Voyages en Arménie : ce qu’il faut voir selon les professionnels du tourisme

Destination
En Arménie, le monastère Khor Virap, consacré à saint Grégoire l'Illuminateur, offre un fabuleux panorama face au mont Ararat.

Depuis la disparition de Charles Aznavour le 1er octobre et l’hommage national du 5 octobre, l’Arménie a été maintes fois citée. Mais à quoi ressemble le pays sur le plan touristique ? Quelques tour-opérateurs programment la destination, souvent en combiné avec la Géorgie…

 

De la destination Arménie, on sait généralement peu de choses. Certes on la situe dans la région montagneuse du Caucase, mais qu’a-t-elle à offrir aux voyageurs ? Les tour-opérateurs Kuoni et Asia ont respectivement appelé leurs circuits « Armenia Sacra » et « Sainte Arménie ». Le ton est donné.

 

Tous les programmes de voyages en Arménie comprennent la visite d’églises, monastères et cathédrales, en nombre et de différentes époques. « La foi y est vivace et prenante… que l’on soit croyant ou pas », note Yannick Barde, co-directeur de production d’Asia.

Sites classés par l’Unesco et nature

Trois sites sont classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Les monastères Haghbat et Sanahin (Xe-XIIIe s.), la cathédrale et les églises d’Etchmiadzine siège de l’église apostolique arménienne, le monastère fortifié Gherart. Il faut dire que le pays a été le premier royaume à avoir adopté le christianisme comme religion d’Etat, en 301 après Jésus Christ.

« C’est une destination qui va interpeller des personnes sensibles à la foi chrétienne, confirme Alex Balikjian, de l’agence Saberatours (Selectour). Mais elle est ouverte à tout le monde. Il y a aussi d’autres choses à faire comme du trekking et de l’escalade dans les montagnes, du canoë et du kayak dans les rivières… »

« Chez Asia, on a lancé l’Arménie en 2016 après un repérage coup de coeur pour la richesse culturelle de ce pays« , raconte Yannick Barde qui évoque aussi la nature arménienne. Et d’énumérer :  « les paysages magnifiques aux accents bibliques, la beauté du lac Sevan, les prairies d’altitude sur la route de Goris, les forêts autour de Dilidjan et les orgues de basalte à Garni. »

 

Culture et cuisine

« L’Arménie s’adresse à des voyageurs à haut niveau culturel un peu baroudeurs », indique Laure Jaquet, directrice de Tsar Voyages Caucase. On ne s’étonnera donc pas de trouver aussi la destination chez Clio (3 programmes) ou Intermèdes (5 circuits).

 

On l’a dit, la destination concentre de nombreux sites religieux médiévaux. « Ils sont toujours en activité et se visitent » précise Alex Balikjian. On accède même au monastère Tatev en téléphérique. Elle compte aussi des vestiges du mégalithique (Karahundj) et de la période hellénistique (Garni).

L’Arménie, c’est également « une bonne cuisine variée » assure Alex Balikjian, « particulièrement savoureuse et saine » ajoute Yannick Barde, « généreuse » précise Kuoni. Les tour-opérateurs incluent d’ailleurs dans leurs programmes des « repas chez l’habitant ».

 

L’occasion d’échanger avec une population réputée pour sa francophilie « et pas seulement grâce à Aznavour » souligne Yannick Barde. « Il faut ramener des abricots –en saison- et du cognac ! » conseille de son côté le responsable de Saberatours qui a sa propre agence à Erevan.

 

Erevan, une capitale à découvrir

Dessinée dans les années 1920, la capitale arménienne mélange les styles néo-classique et soviétique. « Erevan gagne à être connue pour son ambiance les soirs de week-ends et aux beaux jours, explique Yannick Barde. Le voyageur y trouvera « des musées, un opéra, des petits cafés et restaurants (rue Abovyan), des fontaines musicales et un marché aux Puces ».

Pour l’histoire récente du peuple arménien, le voyageur visitera le Mémorial du Génocide à Erevan. « C’est le pays de la mémoire et du recueillement » résume Laure Jaquet qui « vend très peu la destination, surtout en combiné avec la Géorgie ».

 

Chez Asia, l’Arménie « reste une petite destination » reconnaît le co-directeur de production, « mais les clients -une bonne centaine cette année- sont enchantés et de plus en plus nombreux ». En complément du circuit « Arménie intimiste », le TO lance cette année un combiné avec la Géorgie voisine en brochure « Tentations ».

 

Vols Air France et hôtellerie de charme

L’hébergement en Arménie est constitué essentiellement d’hôtels 3* et de charme type guest-house. Il compte aussi des enseignes internationales comme Accor (Ibis), Marriott et Best Western à Erevan. L’Arménie est accessible, sans visa, en vols directs (4h30) opérés par Air France entre Paris CDG et Erevan.

 

De par son altitude (« entre Grenoble et Chamonix »), la meilleure saison reste le printemps ou l’automne. L’été, il peut y faire très chaud et l’hiver, très froid. Sur 30.000 km2, l’Arménie compte quelque 3 millions d’habitants.

Spécialiste depuis 30 ans de l’Arménie, l’agence de voyages Saberatours a vu une évolution de la clientèle. La diaspora arménienne reste majoritaire parmi les voyageurs. « Environ trois quarts -si ce n’est plus- des touristes ont des origines arméniennes » indique-t-il. Sur « une estimation de 10.000 arrivées françaises par an » en Arménie, Alex Balikjian considère qu’« un tiers de ces voyageurs viennent faire du tourisme ».

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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