailleurs, et c'est un signe, les grands groupes hôteliers internationaux reprennent leurs investissements en Tunisie se réjouit la ministre, qui cite Four Seasons qui ouvre un grand complexe à Damart, ou encore Radisson Blue, Golden Tulip, etc.
 
Opensky. Par ailleurs, elle annonce la signature fin 2016 des accords opensky avec l'Europe et un démarrage en mars 2017. Tous les aéroports seront ouverts aux compagnies étrangères, sauf Tunis Carthage qui sera réservé à Tunisair, la compagnie nationale, qui bénéficiera d'un délai de grâce de 2 ans avant d'affronter de plein fouet cette nouvelle concurrence. "La Tunisie veut devenir un hub pour l'Afrique" dit la ministre, notamment pour les pays d'Asie.
 
Nouvel aéroport. Selma Elloumi Rekik a également annoncé la création du nouvel aéroport de Tunis à Utique, à 35 kilomètres au sud de Bizerte, sans préciser de date. Cette décision a été prise pour désengorger Tunis Carthage, quasiment situé en centre-ville. Ce sont les 1000 hectares de l'actuel aéroport qui vont être libérés. Cela devrait permettre de financer "largement" le nouveau projet. Elle a également annoncé la création de nouvelles zones touristiques financées par des partenariats public-privés. Il y a plusieurs projets à l'étude, comme à Kerkenah ou à Djerba. Les nouvelles constructions devront obéir aux normes environnementales "les plus exigeantes", tout comme la rénovation du parc hôtelier.
 
Propreté. La propreté est aussi un des enjeux majeurs de la Tunisie. "Nous avons un problème d'autorité et un problème structurel au niveau de la gestion des déchets, avec notamment la mise en place du tri" dit la ministre. Le problème structurel sera "réglé en 2017" a-t-elle promis. Et une nouvelle autorité vient d'être décidée "avec la fusion du ministère de l'Environnement et des localités collectives". Il s'agit d'une police environnementale dans laquelle le ministère du Tourisme sera partie prenante. Tous les responsables de pollutions seront punis.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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