Tunisie : le retour des touristes français a été stoppé par les attentats de Nice

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Abdellatif Hamam, directeur général de l'Office national du tourisme tunisien, était à Paris durant le salon IFTM Top Resa. Il a confirmé "un frémissement" du marché touristique français en Tunisie, avec une hausse "de l'ordre de 10 à 11% début juillet", malheureusement stoppée après les attentats du 14 juillet à Nice.
 Heureusement, les autres marchés ont sauvé l'été tunisien. "L'Allemagne a repris" a-t-il expliqué, "ce qui nous a beaucoup aidé". Les autres marchés en progression sont la Russie et l'Algérie. Du coup, "au mois d'août, les hôtels étaient pleins". Pour l'après-saison, "les taux d'occupation sont déjà assez élevés et ça devrait continuer jusqu'à mi-octobre et même mi-novembre" estime encore Abdellatif Hamam.
 
Il reconnait que le marché français reste un marché compliqué. D'abord, "les gens ont moins d'argent". Ensuite, il "règne en France un sentiment légitime de peur et de réserve vis-à-vis des destinations arabo-musulmanes". Enfin, "les nouvelles négatives" dont les Français sont quotidiennement abreuvés, "ne leur donnent pas envie de voyager". Dans ces conditions, il a annoncé à Selma Elloumi Rekik, ministre du Tourisme tunisien, qu'il fallait "être patient avec le marché français" qui est "extrêmement important" pour le tourisme tunisien. "Nous devons être attentifs à ce que nous disent nos partenaires français" dit-il encore, car "nous allons devoir recréer de la confiance". Déjà, il a le sentiment que "les professionnels français nous remontrent leur intérêt".
 
Sur le plan sécuritaire, le patron du tourisme tunisien veut vraiment rassurer les Français. "En Tunisie, le niveau de sécurité a été pris en au sérieux" par l'actuel gouvernement, a-t-il affirmé. Les mesures mises en place sont "visibles mais discrètes" ce qui "permet de créer un sentiment de sécurité". Aujourd'hui, "il n'y a pas plus de menaces chez nous qu'ailleurs". Par ailleurs, il rappelle que face à la démocratie tunisienne "qui est en plein balbutiements", les Français doivent faire "preuve de tolérance". Pour lui, ce "qui se joue en Tunisie dépasse la Tunisie". Car si "ça ne marche pas chez nous, il y aura des problèmes sérieux" prévient-il.

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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