Visite du pape : la Turquie sous les feux des médias

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Tel un touriste VIP placé tout de même sous haute sécurité, le Pape Benoît XVI poursuit en ce moment son voyage officiel en Turquie. Depuis mardi, le souverain pontife enchaîne visites sur visites.Loin d’être très original, le TO qui s’est occupé du voyage du pape a prévu pour lui une visite de la Mosquée Bleue et du musée Sainte Sophie à Istanbul, la découverte du mausolée de Mustapha Kemal Atatürk à Ankara, la découverte d’Ephèse, site antique près d’Izmir, l’église patriarcale de St Georges, l’ancienne basilique de Constantinople et la cathédrale arménienne. Mais la vraie valeur ajoutée reste tout de même la visite de la maison où, selon la tradition, est morte la vierge Marie. Ce voyage qui avait à l’origine pour thématique "les relations entre églises catholiques et orthodoxes", apparaît en fait aujourd’hui comme l’occasion de clore la polémique suscitée par les déclarations du pape à Ratisbonne. Bien décidés à lui rappeler son "dérapage verbal", des milliers de turcs manifestent depuis plusieurs jours dans les rues de la capitale, mais aussi à Istanbul où 10.000 personnes ont symboliquement choisi Sainte-Sophie pour demander aux autorités de voir ce musée, anciennement église puis mosquée, redevenir un lieu de culte musulman. Largement relayées par les médias télévisés, les images des manifestants n’aident pas le tourisme turc déjà en perte de vitesse. "Quand on regarde les infos, on a l’impression que 60 millions de turcs armés jusqu’aux dents attendent le pape pour le tuer. Cela me rappelle les émeutes en banlieues en novembre 2005. À l’étranger, les gens ont tous pensé que la France était en état de siège et c’était loin d’être le cas. Les médias exagèrent toujours et ça n’arrange pas nos affaires" explique, agacé, Berge Ulas, DG de Pacha tours. "Si cette visite s’achève par un engagement en faveur d’une plus grande compréhension entre les cultures et les religions, le tourisme en sortira gagnant" ajoute Hervé Vighier patron de Marmara. Fort heureusement pour les spécialistes, tout cela intervient en pleine basse saison.

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