Vietnam: à Danang pour une escapade immersive

Destination
A Da Nang sur la plage de My Quê, les familles et les jeunes Vietnamiens viennent en fin d'après-midi quand les touristes et les surfeurs terminent leur journée à la mer.

Entre Hanoi au Nord et Ho Chi Minh-Ville au Sud, Danang est la porte d’entrée du centre du Vietnam. Si la plupart des voyageurs la traversent ou y font une halte entre les deux villes classées Unesco que sont l’impériale Hué et l’historique Hoi An, Da Nang mérite de s’attarder un peu. Le voyageur s’y imprégnera de l’atmosphère d’un Vietnam moderne et vibrant, ou bien il en profitera pour se reposer sur une plage d’hôtel, sachant que les touristes occidentaux sont encore peu nombreux…

 

Da Nang est en pleine expansion. Dans la troisième ville du Vietnam, les grues et les chantiers signalent la dynamique de construction. Des commerces et restaurants en blocs de béton peints dans des tons clairs semblent finis depuis peu, des tours résidentielles se dressent, des maisons se préparent à être livrées dans des interstices de bâti. A travers le hublot de l’avion en phase d’atterrissage, la ville ressemble à un champ de cubes beiges trahissant déjà son développement rapide.

Essor économique

A défaut de présenter un visage préservé, Danang (plus de 1 million d’habitants) donne une impression d’énergie à l’image de la croissance que connaît le Vietnam. Après une dizaine d’années à +6%, le pays a annoncé une hausse de 7,08% de son PIB en 2018 ! Le tourisme aussi est en plein boom: +19% en 2018 avec 15,5 millions d’arrivées pour des recettes touristiques de 27 milliards de dollars (620.000 milliards de dongs) selon les chiffres officiels. Alors qu’il y a neuf ans, en 2010, le Vietnam n’accueillait que 5 millions de visiteurs internationaux…

 

Une station balnéaire, locale aussi

A Da Nang 7,7 millions d’arrivées touristiques ont été enregistrées l’an dernier dont 3 millions de touristes étrangers. Si l’on y voit et entend des touristes coréens et chinois (les deux premiers marchés émetteurs pour le tourisme vietnamien à 54,6%), on a aussi l’occasion de croiser des Vietnamiens en vacances. Car la ville a une tradition balnéaire. Sur la plage de My Khê alors que quelques Occidentaux défient les vagues avec leur planche à voile, les locaux sont nombreux en fin d’après-midi à se reposer assis à l’ombre des arbres. A l’Apocalypse Now Beach Bar, la musique pop-rock accompagne les Européens amateurs de bières et de cocktails.

 

 

Pour aller dans le cœur de la ville, on se mêle à la circulation dense. Sur les deux-roues, dûment casqués, les Vietnamiens se déplacent souvent à deux, voire trois ou quatre avec les enfants tête nue. La population est jeune. Ça klaxonne, ça slalome aux carrefours, ça semble relativement anarchique. Curiosité de Da Nang, le pont dragon avec sa construction métallique est à voir le soir : un jeu d’éclairage coloré donne une impression de mouvement à ses « anneaux ». Le week-end, à 21h30, la tête crache même du feu!

 

 

Promenade au bord de l’eau

Sur la rive gauche de la rivière Han, la balade est agréable. Ponctuée de lampadaires en petits cœurs rouges kitsch à souhait, la promenade aménagée est parsemée de petits marchands de nourriture. Ils vendent des glaces et des fruits dans des triporteurs clignotants à la ritournelle préenregistrée ou des spécialités de saucisses et autres crêpes vietnamiennes préparés à la demande sur un réchaud. Des bateaux à la fois restaurant-et boîte de nuit proposent une mini-croisière en musique criarde sur la rivière.

 

 

Pour garder cette ambiance typique, le marché de nuit à l’Helio Center fournit par ses multiples étals l’occasion de goûter tout un tas de spécialités locales. Tandis que des artistes jouent et chantent sur la scène –les fans du groupe Abba ne sont pas tous suédois– une foule de Vietnamiens assis sur des petites chaises en plastique dégustent des nouilles, du bouillon, des viandes grillées, des perles de tapioca multicolores…

 

Hoi An, authentiquement touristique

Avec ses grands portraits en couleur placardés sur les murs orangés, on pourrait croire la boutique un attrape-touristes. Mais il ne faut pas hésiter à en franchir le seuil pour rencontrer Rehahn, le photographe français installé à Hoi An depuis 2011. Entre son travail en édition limitée, son projet de recensement photographique des 54 ethnies du Vietnam et sa façon de rendre aux habitants qu’il a pris en photo un peu de ce qu’ils lui ont fait gagner, l’homme sait expliquer sa démarche de façon fort intéressante. A quelques pas de sa galerie dans l’ancien quartier français, il a ouvert Precious Heritage, un musée associant des costumes et objets traditionnels à ses photos.
Au-delà, le centre historique de la ville de Hoi An classé au patrimoine mondial de l’Unesco recèle à travers son architecture la société d’avant la colonisation française. On comprend –avec un guide local qui ouvre les portes et les symboles des styles et constructions– la cohabitation des populations (Vietnamiens, Chinois, Japonais) dans cet ancien port commerçant.
Si on arrive assez tôt, les différentes boutiques de produits destinés aux touristes (artisanat en bambou, sacs de cuir, vêtements et accessoires en soie…) ne sont pas encore ouvertes et la déambulation est plus aisée.

Un Kappa Club sur la plage

Les Français sont peu nombreux à Danang mais le nouveau vol de Qatar Airways (voir encadré ci-dessous) devrait faciliter leur arrivée. Et pas seulement les clients du nouveau Kappa Club Melia Danang! Le tour-opérateur Boomerang a en effet ouvert en février sur la très belle plage de Non Nuoc (sud) prisée des opérateurs hôteliers un nouveau Kappa Club de 30 chambres sur les 264 que compte l’hôtel Melia. Symbole de l’essor de la destination, une double extension en cours de construction portera la capacité de l’hôtel à 380 chambres d’ici la prochaine saison. D’autres enseignes internationales s’installent sur cette route parallèle à la mer, entre le Hyatt et le Sheraton.

Côté terre, les magasins de divinités en pierre blanche se succèdent. Attendant un acquéreur, ces statues indiquent la proximité avec les montagnes de Marbre, site de pagodes et de grottes sculptées. A Danang, fidèle à son concept d’ouverture sur la destination, Kappa Club inclut des sorties dont, au nord sur la péninsule Son Tra, le sanctuaire bouddhiste Chua Linh Ung dédié à Lady Bouddha.

 

Bouddhisme et tourisme

On accède en minibus à ce site aménagé désormais pour les véhicules à moteur. Et on s’en félicite en voyant l’ancien portail et la volée de marches sans fin. L’ambiance est étonnante. Déjà parce que la pagode semble presque factice tant elle a l’air neuve. Pourtant, la ferveur de ceux qui entrent s’y recueillir est tout à fait réelle. Comme dans les deux autres temples de ce lieu protégé par la statue géante (72 m) de la déesse de la Miséricorde, Guanyin. A côté de ces familles, des groupes de jeunes gens prennent la pose avec leur smartphone.

 

 

Trois à quatre photographes locaux proposent leurs services, avec promesse de «développement» rapide, leur imprimante couleur étant posée sur une table de jardin, juste à côté… En se tournant dans le même sens que la déesse, on fait face à la mer et à la baie de Da Nang en profitant du point de vue sur la ville. En contrebas, des pêcheurs avancent dans leur petite embarcation toute ronde pour rejoindre leur navire. Un joli instantané au soleil couchant.

 

En pratique

Accès : Depuis le 19 décembre 2018, Qatar Airways dessert Da Nang (DAD) en direct depuis son hub de Doha quatre fois par semaine (lundi, samedi, mardi, jeudi) en Boeing 787-8 Dreamliner (22 sièges business, 232 Eco). La compagnie qatarie propose des vols en connexion courte depuis Paris CDG et Nice. Le trajet Paris-Doha, sur vol de nuit en business class, permet de faire l’expérience de la QSuite et de son exceptionnel confort.
Monnaie : le dong. 10.000 dongs = 0,38 €
Décalage horaire : +6h en hiver et +5h en été. Quand il est midi en France, il est 18h ou 17h au Vietnam.
Meilleure saison : le climat est tropical, chaud (22°C à 35°C selon les mois) et humide (à plus de 70%) presque toute l’année.
Formalités : pas de visa pour les Français pour un séjour de 15 jours (jours d’entrée et de sortie inclus). De 15 à 30 jours, l’e-visa coûte 25 dollars.
Informations : sur le site de l’office du tourisme, https://vietnam.travel/
(en anglais)

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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