Un mois après, retour au Sri Lanka et aux Maldives (1/3)

Destination

Nouvelles Frontières a demandé 5 euros à chacun de ses clients pour reconstruire le Sri Lanka. L’urgence passée, il s’agit en effet de remettre sur pied un pays aux côtes dévastées et à l’économie fragilisée par les conséquences du raz de marée sur le secteur touristique. La vague meurtrière fait toujours des victimes, partout dans le pays.

Deux mondes se croisent à l’aéroport Bandanaraike de Colombo au Sri Lanka. Pendant qu’une équipe de sauvetage, constituée de pompiers, membres de la sécurité civile et de bénévoles des Bouches-du-Rhône attend son matériel, un groupe de 53 touristes français s’ébranle déjà vers les bus. On ne les verra plus, ni les uns ni les autres, happés par l’urgence ou leur programme, vers les côtes dévastées ou le cœur des terres intactes. En apparence. Au-delà du tragique bilan humain, commence en effet à en apparaître un autre, économique. Selon le FMI, le tsunami pourrait coûter au Sri Lanka près d’un milliard de dollars, soit l’équivalent de 4,4 % du PIB du pays, et pèsera un point de croissance en 2005. Aussi, avant de comprendre à quoi servent concrètement les 5 euros versés par les clients NF, il faut d’abord avoir une idée de la dépression économique à laquelle sont confrontés les habitants du Sri Lanka, sans distinction géographique.
Le voyage débute donc loin des côtes, sur les hauteurs, à Kandy, capitale du thé de Ceylan. La vente de thé est le premier secteur économique du pays, le tourisme, « seulement » quatrième. Pourtant, beaucoup d’habitants de cette ville abritant la Dent du bouddha, autrement dit l’une des reliques les plus vénérées et les plus attractives du monde bouddhique, sont inquiets. « D’une certaine manière, c’est comme si la vague nous avait atteint aussi », soupire Aulvin Samhoon, manager du Kandian Hotel. Après le26 décembre, son établissement s’est vidé d’un coup. « Nous sommes passés de 95 % de taux d’occupation à 25 % aujourd’hui et au train où vont les choses, nous avons au maximum deux mois de trésorerie avant de commencer à débaucher les 95 salariés permanents de l’hôtel », constate-t-il. Sur les 125 saisonniers embauchés pendant la haute saison, 15 sont déjà retournés chez eux. Suravith, bagagiste depuis 4 ans, sent la menace : « Je ne reçois plus de pourboire ni d’intéressement, ce qui constitue les deux tiers de mon salaire, soit 7 500 roupies sri lankaises. C’est très dur, car je viens d’obtenir un prêt pour ma maison et je dois rembourser 5 500 roupies par mois. Et il faut ajouter l’école de ma fille, 300 roupies par mois. » Le moral n’est pas plus haut chez les vendeurs à l’étalage. Samantha voit habituellement s’arrêter devant le surplomb du temple de la Dent du bouddha plus d’une centaine de véhicules touristiques par jour. Il propose aux passagers souvenirs, cartes postales et autres babioles derrière un chariot vitré, quand il ne fait pas le siège des autobus de touristes. « Actuellement je ne vois pas plus de cinq voitures par jour. Heureusement que nous avons constitué avec les autres vendeurs une cagnotte habituellement réservée pour le nouvel an cinghalais. Cette année, elle nous permettra de tenir quelques mois. » Les habitants veulent pourtant y croire. Malgré l’absence de public, les spectacles de danse traditionnelle continuent, les fabriques de thé ouvrent toujours leurs portes aux touristes, les vendeurs s’accrochent au moindre chaland, les hôtels consentent des réductions. « Les touristes vont revenir, car le pays a des atouts qui ont poussé 566 000 personnes à visiter l’île en 2004, un record », explique Chandra Wickramasinghe, patron du réceptif de NF Connaissances de Ceylan. Pour ce petit homme énergique et jovial, il ne s’agit pas d’une incantation. Il n’a pas peur des défis. C’est lui qui a eu l’idée d’associer les clients du TO à la reconstruction du Sri Lanka. Le 26 décembre, il était au cœur de l’enfer. Il en est revenu, avec un plan applicable tout de suite.

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *