Turquie : violences à Istanbul et touristes mécontents

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Les manifestations du 1er Mai ont été violentes à Istanbul jeudi. Cocktail molotov et fumigènes d’un côté, gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc de l’autre ont été lancés aux abords de la place Taksim. Et entre les deux, par endroits, des touristes.Chaque partie prenante avait prévenu. Depuis une semaine, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait interdit toute manifestation le 1er Mai sur la place Taksim. Les syndicats, eux, avaient rejeté la proposition du gouvernement de manifester dans la banlieue stambouliote. "Nous serons à Taksim jeudi malgré cette interdiction illégale et irrationnelle" avait annoncé un communiqué intersyndical mercredi.

Des touristes fouillés
Sans surprise, jeudi, les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants ont été violents au centre de la ville turque. A coup de fumigènes et cocktails Molotov contre canons à eau, gaz lacrymo et balles en caoutchouc. Plus de 130 personnes ont été arrêtées et une cinquantaine blessées selon le reporter de RFI sur place.


Des heurts similaires se sont produits à Ankara et Izmir d’après les reporters de CNN. A Istanbul, plusieurs milliers de policiers ont été déployés dans la ville – pas loin de 40.000 selon les journalistes sur place, et les transports en commun ont été perturbés avec des stations de métro et des ferries fermés.

La police avait aussi disséminé une douzaine de checkpoints pour contrôler les accès à la place Taksim. Les passants ont été fouillés, y compris des touristes "mécontents" raconte l’agence Reuters. Les reporters de CNN parlent de touristes errant, en tirant leur valise à roulettes, à la recherche de leur hôtel dans des rues barrées et désertes.

La place Taksim, un lieu emblématique

Il y a un an, le pays a été secoué par une vague de protestations contre le gouvernement du Premier ministre. Déjà, la place Taksim a servi de lieu de rassemblement des opposants au régime.

L’an dernier, les manifestants appelaient à la démission de M. Erdogan ; cette année, certains interpellaient la police aux cris d’"assassins de Berkin". Berkin Elvan est le garçon de 14 ans blessé lors des manifestations de juin 2013 par la police et dont les funérailles ont enflammé Istanbul en mars dernier.

Mercredi, le gouverneur d’Istanbul avait déclaré qu’il ne pouvait y avoir de manifestation organisée sur la place Taksim "zone à haut potentiel touristique (car) une évolution négative aurait un impact négatif sur (…) et sur l’image marketing de notre pays".

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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