Aérien : les agences réclament le retour de la commission

Le sacro-saint débat sur le commissionnement des agences de voyages est revenu sur le devant de la scène l’occasion de tables rondes consacrées au voyage d’affaires et au tourisme dans le cadre du congrès Selectour-Afat à El Jadida au Maroc."Ce qui intéresse les agences, c’est leur niveau de rémunération" a tonné Jean-Pierre Lorente (Bleu Voyages à Lyon) qui s’est par ailleurs prononcé en faveur "d’une commission différenciée sur les classes avant de la part des compagnies aériennes". Si les transporteurs se disent dans l’ensemble satisfaits par le travail effectué par les agences, ces dernières font le constat de marges de plus en plus érodées. Au point de réclamer le retour de la bonne vieille commission. Si pour Jean-Luc Dufrenne (Génération Voyages à Lille), cette initiative semble "un peu populaire", il demande aux compagnies "de rémunérer les distributeurs un peu mieux". Jean-Michel Gallin (Parnasud à Paris) est quant à lui convaincu que, "compte-tenu de la concurrence, les transporteurs aériens vont revenir à la commission". Présent à la tribune, Laurent Magnin, patron d’XL Airways, n’a pas manqué de rappeler qu’il est "le seul patron de compagnie aérienne à avoir été agent de comptoir", et qu’en conséquence "il n’est pas choqué de repasser à un mode de rémunération où les gens se battent pour vous". "Nous allons rémunérer les agences" a-t-il déclaré. Avec Aigle Azur, XL Airways seront les prochaines compagnies référencées par le réseau Selectour-Afat à compter du 1er janvier prochain. Présent également à la tribune, Henri Hourcade représentant Air France ne s’est pas prononcé sur cette épineuse question de la rémunération des distributeurs.
Lors de la table ronde consacrée au tourisme, Laurent Abitbol (Marietton Voyages à Lyon) a interpellé l’assistance sur la nécessité des commissions, "on en a besoin pour vivre". S’adressant aux TO, il leur a fait savoir que "travailler à 13, 14%, c’est dur. Très dur. Voir impossible" et qu’au final, "il fallait augmenter le prix du voyage en France". Emmanuel Foiry, président de Kuoni France, lui a simplement répondu que "les TO ont aussi des loyers, des salaires et des charges à payer". Selon lui, "TO et agences, il y a beaucoup trop d’acteurs sur le marché". A méditer !

Vos réactions (3)

  1. Que chacun fasse le travail pour lequel il est qualifié, le TO produit, l’agence distribue/ la compagnie transporte, l’agence distribue tout le monde veut tout faire résultat personne ne trouve plus son compte.
    Il n’y a pas de honte à revenir à des méthodes passées mais à adapter à l’évolution des NTIC.

  2. Il est inutile de rajouter de l’huile sur le feu, en reparlant de ce temps où les compagnies aériennes pensaient pouvoir voler de leurs propres ailes! Vous aprécierez la métaphore.
    En effet, en supprimant la commission de leurs distributeurs, leur gain a réussi à augmenter de façon impressionante momentanement aux yeux de leurs actionnaires et c’était le but. Hélas cette croissance était vouée à stagner; Moment auquel nous arrivons aujourd’hui, ce qui du point de vue économique était aussi prévisible. Cet exemple de commission 0 est le seul dans l’histoire du code du commerce depuis des siècles. Je pense biensur à l’article 1134 de ce même code induisant la responsabilité de chacun. Ce dictat des compagnies aériennes aurait pu fonctionner, pourquoi pas, à condition que disparaissent illico les agences de voyages. Heureusement, le talent de certains a non seulement permis le maintient des agences, mais en plus de démontrer par A+B que dans toutes les relations commerciales, il doit y avoir un gain, une rémunération, pour que l’activité de chacun soit respectée. Je ne rentrerai pas sur le terrain de l’équilibre économique qui restera toujours une utopie. Aucune autre profession (à ma connaissance) ne fonctionne avec cette ineptie de commission 0 qui n’a été qu’un mirroir aux allouettes. Certains disent que le tourisme manque de « fond », la profession aura au moins eu le mérite de tenter de révolutionner les codes du commerce. Enfin aujourd’hui, lorsque nous rencontrons quelqu’un qui souhaite réserver un titre de transport par notre intermédiaire (nous les distributeurs) nous pouvons le satisfaire tout en pouvant lutter à armes égales avec un adversaire utilisant les mêmes prix (car nous sommes commissionné). Après à nous, distributeurs d’êtres bons!
    Bon voyage, Pierre DOUCET!

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