Une escapade à Budapest pour un voyage hors du temps

La capitale hongroise sait envoûter le voyageur avec son tourbillon d’histoires royales, ses bains somptueux ou sa richesse musicale et culturelle… Et la magie opère pour les touristes comme pour le monde des affaires ! Une invitation très séduisante pour les habitants de la région Rhône-Alpes depuis le 3 mai dernier, date de la mise en place d’un vol direct Malev-Air France.
Est-ce la vigueur du Danube dont les eaux prennent leurs aises entre Buda et Pest ? Est-ce cette succession d’avenues bordées de façades richement ornées ? Est-ce ce palais qui depuis les hauteurs de Buda domine la capitale magyare de son passé royal ? En tout cas, le voyageur vit d’emblée hors du temps lorsqu’il découvre la bien nommée « Perle du Danube ». Entraîné qu’il est sur les traces de l’impératrice Sissi, plongeant dans l’univers magique de ses bains, bercé par les effluves musicaux sortant ici d’un café, là de l’Opéra…. Étonnante capitale de l’Est qui retrouve son éclat impérial et vit avec fougue l’entrée du pays dans l’Union européenne ! Les statues et stèles à la gloire des Soviétiques sommeillent désormais dans un parc-musée à l’écart du centre. Quelques rares bâtiments austères, à l’instar de l’ancien ministère de la Planification économique situé à deux pas du palais Gresham devenu en juillet le luxueux Four Seasons, demeurent. Mais pour combien de temps ? Budapest a définitivement tourné la page… Cette cité où tout peut être privatisé, de la station de métro, à l’Opéra ou au Parlement, pour de grandioses incentives (*), réserve aux visiteurs mille et une découvertes. A l’image de son histoire tumultueuse écrite entre Buda dominant le Danube sur sa rive droite, et Pest bâtie sur sa rive gauche… Les deux ne furent réunies qu’en 1873 ! A l’ouest, Buda et sa colline aux roses, se distingue avec son palais royal, son église Mathias (lieu de tous les couronnements) et sa vieille ville colorée, classée patrimoine mondial de l’Unesco. Les amateurs de bons crus ne manqueront évidemment pas sa Maison des vins hongrois et ses 700 appellations à découvrir ! A l’est, et dans la plaine, s’étale Pest la bouillonnante avec son parlement, aux allures de palais de Westminster anglais et ses larges avenues bordées de somptueux édifices : ici, l’imposante basilique Saint-Étienne et son dôme haut de 96 mètres tout juste rénové. Là, l’Opéra, bâti à l’image de ceux de Vienne et Paris, où l’on vient chaque soir découvrir une pièce différente pour quelques euros (de 3 à 30). Plus loin, l’ancienne caisse d’épargne de la poste et son étonnante toiture en céramique peuplée de dragons ailés, de têtes de taureau, d’abeilles… A découvrir également la synagogue, la plus grande d’Europe, d’allure orientale avec ses deux tours, ses murs de briques rouges et blanches agrémentés de céramiques où Frantz List se produisit ! La cité fourmille également de musées, théâtres et de salles de spectacle, et peut s’enorgueillir d’offrir un parc d’attraction et un espace zoologique centenaires… Impossible enfin de clore ce rapide – trop rapide – panorama, sans évoquer les thermes de Budapest. Ses thermes et ses sources. Sur les 130 de la ville, 31 sont aujourd’hui encore exploitées. Mis à la mode par les Romains, il faut attendre l’occupation des Turcs pour que les bains prennent une dimension monumentale. Certains ont gardé leur décor comme ceux de Széchenyi et du mont Gellert. Somptueux et accessibles (9 E la journée à Széchenyi) ! Nombre de citadins s’y rendent. On y vient à tout âge comme l’on se rend au café, pour y rencontrer ses amis, jouer aux échecs, s’y détendre… A chaque lieu, son style et son public : familial et populaire au Széchenyi, sportif et austère au Rudas, littéraire au Lukacs, plus guindé et cosmopolite au Gellért… « Budapest est la seule ville où subsistent autant de bains », confirme Serge Uramek, fondateur d’Eastpak. Le responsable de ce TO lyonnais spécialisé dans les pays de l’Est escompte d’ailleurs mettre rapidement sur pied un programme spécifique bains.
(*) Afat Voyages a même tenu sa convention 2003 dans la salle du Parlement.
Bon à savoir
• Nul besoin de se précipiter à l’extérieur de l’aérogare pour héler un taxi. Un service de navettes, l’Airport minibus a été mis en place par la Direction du trafic aérien et de l’aéroport (LRI) pour éviter aux touristes toute désagréable surprise de tarif. A petit prix (environ 8 E) et avec un départ toutes les 10 minutes de 6 h à 24 h. Le ticket s’achète dans le hall des arrivées, au comptoir LRI.
• La formule chambre chez l’habitant se développe. Appréciable pour découvrir le quotidien des Hongrois. Surtout lorsque la propriétaire des lieux, grandement logée, dorlote ses clients comme ses enfants…
• Pour tout savoir sur les nombreux festivals programmés à Budapest, quelques clics sur www.festivalcity.hu suffisent. Le site offre, chose rare, une version en français !
• La ville fourmille d’adresses gourmandes. Certaines sont devenues de véritables institutions, comme le salon de thé Gerbeaud, mythique pour ses cerises à l’eau-de-vie, ses pâtisseries fines et son décor fin du XIXe siècle. Symbole d’art culinaire et d’hospitalité raffinée depuis un siècle, le restaurant Gundel peut, lui, se targuer d’avoir accueilli chefs d’État, ministres et célébrités depuis plus d’un siècle. Premier restaurant privatisé en 1988, il offre, outre les salles du restaurant, huit salles de réception, un immense jardin ombragé et une terrasse à deux pas du jardin zoologique. D’autres établissements sont plus récents mais pas moins charmants, à l’instar du Spoon & Lounge, café-restaurant aménagé sur un bateau amarré à proximité du pont des Chaînes. Ambiance moderne et feutrée avec vue sur le château de Buda…
Une ville de palaces à retenir pour le tourisme d’affaires
La liste des palaces restaurés en splendides établissements cinq étoiles se poursuit à Budapest. Après le Grand Hôtel Royal Corinthia (414 chambres), superbement rénové voilà deux ans – avec tout le lustre de la grande époque de l’empire austro-hongrois –, le palais Gresham a retrouvé la splendeur de son architecture art déco pour devenir, en juillet 2004, un luxueux Four Seasons de 179 chambres. Autre réouverture prévue, par Boscolo, celle du New York Palace en 2005 avec 200 chambres et son célèbre café, haut lieu de l’intelligentsia hongroise… Une aubaine pour le tourisme d’affaires compte tenu de la capacité de ces hôtels ! D’autres devraient voir le jour. Et notamment à proximité du nouveau quartier culturel de Budapest, dont un avec une source thermale.

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